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Hervé Lièvre est premier maire adjoint à la commune de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, et conseiller territorial de la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest. Comme de nombreuses collectivités, Chaville s’est rapproché de Cap Collectif pour obtenir des informations sur la mise en place d’un budget participatif et d’une plateforme numérique permettant de toucher une population diverse et nombreuse. En préalable, il a donc suivi une formation d’une journée dans nos locaux et cette formation lui a permis de poser toutes les questions pour lesquelles il avait besoin de réponses concrètes.

Son témoignage

Verbatim

« Nous lançons notre budget participatif à Chaville, et c’est une première. Certes on est allé voir sur l’internet ce qui existait dans d’autres communes, voisines ou éloignées, mais il nous semblait nécessaire d’approfondir nos connaissances sur le sujet et de partager les expériences. »

« Donc nous avons sollicité cette formation auprès de Cap Collectif, et nous en sommes très satisfaits. En effet on a pu apprendre d’une part les techniques, d’autre part des expériences, des échanges, les possibilités et les difficultés que l’on peut rencontrer dans ce genre de projet. »

« Je retiens deux aspects particulièrement intéressants, au-delà de toutes ces informations, c’est d’une part la nécessité d’avoir une plateforme — au sens informatique du terme — une plateforme numérique efficace, qui est si possible expérimentée, qui permet de traiter de tous les sujets — et de bien les traiter, notamment au point de vue des opérations de sélections, de votes, qui sont simples en elles-mêmes mais parfois assez subtiles à mettre en oeuvre dans la réalité. Par ailleurs l’importance qu’il y a de motiver les personnes physiques, les agents de la collectivité, pour traiter les sujets et au premier chef les projets qui seront déposés. »

 

En savoir plus sur les formations Cap Collectif

Quel est le point commun entre Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne, 8 500 habitants), Le Mans (Sarthe, 143 300 habitants), Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine, 20 300 habitants), Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis, 54 900 habitants), Meudon (Hauts-de-Seine, 45 400 habitants) et Bayonne (Pyrénées-Atlantiques, 49 200 habitants) ? Toutes ces collectivités sont rentrées ces derniers jours dans une phase décisive de leur budget participatif sur une plateforme Capco, la meilleure manière d’associer les habitants à la transformation d’un territoire.

Aujourd’hui, Le Mans et Magny ont entamé la phase de vote de leur budget participatif. Cela signifie que la phase de dépôt des projets par les habitants s’est déjà déroulée (entre le 1er mars et le 30 avril pour les Sarthois, entre le 2 mai et le 15 juin pour les Franciliens) et que la faisabilité de ces projets a été évaluée et validée par les services de la ville. Les habitants sont invités à revenir sur la plateforme pour voter pour leurs projets préférés. Nous avons récemment dressé un panorama subjectif des projets les plus intéressants proposés sur les différents budgets participants de nos clients.

Une belle première fois

Pour Bourg-la-Reine, Epinay-sur-Seine ou encore Meudon, les toutes premières propositions du premier budget participatif municipal commencent à fleurir. Ici, un habitant propose la transformation d’un marché (en perte de vitesse) en espace vert, qui manque dans le quartier. Ailleurs, un habitant souhaite qu’un sauna soit installé dans l’enceinte de la piscine municipale. Plus loin, c’est le concept populaire de la boîte à dons qui est plébiscité pour la commune. Et dans les Hauts-de-Seine, une volonté manifeste de réduire, voire d’éteindre, l’éclairage public la nuit : preuve que le budget participatif est aussi un moyen pour les habitants de signaler des problématiques à régler à l’échelle de la ville, et pas seulement de proposer des aménagements innovants.

Qu’il s’élève à 20 000 euros comme à Magny-le-Hongre, 100 000 euros à Bourg-la-Reine,  200 000 euros à Epinay-sur-Seine (ou Bayonne), 250 000 euros à Meudon ou encore 840 000 euros au Mans, le budget participatif de Cap Collectif permet à une collectivité d’affecter une partie de son budget à la réalisation de projets proposés et choisis par les habitants et qui améliorent leur cadre de vie. C’est également un dispositif rendant possible une meilleure compréhension du rôle et du travail des élus et des services au niveau budgétaire.

Démarquez-vous

La plateforme offre une solution complète et clé en main. Elle dispose notamment d’un outil de détection des doublons des projets proposés, affiche une cartographie du territoire avec un repérage géographique des projets soumis par les habitants, propose un espace de travail collaboratif en ligne pour les services afin de pouvoir évaluer les projets. Plusieurs modalités de vote sont disponibles, ainsi qu’un tableau de bord de l’état d’avancement des projets retenus.

Pour connaître toutes les autres (et nombreuses) fonctionnalités, n’hésitez pas à vous rapprocher de Coline, Agathe ou Maxime au 01 86 95 95 59 🙂

 

 

 

Ce 31 mai 2018, nous avons invité la trentaine de collectivités territoriales faisant partie de notre réseau de clients à participer à une journée qui leur était spécialement consacrée. Cette journée faisait suite à la première que nous avions expérimentée en juillet 2017. Depuis, suivant notre volonté stratégique d’essaimer nos convictions, notre méthodologie et notre plateforme dans les territoires, ce secteur des « collterr » a largement pris de l’ampleur. Nous attendions donc avec impatience de pouvoir réitérer l’évènement avec un panel plus diversifié d’acteurs de terrain.

Nous n’avons pas été déçus s’agissant de la diversité : que soit en matière d’expérience, de taille, de couleur politique… Tout le monde a joué le jeu de l’échange, du partage et de la collaboration sur les trois ateliers que nous avions préparés : le budget participatif, l’enquête publique, la feuille de route technique avec un focus particulier sur le RGPD. Un grand merci donc à nos clients de Bourg-la-Reine, Clermont-Ferrand, Epinay-sur-Seine, Grenoble-Alpes Métropole, Le Mans, Lille, Montreuil, Mulhouse, la région Occitanie, Orléans, Paris et Rennes, d’avoir pu faire le déplacement jusqu’à nous !

Tournés vers l’avenir

Ces échanges sont fondamentaux et suivent notre vision originale du développement d’un logiciel comme Capco : celle d’un échange permanent entre une feuille de route que nous maintenons au quotidien et les utilisateurs de la plateforme. Ce lien — qui dépasse les réunions semestrielles, grâce notamment à la mise en place d’une liste de diffusion — va nous permettre de rationaliser et d’améliorer la mise en développement de nouvelles fonctionnalités. En écoutant attentivement le terrain, le prestataire que nous (ne) sommes (pas uniquement) est en mesure d’apporter le meilleur service possible à ses clients actuels. Et, à nos futurs clients, la garantie d’une solution éprouvée répondant parfaitement à leurs besoins.

Petit débrief de la Journée, avec Cyril, président de Capco, et Thibaut, directeur conseil :

Dans le cadre de son groupe de travail Démocratie Numérique présidée par Cécile Untermaier, l’Assemblée nationale a organisé le 17 avril une table ronde sur « la dimension participative dans l’élaboration et le vote du budget ». Elle a invité à s’exprimer notamment Sylvie Baste-Deshayes, cheffe du service démocratie participative de la Ville de Montreuil, et Stéphane Lenfant, chef de projet Démocratie locale de la Ville de Rennes (que nous avions déjà interrogé en mars dernier).

Montreuil et Rennes ayant choisi une plateforme Cap Collectif pour le volet numérique de leur budget participatif, nous nous sommes intéressés à leur témoignage auprès de ce groupe de travail en reproduisant leur audition, que nous proposons ici sous la forme d’un verbatim.

Sylvie Baste-Deshayes

[Verbatim] Il y a une trame de budget participatif et l’enjeu c’est d’adapter cette trame au contexte dans lequel on le déploie. En ce qui concerne Montreuil : quatrième ville d’Île-de-France par le nombre de ses habitants, une ville dynamique culturellement et économiquement, une ville marquée par sa diversité, une ville de contrastes.

Cette diversité se retrouve dans les engagements citoyens : c’est une ville où on aime le débat, les engagements sont multiformes et sur la base de cette force citoyenne, de cette participation citoyenne déjà active à Montreuil, il a été possible de lancer rapidement en 2015 un budget participatif. Le maire, Patrick Bessac, et Tania Assouline, l’élue à la démocratie locale, ont souhaité que soit lancé en 2015 et réalisé en 2015 — donc très rapidement — ce budget participatif. Il est inscrit dans la charte de la démocratie locale comme outil concret permettant de mettre en oeuvre la participation citoyenne.

Ce budget participatif a été un véritable exercice collaboratif. Dans la première édition, en 2015, et aujourd’hui dans la deuxième édition que nous sommes en train de développer, il a été présenté comme un outil de partage de la décision, 5% du budget d’investissement a été alloué à ce budget participatif — soit 2,5 millions d’euros pour des projets « quartier » et 500 000 euros aujourd’hui pour des projets « ville ».

La première édition a donné des résultats satisfaisants : 287 projets ont été déposés, 129 soumis au vote et 35 projets élus.

Ce budget participatif a aussi été présenté comme un levier pour accompagner la vitalité citoyenne, diffuser une culture de la participation par une mise en pratique vraiment structurante, améliorer la confiance entre les citoyens, les administrés, les élus et les techniciens, encourager l’appropriation de la citoyenneté de plusieurs façons, faire émerger des projets innovants pour la ville.

Tous les Montreuillois peuvent déposer sans conditions de nationalité — il y a quelques conditions d’âge qui sont posées pour les enfants — et les instances participatives ou les collectifs informels peuvent participer. Ce sont des projets qui concernent le cadre de vie, qui doivent respecter la légalité et entrer dans les compétences de la ville et répondre à l’intérêt général bien sûr.

Il y a une partie importante que nous avons mise dans le règlement du budget participatif, c’est la limite en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement. Pour nous c’est un véritable problème : il ne faut pas que les projets génèrent énormément de dépenses de fonctionnement que nous ne pourrions pas assumer. Donc on l’a mis dans le règlement et on essaie de faire en sorte que ce soit respecté.

Un budget participatif ce sont des phases : la collecte, jusqu’au vote des projets, et entre les deux des instructions. Nous avons ajouté beaucoup de phases pour pouvoir aller au contact des habitants. A Montreuil nous avons des populations en difficulté et nous avions à coeur de faire participer, vraiment, tous les Montreuillois. Une plateforme numérique est un bon outil pour le faire, notamment en direction des jeunes, mais elle peut laisser de côté la participation des personnes qui ne sont pas à l’aise avec l’outil. Donc nous avons démultiplié les réunions sur le terrain, pour accompagner les porteurs de projets, pour restituer les instructions — ça nous paraissait très important de pouvoir revenir vers les habitants, expliquer de manière pédagogique comment avaient été traités les projets.

Cet outil nous sert aussi d’outil collaboratif en interne, et c’est très important, on a besoin d’avancer rapidement, de manière très suivie.

Cette première édition que nous avons menée a posé très vite la question de l’évaluation. On voyait poindre à l’horizon la deuxième édition, les difficultés organisationnelles auxquelles on a été confronté, nous ont poussé à évaluer très rapidement. Cette évaluation a été menée de manière participative, comme tous nos processus où on associe un comité de suivi habitants, et ça nous a permis de poser très clairement les conditions de réussite ou non de la deuxième édition du budget participatif. Pour nous ça a été un repère important, ce contexte de culture de la participation nous a aidé à avancer rapidement, parce que des expériences avaient été menées à Montreuil.

  • avoir une commande claire
  • avoir un portage fort
  • avoir une communication d’envergure
  • avoir une gouvernance solide avec une possibilité de souplesse
  • avoir une ingénierie de projet qui n’oublie pas la réalisation des projets
  • continuer d’associer les habitants y compris quand on pense qu’on va réaliser
  • avoir une transmission des compétences avec les habitants, un dialogue permanent
  • se doter d’outils juridiques et administratifs pour pouvoir réaliser les projets

Le budget participatif a représenté pour nous une réelle mise en oeuvre des orientations qui facilitent la co-construction des décisions. Il a fallu sans cesse être dans une posture d’évaluation, de gestion des risques — et on l’est encore actuellement — et cette posture a pu être nourrie par des échanges comme ceux d’aujourd’hui, à tel point que nous organisons à la suite de Rennes [lire notre actualité] les 3e Rencontres nationales du budget participatif les 8 et 9 novembre 2018.

Stéphane Lenfant

[Verbatim] Rennes a une pratique très ancienne en matière de participation, puisque dès les années 80 on avait des conseils de quartiers. En 2014, une charte de la démocratie locale a été adoptée, qui prévoyait déjà ce budget participatif. A Rennes, c’est 5% du budget d’investissement, ça correspond à 3,5 millions d’euros.

L’idée c’est que les habitants, les associations, les collectifs puissent déposer des idées sur des thématiques très larges — aménagement des espaces publics, mobilité et environnement reviennent le plus souvent.

Ça se passe assez simplement : les gens déposent les projets sur une plateforme numérique — la première année il y a eu 992 projets qui ont été déposés. Ces projets sont analysés sommairement par les services et évalués financièrement. Ensuite les comités consultatifs, les conseils de quartier ont l’occasion de s’exprimer à travers la Fabrique Citoyenne, qui est notre plateforme numérique, pour donner des avis, des commentaires et faire des propositions. Un comité de suivi, qui est composé majoritairement d’habitants, se tient en présence d’élus et décide de la liste des projets qui seront soumis au vote. Il suffit juste que ce soit de l’investissement, dans les compétences de la ville, et que ça ne dépasse pas un plafond qu’on avait fixé à 500 000 euros la première année (repassé à 400 000 euros la deuxième année).

Très concrètement, on a des projets très variés : des projets d’aménagement de proximité, des jardins partagés, des bibliothèques de rue, des bandes cyclables ou d’autres éléments assez disparates. Ou bien des grands projets, structurants, comme un projet innovant de jardin flottant sur la Villaine, qui est le fleuve qui traverse la ville.

La gouvernance de ce projet est partagée depuis le début. On a un portage politique fort, on a un comité de suivi ouvert avec des représentants d’habitants qui ont voix au chapitre, un réseau référent dans les services techniques — très important parce qu’il faut donner du sens à la participation : il ne faut pas, avec l’expertise d’usage, remettre en cause l’expertise technique des habitants ni le bien-fondé de la parole des élus et en même temps avoir un comité technique en interne.

Ce qu’on a constaté, depuis la première saison lancée en 2015, c’est une adhésion des Rennais au dispositif : de 7 000 votants la première année à 16 300 votants la 3e année, avec des projets dont la quantité a diminué mais on a vu des citoyens s’approprier le budget participatif et avoir des projets beaucoup plus élaborés. De sorte qu’aujourd’hui il y a encore près de 150 projets en cours de réflexion ou qui ont déjà été livrés.

L’engouement des habitants est clair. On a constaté que ça dynamisait la citoyenneté puisqu’en déléguant une partie de la prérogative des élus, on a vu des habitants qui se saisissaient de la démarche, et qui sont en capacité de porter le budget participatif, de l’expliquer, de faire campagne pour leur projet. Ils utilisent tous les moyens à leur disposition : des réseaux sociaux, des moyens de communication traditionnels, de la présence sur le terrain.

Il y a aussi un besoin de communiquer régulièrement : à partir du moment où vous jouez la transparence sur un budget, il faut communiquer régulièrement sur l’avancée des travaux. Ça  n’est pas forcément évident, on n’a pas forcément cette culture à tous les niveaux.

Dans les évolutions, ce qui nous a marqué c’est le fait qu’il y ait quand même un décrochement de la part des gens qui subissent la fracture numérique. On va continuer à soutenir notre attention vers les territoires les plus fragiles et les plus éloignés — on a mis en place des moyens notamment humains pour les accompagner avec des services civiques. Et on a développé le vote papier. Ça peut paraître étonnant dans une démarche où on a prôné le numérique d’abord, mais on voit bien qu’on a un besoin de palier cette difficulté qu’un certain nombre de Français peuvent avoir à l’égard du numérique. Et bien sûr on va renforcer la communication régulière sur les projets.

En résumé c’est une démarche très positive qui a réveillé des citoyens qui ne s’intéressaient plus aux affaires locales.

 

La Ville de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, utilise la plateforme Capco depuis quelque temps déjà : elle a notamment mis en place des concertations pour enrichir son diagnostic PLU par quartier (consultation), ainsi qu’une enquête sur les rythmes scolaires (questionnaire). Aujourd’hui, c’est donc une troisième application de la plateforme, le budget participatif, qu’elle décide de proposer à ses habitants.

Une partie du budget d’investissement de la ville (150 000 euros) est donc fournie aux Courbevoisiens pour optimiser leur cadre de vie, dans le périmètre de compétence de la commune. S’appliquant les règles traditionnelles de l’exercice, Courbevoie propose donc aux habitants de soumettre des projets d’intérêt général d’ici le 24 juin. Ceux-ci seront étudiés et instruits durant l’été, avant la phase de vote des citoyens entre le 15 octobre et le 11 novembre.

Après Rennes, Montreuil, Mulhouse, Orléans, Clermont-Ferrand et Le Mans, Courbevoie est donc la 7e collectivité à utiliser la plateforme Capco pour proposer un budget participatif à ses habitants. En attendant Magny-le-Hongre et Lille prochainement !

 

Nous profitons du bilan très positif de la 3e édition du budget participatif de Rennes pour converser avec Stéphane Lenfant, en charge du projet. Nous lui proposons de regarder en arrière en tirant les enseignements de cette expérience réussie de démocratie locale. Rennes est la préfecture de la Région Bretagne et compte 215 000 habitants. Huitième cité universitaire du pays, elle est l’une des villes françaises les plus dynamiques économiquement.

Bonjour Stéphane. Rennes a lancé la première édition de son budget participatif sur la plateforme Capco dès 2015. Pourquoi avoir misé très tôt sur le budget participatif ?

La Ville a travaillé à travers ses Assises de la Démocratie locale à la mise en place d’une Charte de la Démocratie locale. Ce document avait prévu de développer l’usage du numérique de manière générale dans ses démarches de participation. La plateforme de Cap Collectif répondait, à la manière d’un couteau suisse, à l’ensemble des enjeux de la participation numérique, dont faisait partie le budget participatif.

Vous en êtes aujourd’hui à la 3e édition. Avec le recul, comment évaluez-vous les impacts du budget participatif sur le territoire de Rennes métropole ?

Le budget participatif constitue un levier fort de participation, de création de lien social et d’innovation. Les Rennais ont bien appris à utiliser le budget participatif et ce rendez-vous permet un débat utile sur les projets. Pour la collectivité, cela permet de mieux prendre en compte les attentes des habitants. En interne, la mise en place d’un budget participatif constitue une mini révolution pour les services. Une organisation plus transversale et tournée entièrement vers l’usager a été mis en place.

Quels sont les ajustements ou enseignements que vous avez retiré d’une édition à une autre ?

Si la question du numérique constitue un levier de participation, elle ne peut répondre seule aux défis démocratiques qu’il semble nécessaire de relever. C’est bien à travers une meilleure coordination des démarches numériques et « présentielles » que nous pourrons collectivement répondre à l’attente de participation des habitants.

En tant que responsable du service Innovation numérique, comment évaluez-vous le rôle d’une plateforme numérique dans ce dispositif ?

La plateforme numérique est un outil central de co-construction des politiques et des projets publics. Elle permet de mener des concertations avec des publics qui peuvent se sentir éloignés des démarches de participation. Il est cependant important de bien anticiper la communication sur les démarches de participation numérique.

Un petit mot plus spécifique sur l’application ?

La plateforme de Cap Collectif permet de répondre à de nombreux objectifs de participation des collectivités. Plus qu’un prestataire technique, Capco est pour nous un partenaire pour construire les démarches de concertation numérique.

Merci Stéphane 🙂

Nous nous sommes récemment entretenus avec Olivier Carré, maire d’Orléans et président de la métropole. Il est venu à la rencontre de Capco l’an dernier, inspiré par le succès du budget participatif de Rennes, avec une vision sur le long terme de la participation citoyenne sur le territoire qu’il administre.

Aujourd’hui, avec le recul d’une première saison réussie, il tire les enseignements du projet, imagine le futur et reste intarissable sur la question de l’inclusion de la population dans les décisions publiques. Appellant même à la naissance d’une « troisième force » qui émanerait de la société, au côté de l’administration et du politique.

Cet entretien intervient à la veille des Rencontres nationales de la participation, au cours desquelles Cap Collectif animera deux ateliers spécifiques sur le budget participatif : le premier, « renouveler ou dynamiser » avec lesbudgetsparticipatifs.fr et le second sur le budget participatif en entreprise avec DAHER.


Verbatim

Je me suis rendu compte qu’on pouvait construire une véritable démarche qui faisait que, quand on allait devant les gens, on arrivait avec un projet qui n’était pas complètement ficelé. Avec cette logique d’écoute et d’affinage de projets, on arrive à construire la ville un peu autrement, et certainement de façon beaucoup plus optimale pour les habitants.

Arc-en-ciel

C’est de là qu’est venue l’idée que les gens voulaient finalement faire autre chose que de la contestation pure : il n’y a pas que des râleurs, il y a des gens aussi qui ont des bonnes idées et qu’il faut savoir écouter. Souvent on avait un peu les mêmes qui venaient dans les réunions et qui étaient ceux qui, finalement, avaient un peu de temps. Des personnes qui sont un peu âgées, qui ont du temps pour regarder les choses. Toujours un peu les mêmes réminiscences, les mêmes remarques, la même famille de remarques. Si on co-construit la ville, mais toujours avec une seule partie de la population, on va finir par faire une ville monocolore là où elle doit embrasser tout le spectre de l’arc-en ciel.

Il faut construire à ce moment-là la ville peut-être par d’autres médias, par d’autres modes, par des éléments qui font que des gens vont se sentir impliqués — parce qu’ils le sont, ils sont intéressés — mais dans les arbitrages il est évident que c’est d’abord leur vie personnelle, leur quotidien, ce qui les presse un peu, qui fait que ça va primer sur l’envie de s’investir pour la ville, c’est-à-dire un peu pour les autres. Ce n’est pas par manque d’altruisme, mais c’est par faute de capital-temps.

Et toujours dans cette logique de co-construction, toujours.

Honnêtement on cherchait plutôt à toucher les 25-50 ans, notamment parce que ce sont eux qui ont beaucoup de mal à venir aux réunions publiques et à travailler au quotidien avec nous. Ça a marché. Cent cinquante-trois projets qui sont sortis de la consultation ont été émis par 80 %  de personnes rentrant dans cette catégorie d’âge. Vraiment une très bonne surprise. J’ai été étonné, contenu du fait que la première vague, on l’a faite vraiment de façon expérimentale et simple — parce que là-dedans, il ne faut surtout pas être compliqué, il faut être le plus simple et le plus direct possible. Là tout le monde a répondu présent. C’était une vachement bonne nouvelle. Et on a eu quand même 153 réponses dans un laps de temps très court, ce qui pour moi est vraiment très positif, sur exactement la cible qu’on avait visée.

Ça m’a vraiment encouragé à faire en sorte que cette année on multiplie par trois le budget [participatif] — puisqu’il va passer à 300 000 [euros] — mais j’ai bien noté qu’à Rennes, à Montreuil, et autres, on était sur des pourcentages entiers des budgets d’investissement.

Diversité

On peut être aussi dans une logique où ça va venir des gens. Ça va venir de ce que, eux, ont repéré, de ce qu’ils ont vu, parfois aussi dans d’autres villes. Ce ne sont pas des experts mais c’est une myriade d’avis, ce qui fait qu’à la sortie on a un certain nombre de choses qui ressortent qui, sans doute, auraient pu être ignorées par l’expert qui, lui, a ses habitudes et qui, lui aussi, a la robustesse de la connaissance de son art mais pas forcément la capacité à tout embrasser comme peut le faire une nuée d’avis.

On a besoin aujourd’hui d’avoir un certain nombre de systèmes simples et efficaces, parfois éphémères, parfois jetables — et ça, ce n’est pas du tout dans la logique et les habitudes des institutions publiques, en tout cas françaises. Et le rôle, aujourd’hui et demain, du politique, de la sphère dont je continue de penser qu’elle est absolument nécessaire parce que la démocratie représentative est celle qui a la légitimité, justement, pour trancher des limites d’espace, trancher des limites privé-public, trancher des rapports entre deux entités privées (ce qui peut exister), tous ces éléments-là, la détermination du public que l’on met à disposition du plus grand nombre — ça, c’est nous qui en sommes les dépositaires au nom du peuple — mais ça ne suffit plus aujourd’hui. Il faut une sorte de troisième force qui arrive, au côté de l’administration et de l’institution politique, il faut une troisième force qui émane de la société elle-même, qui ne doit pas se subroger aux élus, parce qu’à un moment donné ce sont les intérêts privés qui dominent face à l’intérêt public, ça ne doit évidemment pas se substituer à l’administration sinon ça devient de la technocratie. Donc il faut trouver la bonne place et le bon équilibre pour que la sphère participative… [pour que] nos concitoyens soient amenés à participer.

Et c’est tout l’intérêt d’avoir à ce moment-là une règle du jeu simple dans laquelle chacun peut se reconnaître, qui est ouverte, qui a une forme de générosité mais aussi d’intérêt public, qui est qu’on met à disposition des budgets, sans préjuger de l’utilisation qui va pouvoir en être faite, mais qui va répondre à la possibilité – pour certains de nos concitoyens qui ont envie – de s’engager de réaliser quelque chose qui sera utilisé par le plus grand nombre. D’où l’idée du budget participatif.

En attendant le passage à l’échelle

Une partie des projets qui sont tenus habituellement par la Ville, pour moi, devraient être tenus de cette façon-là. Pas [uniquement] une sorte d’appel à idées, là on passerait à la co-construction de la ville sur un certain nombre de projets beaucoup plus lourds. On monte en puissance régulièrement sur ce budget participatif, avec une méthode, et puis on va voir comment tout ça s’organise — les gens qui répondent, les petits groupes qui peuvent être mobilisés etc. — mais l’objectif c’est de monter à des niveaux qui sont beaucoup plus importants pour faire en sorte que ce soit une habitude du vivre-ensemble. C’est-à-dire pour passer du budget participatif à une logique du vivre-ensemble et de co-construire la ville.

Je crois à une mutation dans la demande d’exercer la politique. Ça va redéfinir quel est à la marge le rôle des élus, à la marge le rôle des institutions, et je crois qu’au bout on a surtout une ville qui sera mieux faite. C’est une vraie source de vitalité pour la ville lorsque ses habitants se sentent impliqués pour prendre en main son destin. On rêve tous de ça en tant qu’élus, qu’on soit de gauche, de droite, de ce qu’on veut, on rêve tous de ça. Ça fait partie quelque part des mêmes types de démarches, intrinsèquement, de ne pas partir avec des préjugés mais au contraire de se laisser un peu porter en libérant les capacités de faire et en attendant que les gens s’en saisissent… ou pas.

C’est un élément qui rentrera complètement dans l’ADN de la façon de faire la politique locale. Je crois que c’est quelque chose de très fort, qui va au-delà de tout ce que l’on fait en réunions publiques. Je crois qu’on est passé vraiment à autre chose. On est sur une période où le « faire » est quelque chose d’important. Ce sont vraiment des démarches tout-à-fait passionnantes à regarder et à mettre en oeuvre et, je le répète, tant mieux si, en plus, ça aide efficacement à construire la ville.


Cette vidéo est un extrait de sept minutes d’un entretien qui dure 28 minutes. Celui-ci est disponible dans son intégralité par souci de transparence par rapport au montage effectué 🙂

C’est avec grand plaisir que nous avons accueilli les derniers chiffres de la troisième édition du budget participatif de Rennes. Avec plus de 16 000 votants, soit presque 8% de la population, il confirme l’emballement pour ce type de projet participatif que nous avons intégré à la plateforme Capco en 2015… justement pour Rennes, pionnier dans ce domaine et lauréat dès la première année d’un prix de l’innovation SmartCity.

Cette progression constante démontre la robustesse des convictions que nous défendons depuis 2013 : la participation des citoyens à la décision publique est une affaire de long cours et elle ne se décrète pas à coups de menton. Toute expérimentation est un processus itératif qui nécessite une prise de risque, une capacité à se tromper et surtout une envie indéfectible de recommencer en profitant de l’expérience des précédents essais. Et bien sûr, comme c’est le cas avec Rennes et avec bien d’autres décideurs publics ou privés avec lesquels nous travaillons, cela nécessite une implication incessante du pouvoir politique pour informer, expliquer, convaincre la population du bien-fondé et de la sincérité de la démarche.

Les budgets participatifs ont le vent en poupe, comme en témoignent les articles récents du Monde ou des Echos. Cap Collectif va d’ailleurs animer sur ce sujet deux ateliers aux prochaines Rencontres nationales de la participation organisées entre le 6 et le 8 mars prochains par le think tank Décider Ensemble et la Métropole Européenne de Lille.


Après Rennes (depuis 2015), Orléans, Montreuil, Mulhouse et Clermont-Ferrand (depuis hier), la Ville du Mans est la sixième collectivité territoriale à se lancer sur un projet de budget participatif sur une plateforme Cap Collectif.

La chronologie mise en place est celle d’un budget participatif traditionnel :

  • une phase de recueil des propositions citoyennes pour améliorer le cadre de vie (1er mars – 30 avril)
  • une phase d’analyse et de sélection des projets, durant laquelle, dans un premier temps, les services de la Ville réalisent des études de faisabilité pour chaque projet (1er mai – 15 juin) puis une Commission composée de parties prenantes sélectionnent les projets soumis au vote des habitants (fin juin).
  • une phase de vote où chaque citoyen manceau âgé de plus de 16 ans peut choisir jusqu’à six projets parmi ceux qui auront été retenus (15 septembre – 15 octobre)

Durant tout le processus, de nombreuses rencontres physiques sont programmées sur les marchés de la ville pour échanger avec les habitants et recueillir les projets de ceux qui ne passeront pas directement par la plateforme internet pour participer.

L’enveloppe affectée par la Ville du Mans pour ce budget participatif s’élève à 840 000 euros, soit 5% du budget d’investissement.

Après Rennes, Orléans, Mulhouse et Montreuil (en attendant Le Mans), la ville de Clermont-Ferrand lance à son tour un budget participatif sur une plateforme Capco. Une nouvelle collectivité qui se lance dans cet exercice de démocratie contributive, ce n’est jamais anodin. Notamment quand il s’agit d’une collectivité majeure comme Clermont avec ses 140 000 habitants, et avec une métropole de bientôt 500 000 habitants.

Ce type de projet séduit de plus en plus les Français, comme le rappelle fort à propos un article récent du Monde. Et le maire, Olivier Bianchi, ne s’y trompe pas : « Notre ambition est de placer les Clermontois au centre de l’action municipale et des politiques publiques, afin qu’ils n’en soient plus uniquement les destinataires mais de véritables acteurs. »

Ouvert à tous les citoyens « sans condition de nationalité, dès l’âge de 11 ans, afin d’impliquer dès à présent les citoyens de demain dans la vie de la cité et les sensibiliser à l’intérêt général », le budget participatif clermontois représente l’équivalent de 5 % du budget annuel d’investissement municipal.

La phase de proposition des projets par le public s’étend jusqu’au 31 mars. Viendra ensuite une période d’instruction des projets par les services de la Ville, qui étudiera alors la faisabilité technique, administrative et financière de chaque projet. A l’automne, les Clermontois seront appelés à voter pour les projets retenus, qui seront ensuite réalisés à partir de 2019.