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Très prisé des collectivités territoriales, le budget participatif a fait une apparition récente au sein des universités. L’Université de Rennes 2 et l’Université de Tours (en partenariat avec Animafac) ont été les premières à se lancer en 2017.

 Depuis, 8 autres établissements ont mis en place un budget participatif étudiant (BPE) ou sont sur le point de le faire, dont 6 sur la seule année 2019.

Université Année de
lancement 
Budget alloué Budget moyen / étudiantModalités de
financement
Rennes 2201734 000 € 1,55 €FSDIE
Tours201720 000 € Le BPE concerne un campus de l’Université
chaque année
Université +
CROUS Orléans-Tours
Grenoble Alpes201837 000 € 0,82 €n/a
Toulon201811 500 € 1,21 €FSDIE
Paris 13201920 000 €0,83 €n/a
Sorbonne201930 000 €0,56 €FSDIE
Nanterre201950 000 €1,38 €CVEC
Lyon 2201940 000 €1,33 €CVEC
Lille (à venir)2019n/an/an/a
Reims
Champagne Ardenne
(à venir)
2019n/an/an/a

Tableau comparatif des Universités mettant en place un BPE – @CapCollectif

Booster la vie de campus


Le BPE, qui consiste à affecter un budget spécifique à la réalisation de projets proposés et choisis par les étudiants (et les personnels), constitue un puissant levier d’action pour renforcer le sentiment d’appartenance des étudiants à leur établissement et proposer des aménagements ou des animations de campus qui répondent à leurs besoins.

“Pour nous, l’objectif premier du budget paticipatif réside dans l’appropriation du campus par les étudiants de l’Université. C’est très important qu’ils s’en sentent acteurs, et qu’ils le transforment à leur image, en fonction de leurs besoins.” confirme ainsi Carole Fournel, responsable du service vie étudiante de l’Université de Lyon 2. 

Verdir le campus, réduire le gaspillage, créer de nouveaux espaces ou en aménager d’autres, renforcer la solidarité entre les étudiants… Les thématiques peuvent être diverses, mais les projets toujours concrets.

Exemples de projets déposés dans le cadre du budget participatif de l’Université de Nanterre

Autre avantage : la somme allouée aux BPE est généralement suffisamment significative pour que les étudiants proposent des projets structurants, sans pour autant engager l’université dans des travaux d’aménagement lourds – et donc longs. Un participant étudiant a donc plus de chances de voir son projet aboutir à un moment où il sera encore sur les bancs de la fac.

Vous hésitez à franchir le pas ? Voici quelques (bonnes) raisons de mettre en oeuvre un BPE dans son établissement.

5 bonnes raisons de mettre en oeuvre un BPE


1. Un dispositif balisé  


La mécanique d’un budget participatif en ligne est désormais bien huilée. Un séquençage en étapes (dépôt des projets – analyse – vote – suivi de réalisation) et un règlement garantissent des règles du jeu claires pour tous. En cela, l’exercice est à la fois plus sécurisant pour l’organisateur et plus crédible pour un participant qu’une consultation qui serait mal maîtrisée.

La CVEC (Contribution de Vie Étudiante et de Campus), instaurée par la Loi ORE, offre par ailleurs une modalité de financement intéressante de ce dispositif.

2. Un dispositif impactant 


Un BPE permet de recueillir des idées concrètes qui améliorent les conditions de vie sur un campus dans des délais relativement courts. Il contribue plus largement à faire des campus de véritables lieux de vie, investis par les membres de la communauté universitaire, plutôt que de simples lieux de passage (voir l’article La démocratie participative gagne les campus sur les enjeux liés à la vie de campus et à une meilleure socialisation étudiante).

3. Un dispositif pédagogique 


Un BPE permet aux étudiants de mieux saisir le contexte dans lequel ils évoluent en leur donnant des clés de compréhension sur un point particulier du fonctionnement de leur établissement : le budget. 

La phase d’analyse permet également aux services d’expliciter leur évaluation, par l’intermédiaire d’une réponse officielle publique.

Un exemple de réponse officielle de la Ville de Rennes 
(avec une faute d’orthographe, oui, mais cela arrive à tout le monde. Toi-même tu sais.)

4. Un dispositif qui favorise le décloisonnement 


Un BPE concerne les différents campus d’un même établissement (voire les différents établissements d’un même regroupement) et l’ensemble des UFR. Il est aussi le plus souvent ouvert aux personnels et aux enseignants-chercheurs en plus des étudiants, avec pour mérite de créer un cadre réflexif commun pour améliorer les conditions de vie et de travail sur le campus.

Le décloisonnement concerne aussi les services de l’Université, dans leur fonctionnement interne. Ces derniers sont en effet amenés à collaborer au moment de l’analyse des projets. C’est un effet de bord méconnu mais bien réel des budgets participatifs, au sein des collectivités comme des universités (lire à ce sujet l’interview éclairante du directeur du développement social et urbain de la Ville de Clermont-Ferrand). 

5. Un dispositif citoyen… qui en appelle d’autres ? 


Suite logique du premier point de ce topito, le budget participatif peut être une première incursion réussie dans le domaine de la démocratie participative. Consultation sur la stratégie de développement durable de votre campus, votation sur le nom d’un établissement issu d’une fusion, création d’un droit d’interpellation des étudiants… Les perspectives ne manquent pas pour qui sait qu’une démarche de participation doit s’inscrire dans le temps pour en produire tous les bénéfices.



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Carole Fournel est responsable du Service Vie étudiante de l’Université Lumière Lyon 2, qui lancera son premier budget participatif dans quelques jours !

Cap Collectif : L’université Lumière Lyon 2 lance son premier budget participatif étudiant (BPE) en cette rentrée 2019. Comment est venue l’idée du BPE ? 

Carole Fournel : L’idée du budget participatif est venue dans un contexte où nous nous interrogions sur la manière dont on peut associer beaucoup plus les étudiants dans la programmation des animations qui sont sur le campus, dans la vie de la Maison de l’Étudiant, etc.

J’ai assisté à une réunion de travail entre plusieurs universités, grâce au Réseau national Vie étudiante. J’ai eu à cette occasion un retour d’expérience des universités de Tours et de Rennes II, et je me suis dit que c’était super ! Le BPE semblait être un dispositif qui pouvait être mis en place chez nous. J’ai donc gagné beaucoup de temps dans l’assimilation de ce qu’est ce dispositif, parce qu’il y a vraiment eu un très fort partenariat avec ces deux universités pour transmettre les éléments et la manière dont ils avaient travaillé. Cela m’a permis de faire avancer facilement le sujet au niveau de l’Université Lyon 2. 

Par ailleurs, nous avons à Lyon 2 une équipe présidentielle qui est très ouverte sur ces démarches de démocratie participative. Le contexte était donc favorable sur plusieurs points.

Quel est selon vous l’intérêt d’un tel dispositif pour les étudiants ? 

Pour nous, l’objectif premier réside dans l’appropriation du campus par les étudiants de l’Université. C’est très important qu’ils s’en sentent acteurs, et qu’ils le transforment à leur image, en fonction de leurs besoins. 

Comment avez-vous été accompagnée par Cap Collectif ? 

Dans un premier temps, Cap Collectif a permis d’apporter une visibilité sur l’ossature des différentes étapes qu’on allait devoir traverser dans la construction du projet. Ça donne vraiment le squelette, une structuration de la gestion de projet, et c’est vraiment important lorsque l’on démarre.

Par la suite, nous avons été accompagnés sur de nombreux points. Par exemple sur la  rédaction du règlement, sur lequel Cap Collectif a insisté : finalement, on commence à comprendre pourquoi c’était si important. Nous avons aussi été accompagnés dans le cadrage, ou encore dans le benchmark que Cap Collectif a pu faire par ailleurs sur des règlements d’autres universités… Tout ça nous a fait gagner du temps.

Enfin, cet accompagnement a été utile sur la manière de mobiliser les services de l’Université, en les associant en amont de la démarche (via l’organisation d’un séminaire entre les services notamment). Cette mobilisation des services nous a permis de leur montrer que le BPE est un dispositif qui a été mis en place ailleurs et que ça marche !

À votre avis, le BPE peut-il être une première étape vers davantage de participation, ou via d’autres modalités ?

On voit vraiment le budget participatif comme un dispositif qui peut être plus facile ou plus attractif que d’autres, pour ensuite aller vers des processus participatifs plus réflexifs. 

On teste aussi beaucoup de choses à côté, avec l’espoir de trouver les bons outils suite à ces expérimentations. Par exemple, on réfléchit en ce moment à mettre en place une sorte de comité d’usagers de la Maison de l’Étudiant. La Maison de l’Étudiant, c’est à peu près 400 étudiants par jour qui viennent pour des choses diverses. Actuellement, on essaie de s’interroger : comment on créé une culture, une communauté ? Ces étudiants viennent souvent, et pour le moment ils viennent plutôt prendre du service, ce qui est très bien, c’est fait pour. Mais comment arrive t-on à les faire basculer aussi en tant qu’acteurs de ces services ? 

L’objectif est d’acquérir cette année un peu d’expérimentation, et d’en tirer les conclusions en fin d’année.



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Entreprise pionnière et référente de la civic tech, Cap Collectif dispose désormais du statut d’organisme de formation et enrichit son offre pédagogique à destination des décideurs publics et privés. 

Le reflet d’une expertise méthodologique reconnue

Cap Collectif s’est donné pour mission d’accompagner les décideurs qui souhaitent faire évoluer leur mode de décision vers plus de transparence et d’inclusion. Si la concrétisation de cette mission s’est notamment traduite par le développement d’une solution numérique – à ce jour utilisée par plus de 150 structures publiques et privées – nous n’avons cependant jamais cessé de rappeler l’autorité de la méthode sur l’outil : mobiliser un public et l’impliquer dans un processus de co-construction sont des objectifs auxquels la seule mise en place d’un outil numérique ne peut répondre. 

Ainsi, notre métier s’est toujours constitué autour de deux expertises : 

  • L’expertise technique, liée au développement d’une solution numérique favorisant la simplicité de la participation et la transparence des processus décisionnels.
  • L’expertise méthodologique, liée à la conception et à la mise en oeuvre de démarches participatives.

C’est pour partager cette expertise méthodologique que Cap Collectif a récemment créé une offre de formations. Afin de permettre aux structures intéressées de faire financer leur formation, Cap Collectif a souhaité devenir organisme de formation (déclaration d’activité enregistrée sous le numéro 11755913375 auprès du préfet de région d’Île-de-France). 

Cette démarche est autant le gage de notre crédibilité que le reflet d’une conviction : la participation ne se résume pas à recueillir des votes et des commentaires sur internet. La méthodologie et l’intégrité du processus font en premier lieu le succès — ou l’échec — des démarches participatives. Et cette méthodologie ne s’improvise pas.

Découvrez notre offre de formation

Au travers de son offre de formation, Cap Collectif s’adresse à toutes les personnes qui au sein des territoires et des organisations sont ou seront amenées à mettre en oeuvre une démarche participative. 

Quatre formations thématiques sont proposées afin d’approfondir les enjeux des démarches de participation, d’acquérir les clés méthodologiques leur permettant de réussir leurs processus participatifs et de découvrir des dispositifs inspirants menés dans des structures similaires aux leurs.

Envie de vous inscrire ? Vous pouvez donc désormais financer votre formation via votre CPF !  🙂

Depuis 2015, Cap Collectif accompagne de nombreuses collectivités locales sur la voie d’une forme d’expérimentation que nous apprécions particulièrement : le budget participatif. Aujourd’hui leader des budgets participatifs en France, nous avons réalisé une étude statistique auprès de nos collectivités clientes, dont nous vous partageons dans ce dossier les principaux enseignements.


Jean-Damien Colombeau, directeur du Développement Social et Urbain de la Ville de Clermont-Ferrand, réagit à notre étude « 4 années de budgets participatifs à Capco ».

Question : Qu’est-ce qui a poussé la Ville de Clermont-Ferrand à mettre en place un budget participatif ?

Le Maire élu en 2014 a souhaité moderniser les politiques publiques existantes, en y associant les habitants. De grandes concertations ont été lancées en début de mandat, comme les Etats généraux de la culture, le Projet éducatif Ville… Un chantier de refonte de la participation à Clermont-Ferrand a ensuite été initié, avec l’idée de privilégier les démarches participatives aux instances de participation. Nous avons mis en place un certain nombre d’instances bien sûr, mais nous avons fait le choix de concentrer l’énergie des services sur des démarches de participation nouvelles, dans l’objectif de toucher un public élargi et de travailler différemment en interne. Le lancement de notre budget participatif début 2018 s’inscrit dans cette dynamique.

Comment le projet a-t-il été reçu par les services ? 

Il a fallu argumenter mais on a affaire à des agents qui sont sensibles à ce type de démarches. Il y a une vraie évolution culturelle à l’oeuvre, y compris au sein des services techniques. Les agents aussi voient bien qu’on ne peut plus fonctionner comme avant, ils aspirent à faire des choses plus utiles pour les habitants, plus reconnues. L’accueil réservé au budget participatif a donc été bienveillant. 

La mise en oeuvre de projets lauréats a même été un élément de motivation pour certains agents, car il s’agissait de projets assez semblables à des projets qu’eux-mêmes avaient porté en interne, mais qui n’avaient alors pas été retenus. 

“Les agents aussi voient bien qu’on ne peut plus fonctionner comme avant.”

Au sein de l’équipe projet, on s’est questionné sur la perception que pouvaient avoir les agents de l’impact du budget participatif sur leurs missions. Car au final, le budget participatif est un dispositif de « mise à l’agenda ». On savait donc que les services techniques allaient être impactés. Mais cela restait théorique. C’est devenu concret au moment de la phase d’étude de faisabilité. Là, on est entrés dans le vif du sujet en termes de transversalité. 

Pouvez-vous détailler ce point sur la transversalité induite par le budget participatif ? 

Il y a eu une évolution en cours de projet sur les types de compétences que nous devions déployer. Au début du projet, nous étions dans un schéma classique de mobilisation de la population, durant laquelle nous avons communiqué, organisé des réunions ou des ateliers de travail… Au moment de l’analyse des projets, nous avions plus besoin de profils du type “chef de projet” pour mettre les différents services autour de la table, fixer des calendriers, organiser la transversalité. 

Ce qui est intéressant dans une démarche telle que le budget participatif, c’est que les habitants ne se soucient pas des découpages entre services et encore moins entre institutions. De fait, la quasi totalité des projets lauréats sont des ovnis dans le sens où ils ne rentrent pas forcément dans une case et impliquent différents services. Or, il faut bien rendre ces projets concrets. Pour moi, il existe un lien très fort entre les politiques de participation citoyenne et la remise à plat des manières de faire dans les services, car dès lors qu’on met l’usager au centre, ça nous oblige à mettre en place de nouvelles méthodologies. 

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Depuis 2015, Cap Collectif accompagne de nombreuses collectivités locales sur la voie d’une forme d’expérimentation que nous apprécions particulièrement : le budget participatif. Aujourd’hui leader des budgets participatifs en France, nous avons réalisé une étude statistique auprès de nos collectivités clientes, dont nous vous partageons dans ce dossier les principaux enseignements.


Cyril Lage, président de Cap Collectif, réagit à notre étude « 4 années de budgets participatifs à Capco ».

Question : Le budget participatif connaît un beau succès ces dernières années. Est-ce que vous vous y attendiez ?

Pas vraiment. A vrai dire, lorsque l’on a créé l’application de budget participatif en 2015, j’étais à l’époque moyennement convaincu par l’intérêt d’un tel dispositif, car il ne portait que sur une petite proportion du budget d’investissement. Par rapport au volume global du budget d’une collectivité, on était sur un trait de crayon.

Ce dont je me suis rendu compte à l’usage, c’est que contrairement à beaucoup d’autres projets participatifs de type consultation ou enquête, qui malheureusement ont bien souvent du mal à faire le lien entre la participation et la décision, il n’y a pas de doute possible dans le cas du budget participatif. Les projets mis en oeuvre sont des projets qui sont à l’initiative des acteurs du territoire, des citoyens, proposés et votés par eux. On est dans une vraie démarche du partage du pouvoir, même si c’est sur une portion congrue. On serait presque tenté de dire : heureusement qu’il y a le budget participatif pour concrétiser la promesse du participatif aujourd’hui !

Nous constatons d’ailleurs une forte accélération ces 2 dernières années : parmi nos 45 collectivités clientes, 1 collectivité sur 2 met en oeuvre un budget participatif. Ce dispositif commence également à essaimer au sein des entreprises et des universités avec lesquelles nous travaillons. 

Comment a été conçue l’application de budget participatif ?

Nous avons répondu à un appel d’offre de la Ville et Métropole de Rennes en 2015. Nous leur avons proposé de développer l’application de budget participatif avec les mêmes exigences que celles que nous avions pour l’application de consultation. Nous avons notamment formalisé une approche en étapes (dépôt des projets – analyse – vote – suivi de réalisation des projets lauréats), qui tend à devenir un standard aujourd’hui. 

Cette approche et notre niveau d’exigence facilite en partie la participation du public dont on sait, malgré les études sur les intentions de participation, qu’elle est difficile à assurer. Le chiffre de 2,7 % de participation en moyenne pour les budgets participatifs menés en est la preuve, même si ce chiffre serait plus élevé s’il était ramené au corps électoral. Il est difficile de faire participer le public, même dans les conditions pourtant idéales du budget participatif, qui assure une vraie prise en compte des attentes des citoyens.

“Le budget participatif amène du décloisonnement”

Ce chiffre illustre l’enjeu et le défi de tous ceux qui prônent et qui oeuvrent au développement de la participation citoyenne : l’élargissement de la base des participants. Mais il faut aussi faire preuve de réalisme : considérer que l’objectif est de faire participer tout le monde est un leurre qui nous réduirait à l’impuissance. Si l’on pense que la participation perd en ambition et en puissance si les participants ne sont pas représentatifs, on accepte alors l’idée de ne faire entrer les citoyens dans le processus de l’élaboration des politiques publiques que s’ils viennent tous, et en même temps. Je pense qu’à un horizon de dix ans, on ne peut pas avoir pour ambition d’aller au-delà de 20 à 25% de la population qui participe à des projets tels que ceux-ci.

Le budget participatif a t-il selon vous d’autres impacts qui ne sont pas traités dans l’étude ? 

Il y a un impact peu visible mais déterminant sur les modes d’organisation au sein des collectivités. Les collectivités sont souvent l’archétype d’un modèle pyramidal et vertical, avec un faible niveau de collaboration entre les services. Le budget participatif amène du décloisonnement, car l’analyse des projets par les services suppose de travailler en transversalité.

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Depuis 2015, Cap Collectif accompagne de nombreuses collectivités locales sur la voie d’une forme d’expérimentation que nous apprécions particulièrement : le budget participatif. Aujourd’hui leader des budgets participatifs en France, nous avons réalisé une étude statistique auprès de nos collectivités clientes, dont nous vous partageons dans ce dossier les principaux enseignements.


L’aventure de Cap Collectif avec le budget participatif commence en 2015. Cette année-là, nous remportons l’appel d’offre de la Ville de Rennes pour sa “Fabrique citoyenne”, comprenant notamment la conception d’une application de budget participatif.

Pour rappel, le budget participatif permet d’associer les habitants à la transformation d’un territoire. En effet, il offre l’opportunité à une collectivité territoriale, quelle que soit sa taille, d’affecter une partie de son budget à la réalisation de projets proposés et choisis par les habitants.

A ce jour (juillet 2019), Cap Collectif accompagne 27 collectivités avec son application de Budget Participatif, dont 22 ont mené au moins une édition complète sur la plateforme. 

L’occasion pour nous de réaliser une étude permettant de faire ressortir quelques chiffres-clés sur la mise en oeuvre d’un dispositif de plus en plus populaire dans les territoires.

Cet article a été rédigé grâce au travail mené par Pierre Le Serrec, en stage chez Cap Collectif au mois d’avril 2019.

Les pratiques majoritaires des collectivités

Chez Capco, le budget participatif se construit autour de différentes étapes : Dépôt des projets – Analyse par les services – Vote – Annonce et suivi de réalisation des projets lauréats.

A partir d’une comparaison des règlements des budgets participatifs, voici quelques pratiques majoritaires observées aux différentes phases d’un budget participatif. 

Critères de recevabilité 

La quasi totalité des collectivités refuse les projets impliquant des dépenses de fonctionnement directes. 

Autres points communs largement partagés : 

  • l’instauration d’une condition d’âge à la participation (16 ou 18 ans)
  • l’instauration d’un montant maximum par projet déposé (mais pas de projets maximum par participant)
  • l’instauration d’un délai maximum de réalisation des projets déposés

Ces deux derniers critères tendent à renforcer l’impact assez immédiat du budget participatif dans le quotidien des habitants, en s’assurant de la réalisation relativement rapide des projets déposés. 

Modalités de vote : prime à la simplicité

La plateforme de Cap Collectif permet aux collectivités de choisir parmi différentes modalités de vote possibles : 

  • le vote “simple” (je vote pour les projets qui me paraissent intéressants, éventuellement avec un nombre de votes total limité)
  • le vote par “panier” (je vote pour les projets qui me paraissent intéressants mais le coût de réalisation de ces projets ne peut pas dépasser l’enveloppe globale affectée au budget participatif)
  • le vote par classement (je vote pour un nombre limité de projets et les classe par ordre de préférence)

L’étude fait apparaître que le vote simple est très majoritairement utilisé. Le vote par panier et, plus encore, le vote par classement, restent des exceptions.

Un choix qui conforte notre conviction, que nous rappelons régulièrement : en matière de participation, la simplicité est une règle d’or

A noter que la Ville de Lille propose une modalité particulière puisqu’elle fait intervenir dans le processus de vote un jury citoyen composé de 12 citoyens tirés au sort parmi les votants de la phase de présélection.

Enfin, si l’organisation d’un vote papier en plus du vote en ligne est fréquente, elle n’est pas non plus systématique. 

Garantir un équilibre territorial : une priorité dans les grandes villes

La question de l’équilibre territorial, c’est-à-dire le fait d’assurer que chaque quartier d’un territoire bénéficie du dispositif, est une règle majoritaire dans les grandes villes. Afin de réaliser des projets dans tous les quartiers de la ville, la collectivité s’engage généralement à mettre en oeuvre au moins un projet par quartier (celui qui obtient le plus de voix). 

Les projets qui obtiendront le plus de voix seront désignés comme lauréats. Afin de favoriser la réalisation de projets dans tous les quartiers, la Ville s’engage toutefois à mettre en œuvre les deux premiers projets qui auront obtenu le plus voix dans chacun des 12 quartiers.” 

Extrait du règlement de la Métropole de Rennes.

Réalisation des projets lauréats : un suivi déficient ? 

Il y a en réalité peu d’informations disponibles à cette phase du projet, pourtant particulièrement importante pour la crédibilité du processus. L’explication personnalisée aux porteurs de projet sur la recevabilité ou non de leur projet est également minoritaire. Sans doute un point à approfondir afin d’identifier les freins à ce “droit de suite” au sein des collectivités.

Les thématiques les plus prisées

Les ⅔ des projets lauréats d’un budget participatif portent sur :

  • l’aménagement des espaces publics (mobilier urbain et valorisation du patrimoine)
  • la nature en ville (espaces verts et biodiversité)

Viennent ensuite les projets culturels, sportifs ou de loisirs (20%).

Les projets lauréats sont principalement des actions d’aménagement, d’installation ou de rénovation. Une conséquence assez logique du choix des collectivités de ne considérer comme éligibles que les projets d’investissement, par opposition aux projets qui impliquent des frais de fonctionnement.

D’un territoire à l’autre, un certain nombre de projets reviennent de manière récurrente, et notamment :

  • La rénovation d’un square
  • L’aménagement d’un jardin (partagé)
  • L’aménagement d’un parc de street workout
  • L’aménagement d’un sentier pédagogique et écologique
  • L’aménagement de jeux pour enfants
  • La végétalisation des murs ou d’une rue 
  • L’installation d’une ruche, d’une maison pour insectes

Le montant dédié aux projets lauréats

Le montant dédié aux projets lauréats est très variable d’un territoire à un autre. 

Cette diversité peut s’expliquer par les différences de taille des collectivités mais aussi par les différences de dépenses réservées pour les budgets participatifs (ces deux éléments sont dans la plupart des cas liés mais pas toujours), de 3,5M€ à Rennes à 20K€ à Villecresnes. 

De 10 k€ à 100 k€– Fréquents (⅓ des projets identifiés) – Dans la plupart des villes
De 50 k€ à 100 K€– Assez fréquents (environ 20% des projets identifiés) – Principalement dans les grandes villes 
De 100 k€ à 200 k€– Peu fréquents – Uniquement dans les BP des grandes villes (Rennes, Clermont, Lille et Montreuil)
> 200 k€– Rares (une vingtaine de projets) – Concentrés dans certaines collectivités (Rennes à 70%)

Cette différence s’explique également par les différences de nombre de projets lauréats selon les collectivités (plus ou moins grande dispersion des sommes allouées), de 44 à Rennes (2ème édition) à 1 seul à Santeny (1ère édition et 2e édition).

Pour accéder aux données complètes, téléchargez :

Lire les réactions à l’étude :

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Carte collectivités territoriales blog

L’équipe de Cap Collectif est fière d’accompagner les communes d’Issy-les-Moulineaux, Viroflay, Chevreuse, Vaulx-en-Velin ou encore Biarritz dans le lancement de leurs projets participatifs en ce début d’année.

L’échelle régionale n’est cependant pas en reste puisque nous accompagnerons prochainement la Région Bourgogne Franche-Comté dans la mise en place du premier budget participatif régional et La Réunion, qui souhaite définir avec les habitants de l’île les modalités de mise en oeuvre d’un Conseil Constitutif Citoyen.

Ces différents lancements sont à l’image de l’ensemble des collectivités territoriales qui ont fait confiance à Cap Collectif depuis sa création : diverses !

Retour sur 4 années de collaboration, en chiffres et en images.

Infographie collectivités territoriales

Si les collectivités avec lesquelles nous travaillons sont diverses, leurs problématiques sont souvent communes d’un territoire à un autre. Pour permettre aux agents opérant des projets participatifs d’échanger sur leurs expériences, y compris dans l’utilisation de notre plateforme, nous avons donc mis en place dès 2017 un réseau apprenant de nos collectivités clientes. Ce réseau se réunit deux fois par an dans les locaux de Capco.

Ces échanges sont fondamentaux et suivent notre vision originale du développement d’un logiciel comme Capco : celle d’un échange permanent avec les utilisateurs de la plateforme grâce à une feuille de route que nous maintenons au quotidien. Ce lien – qui dépasse les réunions semestrielles, grâce notamment à la mise en place d’une liste de diffusion – nous permet de rationaliser et d’améliorer la mise en développement de nouvelles fonctionnalités. En écoutant attentivement le terrain, le prestataire que nous (ne) sommes (pas uniquement) est en mesure d’apporter le meilleur service possible à ses clients actuels. Et, à nos futurs clients, la garantie d’une solution éprouvée répondant parfaitement à leurs besoins.

Hervé Lièvre est premier maire adjoint à la commune de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, et conseiller territorial de la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest. Comme de nombreuses collectivités, Chaville s’est rapproché de Cap Collectif pour obtenir des informations sur la mise en place d’un budget participatif et d’une plateforme numérique permettant de toucher une population diverse et nombreuse. En préalable, il a donc suivi une formation d’une journée dans nos locaux et cette formation lui a permis de poser toutes les questions pour lesquelles il avait besoin de réponses concrètes.

Son témoignage

Verbatim

« Nous lançons notre budget participatif à Chaville, et c’est une première. Certes on est allé voir sur l’internet ce qui existait dans d’autres communes, voisines ou éloignées, mais il nous semblait nécessaire d’approfondir nos connaissances sur le sujet et de partager les expériences. »

« Donc nous avons sollicité cette formation auprès de Cap Collectif, et nous en sommes très satisfaits. En effet on a pu apprendre d’une part les techniques, d’autre part des expériences, des échanges, les possibilités et les difficultés que l’on peut rencontrer dans ce genre de projet. »

« Je retiens deux aspects particulièrement intéressants, au-delà de toutes ces informations, c’est d’une part la nécessité d’avoir une plateforme — au sens informatique du terme — une plateforme numérique efficace, qui est si possible expérimentée, qui permet de traiter de tous les sujets — et de bien les traiter, notamment au point de vue des opérations de sélections, de votes, qui sont simples en elles-mêmes mais parfois assez subtiles à mettre en oeuvre dans la réalité. Par ailleurs l’importance qu’il y a de motiver les personnes physiques, les agents de la collectivité, pour traiter les sujets et au premier chef les projets qui seront déposés. »

 

En savoir plus sur les formations Cap Collectif

Quel est le point commun entre Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne, 8 500 habitants), Le Mans (Sarthe, 143 300 habitants), Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine, 20 300 habitants), Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis, 54 900 habitants), Meudon (Hauts-de-Seine, 45 400 habitants) et Bayonne (Pyrénées-Atlantiques, 49 200 habitants) ? Toutes ces collectivités sont rentrées ces derniers jours dans une phase décisive de leur budget participatif sur une plateforme Capco, la meilleure manière d’associer les habitants à la transformation d’un territoire.

Aujourd’hui, Le Mans et Magny ont entamé la phase de vote de leur budget participatif. Cela signifie que la phase de dépôt des projets par les habitants s’est déjà déroulée (entre le 1er mars et le 30 avril pour les Sarthois, entre le 2 mai et le 15 juin pour les Franciliens) et que la faisabilité de ces projets a été évaluée et validée par les services de la ville. Les habitants sont invités à revenir sur la plateforme pour voter pour leurs projets préférés. Nous avons récemment dressé un panorama subjectif des projets les plus intéressants proposés sur les différents budgets participants de nos clients.

Une belle première fois

Pour Bourg-la-Reine, Epinay-sur-Seine ou encore Meudon, les toutes premières propositions du premier budget participatif municipal commencent à fleurir. Ici, un habitant propose la transformation d’un marché (en perte de vitesse) en espace vert, qui manque dans le quartier. Ailleurs, un habitant souhaite qu’un sauna soit installé dans l’enceinte de la piscine municipale. Plus loin, c’est le concept populaire de la boîte à dons qui est plébiscité pour la commune. Et dans les Hauts-de-Seine, une volonté manifeste de réduire, voire d’éteindre, l’éclairage public la nuit : preuve que le budget participatif est aussi un moyen pour les habitants de signaler des problématiques à régler à l’échelle de la ville, et pas seulement de proposer des aménagements innovants.

Qu’il s’élève à 20 000 euros comme à Magny-le-Hongre, 100 000 euros à Bourg-la-Reine,  200 000 euros à Epinay-sur-Seine (ou Bayonne), 250 000 euros à Meudon ou encore 840 000 euros au Mans, le budget participatif de Cap Collectif permet à une collectivité d’affecter une partie de son budget à la réalisation de projets proposés et choisis par les habitants et qui améliorent leur cadre de vie. C’est également un dispositif rendant possible une meilleure compréhension du rôle et du travail des élus et des services au niveau budgétaire.

Démarquez-vous

La plateforme offre une solution complète et clé en main. Elle dispose notamment d’un outil de détection des doublons des projets proposés, affiche une cartographie du territoire avec un repérage géographique des projets soumis par les habitants, propose un espace de travail collaboratif en ligne pour les services afin de pouvoir évaluer les projets. Plusieurs modalités de vote sont disponibles, ainsi qu’un tableau de bord de l’état d’avancement des projets retenus.

Pour connaître toutes les autres (et nombreuses) fonctionnalités, n’hésitez pas à vous rapprocher de Coline, Agathe ou Maxime au 01 86 95 95 59 🙂

 

 

 

Ce 31 mai 2018, nous avons invité la trentaine de collectivités territoriales faisant partie de notre réseau de clients à participer à une journée qui leur était spécialement consacrée. Cette journée faisait suite à la première que nous avions expérimentée en juillet 2017. Depuis, suivant notre volonté stratégique d’essaimer nos convictions, notre méthodologie et notre plateforme dans les territoires, ce secteur des « collterr » a largement pris de l’ampleur. Nous attendions donc avec impatience de pouvoir réitérer l’évènement avec un panel plus diversifié d’acteurs de terrain.

Nous n’avons pas été déçus s’agissant de la diversité : que soit en matière d’expérience, de taille, de couleur politique… Tout le monde a joué le jeu de l’échange, du partage et de la collaboration sur les trois ateliers que nous avions préparés : le budget participatif, l’enquête publique, la feuille de route technique avec un focus particulier sur le RGPD. Un grand merci donc à nos clients de Bourg-la-Reine, Clermont-Ferrand, Epinay-sur-Seine, Grenoble-Alpes Métropole, Le Mans, Lille, Montreuil, Mulhouse, la région Occitanie, Orléans, Paris et Rennes, d’avoir pu faire le déplacement jusqu’à nous !

Tournés vers l’avenir

Ces échanges sont fondamentaux et suivent notre vision originale du développement d’un logiciel comme Capco : celle d’un échange permanent entre une feuille de route que nous maintenons au quotidien et les utilisateurs de la plateforme. Ce lien — qui dépasse les réunions semestrielles, grâce notamment à la mise en place d’une liste de diffusion — va nous permettre de rationaliser et d’améliorer la mise en développement de nouvelles fonctionnalités. En écoutant attentivement le terrain, le prestataire que nous (ne) sommes (pas uniquement) est en mesure d’apporter le meilleur service possible à ses clients actuels. Et, à nos futurs clients, la garantie d’une solution éprouvée répondant parfaitement à leurs besoins.

Petit débrief de la Journée, avec Cyril, président de Capco, et Thibaut, directeur conseil :