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Capco a fait le voyage à Hazebrouck (Nord) jeudi dernier pour les deuxièmes Assises de la démocratie participative.

L’intérêt indéniable de ces Assises 2017 — après le succès de la première édition en 2015 — a été le parti-pris de créer une dynamique créative autour de la belle centaine de participants en leur proposant de contribuer à des ateliers de travail dénommés « ruches ». Chacune des 15 ruches a donné l’opportunité à la diversité des participants — techniciens et élus issus de collectivités de la région, habitants, étudiants,  public issu du tissu associatif ou d’entreprises — de s’exprimer et de participer à la création d’un nouvel « outil » qui permette aux citoyens de s’impliquer dans leur ville.

L’exercice d’intelligence collective a été mené avec rigueur et méthodologie et a offert une belle vision d’un projet participatif. Finalement, une douzaine « d’outils » démocratiques ont émergé, tels qu’une généralisation des chartes de participation, des élections sans candidat, un ambassadeur citoyen, une agora mobile… Personne n’est dupe : ce deuxième rendez-vous attendu en appellera un troisième à la condition sine qua non qu’une restitution concrète de ces échanges nourris et qu’une vision soient proposées à la communauté.

Aucun doute avec une équipe aussi motivée 🙂

 


Coline a la chance d’avoir été invitée à intervenir ce 24 octobre 2017 à Bratislava au Forum bilatéral « Ville intelligente, Inteligentné mesto » organisé par le ministère des Affaires européennes slovaque et l’ambassade de France en Slovaquie.

En tout, plus de 150 participants auront l’opportunité d’échanger sur les problématiques rencontrées en France et en Slovaquie et liées au développement de solutions intelligentes et innovantes au service des citoyens, ainsi que développement durable des territoires urbains. Et nous, le citoyen au centre de la smart city, on apprécie beaucoup.

Le maire d’Orléans, Olivier Carré, y tiendra pour sa part une conférence où il ne manquera sans doute pas de partager sa vision de la participation, notamment à travers le budget participatif d’Orléans qui se tient en ce moment même.

Le 11 octobre, nous étions présents à la conférence “Enjeux numériques et territoires” organisée par l’Ecole d’affaires publiques de Sciences po Paris, qui faisait témoigner quatre régions françaises sur les principaux défis numériques auxquels elles sont confrontées dans leur fonctionnement quotidien. Nous avons interrogé la directrice de l’Ecole, Sana de Courcelles, sur les problématiques soulevées par les intervenants lors de cette conférence et par les solutions qu’il est déjà possible d’entrevoir à travers ces échanges.

D’où vient cette idée de “conférence-défis” et quel est l’objectif d’un tel exercice pour l’Ecole d’affaires publiques ?

L’Ecole d’Affaires publiques existe dans sa version actuelle depuis septembre 2015. Ce nouvel élan est porté par deux axes principaux : 1° renforcer notre internationalisation avec l’Ecole européenne de référence en matière d’affaires publiques et 2° faire de notre Ecole le lieu de débat sur le Bien Commun, avec des étudiants qui vivent deux années de Master combinant savoirs fondamentaux et mise en action pour être confrontés aux grands enjeux contemporains et être en position de penser les solutions.

Sciences po a toujours accueilli des personnalités des affaires publiques issues du secteur public, privé ou associatif et des échelons local, national, européen et international ; cela ne nous suffisait pas ! Nous avons souhaité que ces personnalités viennent non seulement à la rencontre de nos étudiants, mais aussi qu’ils s’adressent à eux comme des vecteurs de transformation de notre société, et qu’ils viennent non pas seulement montrer tout ce qu’ils font de bien (c’est utile !), mais aussi partager concrètement leur « caillou dans la chaussure », et qu’ils lancent des défis à la future génération.

L’audace de cette initiative a payé avec une première rencontre sur la thématique « numérique et territoires » et une salle comble d’étudiants prêts à y répondre. Nos invités étaient également heureux du format, plus dynamique et constructif. L’étape suivante consistera en la proposition d’étudiants pour répondre à ses défis. Les modalités sont multiples : stage, apprentissage et même incubation via notre « incubateur des politiques publiques », qui permet à nos étudiants de remplacer leur stage obligatoire de fin d’études par une incubation de projet qui répond aux enjeux contemporains.

J’adorerais voir naître une plateforme ouverte à tous, où les acteurs locaux pourraient présenter « leurs pépites »

Quelles sont les premières mesures concrètes que les territoires pourraient mettre en oeuvre pour mieux prendre en compte la demande des citoyens à participer aux décisions publiques et pour mieux rendre compte de l’action publique locale ?

Elles sont multiples et elles existent déjà ! La multiplicité des actions et des acteurs engendre d’ailleurs une difficulté à les recenser toutes et à les analyser… finalement, la première mesure concrète que j’adorerais voir naître est une plateforme ouverte à tous, où les acteurs locaux pourraient présenter « leurs pépites », qui laisserait les citoyens de nous dire ce qui leur plait, s’il faut poursuivre et comment.

La question de la fracture de confiance avec une partie de la population, déconnectée du numérique et du politique en général, est souvent revenue sur le tapis durant la conférence. Quelles sont les solutions de Sciences po pour résoudre ce problème fondamental qui mine notre société ?

Nous n’avons pas de solution pré-établie, c’est toute la difficulté du sujet. Nous présidons depuis un an le Global Public Policy Network, qui réuni les plus grandes écoles d’affaires publiques mondiales. Nous parlons régulièrement de ce sujet avec nos collègues de Londres, Berlin, Singapour, Tokyo, Sao Paulo et New York… cette fracture est mondiale et nous avons constaté notre impuissance face à cela. Depuis un an, l’Ecole d’Affaires publiques de Sciences po a lancé dans le cadre de son laboratoire des politiques publiques (Policy Lab) un module d’innovation démocratique. Nos étudiants travaillent à l’établissement d’un dialogue renouvelé, y compris en sollicitant les nouveaux outils numériques, entre la société civile et le monde politique, mais aussi les pouvoirs économique et médiatique, sans oublier le monde académique. A chaque fois, il faut remettre l’ouvrage sur le métier, et avoir une attention particulière pour les populations les plus éloignées du débat, alors même qu’elles sont les premières concernées.

A ce stade, existe-t-il au sein de ce Policy Lab des pistes concrètes d’innovations démocratiques qui permettraient d’articuler le présentiel et le numérique pour une participation plus efficace de la population à la co-construction de la décision publique ?

Il y en a beaucoup ! Mais pour citer un exemple, nos étudiants ont travaillé sur le programme #Inventons2017 [.pdf], qui visait à formuler des propositions de réforme des moins de 30 ans aux candidats à l’élection présidentielle. Un groupe a travaillé sur la vie politique, et comptait faire des propositions sur le renouvellement de la vie démocratique… après trois mois de consultations d’experts et de citoyens, ils ont finalement proposé non pas une solution, mais une méthode : les assises citoyennes. Composées d’élus, d’experts et de citoyens tirés aux sorts, ces assises visaient à concevoir autrement les règles de la vie publique.

Se faire confiance les uns les autres

Quel est, finalement, notre plus grand défi collectif ?

Se faire confiance les uns les autres, pour oser se parler, se dire les choses et avancer ensemble. C’est ce que nous souhaitons initier avec nos conférences-défis ; lorsque les décideurs viennent soumettre leur défis à nos étudiants au cours de ces conférences, ils établissent une relation de confiance et offrent les conditions d’un engagement de nos étudiants à contribuer à la résolution de ces défis.

 

Des territoires et des défis :

  • Hauts-de-France : Comment développer la participation démocratique grâce aux outils numériques ?
  • Nouvelle Aquitaine : Comment mieux prendre en compte la demande des citoyens et rendre compte de l’action publique locale ?
  • Bourgogne-Franche-Comté : Comment réduire les inégalités d’accès aux services numériques ?
  • Auvergne-Rhône-Alpes : Comment favoriser le développement économique des territoires en renforçant l’accès, l’offre et la sensibilisation aux outils numériques ?

Dans le cadre des Rencontres des acteurs publics, organisées au Conseil d’État le 9 octobre, Cyril a été interviewé par Bastien Scordia, journaliste pour Acteurs Publics TV. Occasion d’aborder les questions de participation, d’Etat-plateforme et de politiques publiques.

Verbatim

Bastien Scordia — « Vous êtes le président de Cap Collectif et de Parlement & Citoyens. Ces deux structures ont pour ambition de contribuer à l’émergence d’une démocratie basée sur la transparence, la participation et la consultation : ces trois valeurs sont-elles les conditions préalables à la réussite du développement d’un Etat-plateforme ? »

Cyril Lage — « On le pense, mais avant nous c’est le président Obama qui a pensé cette vision de la démocratie puisque lors de son premier mandat, de son entrée à la Maison Blanche, il avait signé un memorendum pour la transparence et le gouvernement ouvert — l’open government pour les Anglo-saxons — qui vise à considérer qu’on doit effectivement transformer les modes de décision et de fonctionnement des démocraties représentatives en mettant au coeur de leur fonctionnement la transparence, la participation et la collaboration. Ce sont les trois piliers qui ont ensuite donné naissance à ce concept d’Etat-plateforme.

BS — « Comment la société civile peut contribuer au développement de cet Etat-plateforme ? »

CL — « Principalement par la place qui va lui être accordée par la puissance publique, que ce soit au niveau national ou au niveau local. Soit — quand on parle de transparence on parle souvent d’open data — à travers la mise à disposition de ces données, c’est-à-dire la façon dont les citoyens peuvent s’en emparer pour mener des analyses voire des projets concrets, qui leur permettent d’avoir une compréhension du fonctionnement des institutions. Egalement à travers le levier de la participation, où on pourra, comme on l’a déjà fait pour de nombreux projets comme le projet de loi République Numérique, associer le citoyen à la fabrique de la loi. Il y a aussi la mécanique des budgets participatifs, où il ne s’agit pas de co-construire une décision mais de proposer des idées qui seront ensuite, par un système de sélection qui peut impliquer le citoyen, aboutir à la réalisation de projets financés par les collectivités locales. »

Les fonctionnaires et les agents ont une place essentielle

BS — « L’idée c’est de co-construire véritablement cet Etat-plateforme ? »

CL — « Oui absolument, et aussi de ne pas considérer que ce n’est qu’un jeu à deux, entre l’élu et les citoyens, puisque les fonctionnaires et les agents ont une place essentielle dans ce dispositif. La notion d’Etat-plateforme tend aussi à considérer qu’on doit casser les silos au sein des organisations et faire en sorte que l’information circule mieux au sein de l’organisation et qu’on développe les collaborations entre les différents services de l’Etat. C’est vraiment un troisième acteur à ne pas oublier. »

BS — « Un changement de paradigme qui est nécessaire sur cet Etat en silo que cite le Conseil d’Etat dans son rapport annuel. »

CL — « Absolument, c’est un changment de paradigme. C’est passer d’une logique dans laquelle l’Etat centralise des moyens pour servir les citoyens à une logique où il deviendrait le chef d’orchestre qui organise la transversalité et recherche à stimuler l’implication des citoyens et l’initiative des agents. »

BS — « L’Etat-plateforme peut-il être une composante essentielle de l’autonomie du citoyen et un accélérateur démocratique ? »

CL — « On ne peut pas avoir un plan de construction de l’Etat-plateforme, c’est quelque chose qui se fait par touches successives et par expérimentations. On peut avoir la perspective d’arriver à ça, mais c’est la multiplicité des expérimentations au niveau national et au niveau local qui peut nous aider à construire cette vision dans laquelle on est — on  parlait de changement de paradigme — dans une conduite du changement. Ce qui veut dire résistance. Donc faire un « switch » d’un système pyramidal et centralisé à un système plus horizontal d’un seul coup paraît peu opérant.

BS — « Une véritable diffusion de culture ? »

CL — « Oui. Plutôt être dans une logique expérimentale, de pouvoir se donner ce droit à l’erreur dans ces nouvelles façons de faire, et essayer de tirer des apprentissages et de casser les résistances en démontrant que ces nouvelles façons de faire génèrent du bénéfice par tout le monde. C’est aussi ça dont il est question : que chacun trouve son compte dans cette transformation. »

Nous allons tenter une expérimentation au niveau des écoles

BS — « La culture c’est aussi une question de formation. Y a-t-il un déficit en la matière ? »

CL — « N’ayant pas une connaissance de la formation des agents, je ne dirais pas forcément qu’il y a un déficit. Ce qu’on sait, culturellement, c’est que notre modèle d’éducation est basé sur l’apprentissage et la restitution de savoirs et pas franchement sur la collaboration. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous allons tenter une expérimentation au niveau des écoles parce qu’on pense, effectivement, qu’il y a matière — dès le début, pas en attendant des années de rentrer dans la fonction publique — dès le départ dans le parcours éducatif, d’avoir des temps collaboratifs dans lesquels on peut amener les enfants à devenir des citoyens demain, à pouvoir confronter leurs connaissances et leurs points de vue à la contradiction de l’autre. C’est comme ça qu’on peut développer cette culture, et pas simplement par des formations qui viendraient à l’issue d’un parcours académique avant de rentrer dans la fonction publique. »

BS — « C’est essentiel maintenant cette co-construction, cette collaboration ? »

CL — « Ça paraît assez indispensable quand on voit l’état de rupture des relations et de la confiance entre les citoyens et les élus, et avec les agents dans une moindre mesure. Le taux d’abstention, le rejet des citoyens pour tout ce qui a une coloration politique, plaide pour sortir du statu quo. On ne peut plus rester comme ça, comme on l’a fait pendant des décennies. Ce dont on parle — la participation, la transparence — ce concept d’open gov qui aurait 10 ans, en réalité il est inscrit dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen depuis 1789 : le droit à la participation, l’obligation pour un agent public de rendre compte de son administration. Aujourd’hui on a des populations qui sont matures, avec des niveaux d’éducation qui sont extrêmement élevés — 85% de bacheliers dans les classes d’âge aujourd’hui contre moins de 10% en 1958, date d’entrée en vigueur de la Constitution actuelle. Aujourd’hui les citoyens attendent ça, ils attendent véritablement qu’on leur rende des comptes et d’être impliqués dans l’élaboration des décisions. Ils ne veulent pas être des consommateurs passifs des politiques publiques. »

 

A l’approche de la deuxième édition de Mulhouse c’est Vous, nous nous sommes entretenus avec Cécile Sornin, adjointe au maire, en charge de la démocratie participative, de la vie associative et de l’économie sociale et solidaire. Mulhouse (Haut-Rhin) est la 4e agglomération de la région Grand Est en nombre d’habitants. De culture profondément industrielle, Mulhouse possède le plus grand musée ferroviaire d’Europe et le plus grand musée de l’automobile du monde.

Bonjour Cécile, samedi 7 octobre la ville de Mulhouse lance le deuxième acte de Mulhouse c’est Vous. Pouvez-vous nous détailler les festivités ?

Pour comprendre le 2ème acte, il faut que je vous dise un mot du 1er acte. Le maire, Jean Rottner, a placé ce mandat sous le signe de la démocratie participative, et dès octobre 2014, on a organisé avec Libération le forum MCV : 2 jours de conférences, débats, ateliers… Plus de 5 000 personnes (il y a 111 000 habitants à Mulhouse). Pour le 2ème acte, 3 ans plus tard, l’idée était de sortir du « dire » pour être davantage dans le « faire » avec des propositions concrètes, émanant de collectifs citoyens, d’associations ou de l’Agence de la Participation citoyenne, des offres concrètes de participation. On trouve donc des ateliers cuisine, des balades urbaines, du théâtre, de la musique, des diagnostics en marchant.. Au total, plus de 70 propositions, gratuites, pour tous, partout dans la Ville, avec un point de convergence à 18h, l’inauguration festive et participative des nouveaux locaux de l’Agence de la Participation Citoyenne.

« Nous avons depuis un an une personne spécialisée qui consacre le plus clair de son temps à la plateforme. »

Capco a une relation particulière avec Mulhouse puisque techniquement vous êtes notre premier client historique : lors de la fondation de la start-up en 2014, Jean Rottner nous avait vivement encouragé à nous lancer car il voulait s’équiper d’une plateforme de participation citoyenne telle que Parlement & Citoyens. Quel est son état d’esprit et le vôtre après trois ans d’expérimentations ?

Nous sommes toujours convaincus de la nécessité d’avoir une plateforme et nous avons appris à travailler avec celle de Capco. Mais nous avons découvert aussi la difficulté à l’animer en continu et à répondre au quotidien aux attentes des habitants, des services de la collectivité, et des élus. Ces difficultés réelles ne sont pas des freins mais nous encouragent, jour après jour, à expérimenter de nouvelles façons de faire, à communiquer de nouvelles informations, toujours dans un souci de transparence. Nous avons depuis un an une personne spécialisée qui consacre le plus clair de son temps à la plateforme mulhousecestvous.fr. C’est dire notre conviction d’avoir aux côtés d’une participation « réelle » une offre « virtuelle ». Dans notre objectif de permettre au plus grand nombre de participer, nous avons des conseils participatifs géographiques, et la plateforme représente aussi notre Conseil participatif, ouvert 24h/24 !

L’engouement actuel pour la “civic tech” ne nous fait pas oublier, chez Capco, que parmi les enjeux et défis majeurs de la démocratie numérique, sinon le plus important, est l’impact apporté par la technologie à la participation citoyenne. Votre recul sur le sujet vous permet-il de dresser un constat lucide sur cette question d’impact ?

Vaste sujet. Nous travaillons beaucoup pour que cet impact existe et soit positif. En clair depuis le début nous avons eu des jeunes qui sont allés au-devant des habitants pour expliquer le fonctionnement et l’intérêt de la plateforme. Nous venons de recruter une équipe en service civique qui vont tester de nouvelles formes de mobilisation, au plus près du terrain. Ils seront les ambassadeurs de l’Agence, sur le terrain pour tester des réunions et des concertations dans les cages d’escalier, les supermarchés, le marché… mais ils suivront aussi le programme D-Codeurs de la Ligue de l’enseignement pour favoriser le numérique dans les quartiers. Mulhouse est une ville jeune, avec 43% du territoire classé Politique de la Ville. On doit en tenir compte si on veut être une ville inclusive. Je pourrais aussi dire un mot sur notre budget participatif où son existence sur la plateforme aujourd’hui, clairement, ne suffit pas à le faire vivre ; nous articulons sans cesse le réel au virtuel. C’est à cette condition que nous pouvons garantir un impact, un impact positif.

« Nous semons pour l’avenir. »

Vous avez lancé ce budget participatif au milieu de l’été à travers votre plateforme Capco, et la participation est relativement… peu élevée. Avez-vous identifié des freins ou des obstacles qui vous auraient empêché de réaliser un “BP” tel que ceux de Rennes (6 000 puis 11 000 participants) ou même Orléans (500) ?

Clairement nous n’avons pas le même budget communication que Rennes, ni la même sociologie, ni la même aire de jeux ; et je ne sais même pas si cette quantification est pertinente… Quoi qu’il en soit, à Mulhouse, à ce jour, nous avons recueilli plus de 300 idées, mais le passage à l’acte virtuel a besoin d’être accompagné, pour ne pas dire souvent d’être formalisé avec le porteur de projet. Pour illustrer le propos, nous avons des concitoyens qui n’ont pas d’adresse email… ! C’est une des données terrain qu’il ne faut absolument pas négliger. Nous considérons que nous avons besoin de faire preuve de pédagogie et de patience, que nous semons pour l’avenir et qu’il faut, de notre côté, jour après jour, apprendre à ouvrir et à faire vivre les espaces de confiance et de participation, et ceux-là doivent être tout autant virtuels que réels !

Merci Cécile 🙂

Mulhouse C’est Vous — 2e édition — samedi 7 octobre 2017

Nous avons été invités lundi 25 septembre à participer à l’animation de la soirée d’ouverture de l’évènement France Digitale Day 2017. La soirée a été l’occasion pour France Digitale et La French Tech (qui nous avaient gentiment invités) de célébrer les lauréats du Pass French Tech 2017, un beau cortège de gens bien habillés et parlant magnifiquement l’anglais.

Notre mission du soir : « disrupter« . Autant dire que dans la cour pavée de Matignon, sous le regard gravé de notre Constitution, ce fut un honneur de nous prêter à ce jeu excitant.

Premières mesures

L’objectif que nous nous étions fixé, c’était celui de faire participer l’ensemble des personnalités présentes pour cette soirée d’ouverture à un exercice que nous adorons : susciter l’intelligence collective sur un sujet donné. De la co-construction du projet de loi République Numérique en 2015 jusqu’aux Etats généraux de l’Alimentation cette année, nous avons permis la participation de plus de 300 000 citoyens à toutes sortes de projets du genre 🙂

Le cas d’école en mode détendu que nous avons donc proposé à cette communauté massive de décideurs connectés : « Vos premiers pas à Matignon, vos premiers mesures ». Les mesures d’importance, celles qui font rentrer dans l’Histoire de France, celles qui changent la grande partition, pas celles à deux francs six sous.

#PassionDisruption

Pour afficher ces propositions, nous avons opté pour le choix tranché du tableau blanc et des petits papiers colorés repositionnables ainsi que du regard implacable de notre licorne fétiche. Alors oui, des sourcils se sont levés : pourquoi une start-up du « digital » utilise des méthodes à papa pour consulter les gens ?

L’exceptionnelle vidéo dont est tirée cette image est visible sur Linkedin.

La réponse est contenue dans la question : parce que Cap Collectif n’est pas une « civic tech » obsédée par ses outils. Nous mettons à disposition une plateforme d’intelligence collective au service d’une méthodologie de co-construction de la décision, pour éclairer ceux qui partagent notre vision d’une société fondée sur la participation citoyenne et la transparence des processus décisionnels.

Développer une plateforme numérique n’implique pas que nous soyons des technomaniaques : comme l’a récemment rappelé Clément Mabi, maître de conférence en Science de l’Information et de la Communication à l’Université de Technologie de Compiègne, « l’outil technologique est mis au service d’un projet politique mais ne constitue pas en soi un projet politique » ou encore, comme il nous l’a lui-même précisé :

« La dimension politique d’une techno, c’est la rencontre entre les propriétés de l’outil et le projet des acteurs. »

Autant dire que la méthodologie que nous proposons veut profiter de toutes les vertus du numérique, comme l’accès à un public plus diversifié, plus facile à « engager », d’une capacité de mobilisation incomparable — tant en qualité qu’en quantité — mais aussi des pièges du numérique, comme celui de ne pas pouvoir donner la parole à ceux qui sont coincés dans la fameuse « fracture ». Mais surtout, la méthodologie n’est pas contrainte par l’outil. Jamais. Donc on a décidé de chauffer les post-it sur le perron de Matignon.

La touche Mounir

Partant de là, nous avons fait défiler plein de gens sympas et éclairants en les contraignant à un mode opératoire identique pour tous : écrire sa mesure, puis la positionner sur l’un des deux tableaux.

Le premier tableau permettait de positionner sa proposition soi-même dans un graphique simple à deux axes énigmatiques, rélevant l' »impact » ou le « bullshit » de la mesure. Evidemment l’impact rencontra davantage de succès, mais c’est sans compter sur la règle impitoyable, donnant l’opportunité à n’importe quel autre participant de déplacer les post-it selon son expertise du sujet. Le second tableau était réservé aux timides ou aux prudents : on préférait y laisser en vrac les propositions, attendant des autres de déplacer eux-mêmes le petit papier sur le premier tableau.

Un secrétaire d’Etat très impliqué dans la participation au jeu disruptif

Nous avons eu la chance notamment de discuter avec le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, qui avait en tête un grand nombre de mesures à fort impact. Il en a laissé une, « cruciale », qui lui tenait particulièrement à coeur : « Accompagner les PME dans leur transformation numérique ».

La chasse au bullshit

Au final, tous les participants ont largement joué le jeu, tant pour faire des propositions que pour déplacer celles des autres. Ainsi, côté « bullshit », des mesures telles que « 20 cl », « nommer un Chief Happiness Officer pour la France », « hausse des APL de 5,01 € », « du fuel pour tous », « suppression de l’ISF », « supprimer la priorité à droite » ont trouvé assez rapidement leur refuge. Côté « impact », les post-it qui ont évolué vers ce centre de gravité proposaient en vrac de : « renforcer l’accès des start-ups à la commande publique », « utiliser les méthodes pédagogiques innovantes dès la maternelle et le primaire », « passer les congés paternité à 16 semaines pour rééquilibrer les inégalités H/F sur le marché du travail », « THD dans les territoires ruraux », »une plateforme unique de consultation des citoyens ».

Au milieu de tout ça, livrées in extenso en mode open data : « sécuriser les plateformes mobilisant des indépendants », « redéfinir et harmoniser les dispositifs d’incitation à l’innovation », « mobiliser l’épargne longue au service de l’économie collaborative entre particuliers », « orienter les jeunes sur des formations où IA ne viendra disrupter », « digitalisation des procédures d’appel d’offre », « acculturer les élites politiques et administratives au monde numérique », « remplacer l’ISF par une taxe sur le patrimoine non productif », « faire de la régulation européenne un atout pour les écosystèmes d’innovation européens », « lutter contre le chômage négatif », « associer les contributeurs non salariés au capital des plateformes », « créer un bac N comme numérique », « favoriser l’actionnariat salarié », « faire du capital investissement français une destination pour les capitaux internationaux », « rendre le CDI illégal », « montant du RSA et SMIC déterminé individuellement par le bénéficiaire », « budget French Tech x10 ou x100 », « Paris piéton le reste aussi », « prise en charge de la téléconsultation », « un nouveau pacte pour la construction écologique », « faire de la France une championne de l’économie collaborative entre particuliers », « simplifier drastiquement les fiches de paie et le contrat de travail », « repenser le système éducatif lutter contre l’échec scolaire », « ressusciter le Compte Entrepreneur Investisseur », « repenser la formation professionnelle pour les nouveaux métiers », « aplatir les hiérarchies politiques et économiques », « débloquer à date fixe automatiquement le CIR pour les entreprises Pass French Tech », « pas de charges sociales les 6 premiers mois d’une nouvelle embauche », « mobiliser l’épargne longue au service de la transformation économique », « l’invention doit être détachée des outils qui ont permis cette invention », « réduire fiscalité des plus-value Investissement à la sortie supprimer avantage fiscaux à l’entrée », « SMIC départemental », « fusion Assemblée et Sénat ».

Une farandole de propositions

Le choix dans la date

Reste à évaluer ces mesures et à les inscrire (ou pas) à l’agenda. Nous avons ressenti une excitation non feinte de l’ensemble des participants à notre consultation en plein air. Une attente est née. Toutes ces mesures (une cinquantaine) pourraient faire l’objet d’une consultation gouvernementale ouverte à tous, dans laquelle l’ensemble des contributions recueillies auprès de la société civile durant cette soirée pourraient être confrontées aux arguments et aux votes — voire aux contre-propositions — des citoyens.

Une belle opportunité de régler la question posée : disruption = impact ou bullshit ? 🙂

 

PS : notre licorne Capco a choisi de rester à Matignon, où elle sera « bien traitée ». A bientôt !

Le 10 août, l’excellente émission de France Inter « Le débat de midi » a invité Patrick Viveret, Loïc Blondiaux et Jean-Paul Delevoye (notamment) pour débattre d’un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : « N’y a-t-il de démocratie que locale ? ».

Ces spécialistes et penseurs de la question démocratique ont permis de soulever les points essentiels que sont notre rapport (ou nos rapports) à la démocratie selon que l’on se place à l’échelle nationale ou à l’échelle locale, de la place du citoyen dans le débat public et des transformations nécessaires à mettre en place par le pouvoir.

Quelques citations prises au vol :

« Construire une conflictualité non violente est un des principaux enjeux de la démocratie. » — Patrick Viveret

« La démocratie c’est d’abord de guider le peuple, et non pas de suivre le peuple. » — Jean-Paul Delevoye

« On doit offrir aux gens le moyen d’adhérer et non pas d’obéir. » — Jean-Paul Delevoye

« Il faut faire en sorte qu’on débatte du long terme. » — Loïc Blondiaux

«  Il faut croire dans l’intelligence collective. » — Jean-Paul Delevoye

« Il y a des gens qui savent organiser le débat sans être partie prenante au débat. En fait il faut puiser sur cette ingénierie démocratique pour étendre la culture de la délibération et de la participation. » — Patrick Viveret

« Il y a des tas d’outils qui peuvent faire vivre la démocratie et la participation à l’échelle locale et à l’échelle nationale, encore faut-il qu’il y ait une vraie volonté politique pour les utiliser. » — Loïc Blondiaux

A écouter en podcast sur le site de France Inter

La première réunion de notre réseau client #collterr a eu lieu le jeudi 13 juillet dans les locaux de Capco, en présence des villes et métropoles de Montreuil, Grenoble, Rennes et Mulhouse. Petit aperçu (non exhaustif) des échanges qui ont rythmé cette journée.

De nouvelles fonctionnalités programmées

Après un tour des actualités des collectivités présentes, nous avons présenté la feuille de route de l’équipe Produit pour les prochains mois. De nombreuses nouvelles fonctionnalités vont voir le jour d’ici la fin de l’année. Certaines vous ont déjà été annoncées via notre newsletter, la prochaine sera également riche en informations… (comment ça, vous n’êtes pas encore inscrit ?)

La création d’une formation méthodologique

Autre nouveauté présentée en exclu : une formation méthodologique, mise sur pied ces dernières semaines, qu’il est possible de coupler avec l’actuelle formation technique, et qui permet d’appréhender les usages propres à chacune des 6 applications actuellement comprises au sein de la plateforme Capco. Cette formation aura également pour objectif de présenter les différents facteurs-clés de succès d’un processus participatif.

Modalités d’animation du réseau

La réunion de lancement a permis de définir collectivement les objectifs assignés au réseau Capco, à savoir :

→ Partager les bonnes pratiques expérimentées sur les projets participatifs
→ Parler librement des difficultés rencontrées entre praticiens de la participation
→ Échanger sur les évolutions de la plateforme

Chaque semestre, des ateliers pratiques et opérationnels devront permettre aux différentes collectivités de partager leurs expériences et une progression de leurs approches participatives.

Animer son projet participatif

L’atelier de l’après-midi a enfin permis à la Ville de Rennes de présenter sa stratégie d’animation dans le cadre de ses deux premières éditions du budget participatif. La relation avec les services, la question des publics éloignés, l’articulation « numérique » et « présentiel » ont été notamment débattus entre les collectivités présentes.

 

CV

Au départ, Cap Collectif souhaitait appliquer sa vision horizontale de la société à sa propre relation clients. Plutôt que compartimenter nos partenaires commerciaux dans des silos et de nous enfermer dans un rôle de simples prestataires de services, nous avons immédiatement décidé de penser le développement du produit de manière collective et collaborative : ce qui bénéficie à l’un bénéficie à tous.

C’est dans cet état d’esprit que de nombreuses fonctionnalités de la plateforme ont vu le jour, dont l’application du budget participatif — pensée spécifiquement pour la Métropole de Rennes — ou celle, plus récente, de la votation réalisée en accompagnement du Syndicat national des Masseurs-kinésithérapeutes Rééducateurs. Des produits désormais disponibles pour l’ensemble de la communauté.

Pour poursuivre sur cette voie, nous avons décidé de mettre sur pied un véritable réseau communautaire de clients, qui va se réunir pour la première fois le 13 juillet prochain. Les objectifs de ces réunions régulières sont nombreux :

Pour nos futurs clients

  • Créer une véritable communauté de praticiens dotés d’une expérience accumulée, pouvant décider nos prospects à franchir le pas.

Pour nos clients actuels

  • Offrir un service supplémentaire et développer la confiance et la proximité entre les équipes.
  • Faire progresser les clients dans la conception et l’animation de leurs consultations en facilitant les échanges pair-à-pair qui valorisent les bonnes pratiques, mais également en parlant librement des éventuelles difficultés qu’ils peuvent rencontrer.
  • Anticiper et mieux cerner les besoins des clients.
  • Offrir à nos clients une compréhension de nos évolutions d’organisation interne, qui leur permet de s’adresser ensuite aux bons interlocuteurs.

Pour la plateforme

  • Permettre une amélioration continue de la plateforme grâce à des retours utilisateurs réguliers et organisés.
  • Tester des hypothèses de développements ou de nouvelles applications.
  • Réaliser une meilleure planification des développements en recensant de manière plus fine les besoins des clients en matière de calendriers.

Ces réunions de réseau, qui débutent avec une focale particulière sur les collectivités territoriales, seront clairement l’occasion pour les membres de cette communauté de partager leurs expériences de praticiens de la participation citoyenne.

SNCF Développement a dévoilé son édition 2017 de « Génération FrenchTech », qui liste les « 1 000 qui font l’économie française de demain ». Cap Collectif y figure parmi six « Civic Tech ».

Le parti pris de ce livre n’est pas de constituer un annuaire exhaustif des startups de la French Tech, mais d’identifier, par marché, les startups les plus remarquables, permettant de mieux appréhender les dynamiques des différents secteurs d’activité, d’identifier les pépites françaises, et de mettre en lumière les atouts et enjeux de la French Tech sur chacun de ces marchés.

Nous sommes évidemment très fiers d’être reconnus par ce classement et ses partenaires, tels que le label La French Tech, la MAIF, le Groupe La Poste ou Accenture.

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