L’histoire de Capco remonte à 2008. A cette époque Cyril Lage commence à consacrer son temps et son énergie à la recherche d’une idée qui permettrait de sortir de la crise qui secoue la démocratie et ses institutions, et de trouver une parade à l’abstention, au vote de défiance ou à la perte de confiance des représentants.

Sa formation et son expertise professionnelle le conduisent à imaginer un lobby citoyen qui se matérialiserait derrière une plateforme numérique ayant pour objet d’écrire les lois de manière transparente et inclusive. Son passage à l’Assemblée nationale, où il exerce la fonction d’attaché parlementaire à titre bénévole, renforce sa conviction : il est nécessaire de repenser la méthodologie de rédaction des lois, soumise à l’opacité et l’entre-soi. Un projet se dessine alors, celui d’un “Parlement citoyen”.

Mais c’est également à l’Assemblée qu’il imagine une autre matérialisation pour son projet, grâce à de nombreuses rencontres qui finissent de le persuader que les véritables innovateurs — ceux qui sont le mieux placés pour changer le système — ce sont ceux qui, parmi les élus du peuple, considèrent la question de la participation et du numérique de la façon la plus éclairée.

Le cycle de vie d’une politique publique, source d’inspiration.

C’est ainsi que voit le jour, sur le papier, l’idée de “Parlement & Citoyens” : une méthodologie de rédaction collaborative de la loi, permettant aux parlementaires de travailler à ciel ouvert avec la participation de chacun.

Durant plusieurs années, Cyril peaufine son projet et son procédé inspiré du cycle d’élaboration des politiques publiques et des techniques empruntées aux méthodologies fondées sur l’intelligence collective. C’est grâce à la rencontre avec Armel Le Coz, designer en innovation et en management territorial, et avec Bastien Jaillot et Xavier Lacot, consultants experts en PHP — tous trois passionnés par les questions démocratiques — que le projet se matérialise en concept, puis en plateforme.

En février 2013, après plusieurs mois passés à tenter de convaincre les politiques de participer à l’expérimentation, Armel, Bastien, Cyril et Xavier lancent le site Parlement & Citoyens avec six parlementaires de tous bords politiques ayant accepté de jouer le jeu de la co-construction de la loi.

Dès juillet 2013, la consultation sur la proposition de loi du sénateur écologiste Joël Labbé, visant à interdire les pesticides à usage non-agricole, parvient à réunir 500 contributeurs, qui permettent au parlementaire de défendre en séance un texte largement étoffé. Joël parvient à rassembler une majorité et faire voter le Sénat sur sa proposition enrichie par les citoyens. La proposition est ensuite votée conforme à l’Assemblée nationale, puis promulguée.

Pour la première fois en Europe et sans doute dans le monde, une loi républicaine est rédigée collaborativement avec les citoyens. Le projet initial devient preuve de concept, et attire de très nombreuses sollicitations : de la part du Gouvernement, de collectivités territoriales, d’entreprises privées, qui souhaitent à leur tour tester la plateforme.

En juillet 2014, ne parvenant pas à trouver de modèle économique à Parlement & Citoyens en l’absence de soutien de l’institution, Cyril, Bastien et Xavier (les deux derniers ayant entre temps fondé leur propre entreprise, JoliCode) décident de créer la start-up Cap Collectif en compagnie de Maxime Arrouard, designer et spécialiste d’expérience utilisateur.

La mission de Cap Collectif est claire : pérenniser Parlement & Citoyens et essaimer sa méthodologie de rédaction collaborative de la loi à l’ensemble des secteurs de la société sous la forme d’une plateforme de co-construction de la décision.

L’expérimentation

Octobre 2014 — Après le Forum de Mulhouse qui rassemble 5 000 participants pour “construire la ville de demain”, la collectivité adopte la plateforme Capco. La première consultation sera lancée en avril 2015 et sera suivie par la mise en place de nombreux autres dispositifs de démocratie participative.

Novembre 2014 — Le Conseil national du Numérique (CNNum) lance sa plateforme “Ambition Numérique” pour enrichir son corpus argumentaire et alimenter la rédaction d’un rapport — remis l’été suivant au Gouvernement — avant le projet d’une grande loi sur le numérique prévue l’année suivante.

Le décollage

Octobre 2015 — Le Gouvernement consulte les citoyens sur le projet de loi “République Numérique”. En tout, plus de 21 000 contributeurs enrichissent le texte initial, permettant à celui-ci d’être remanié à travers 80 modifications d’amendements et la création de 5 articles “citoyens”. C’est la première fois en Europe, et peut-être dans le monde, qu’un projet de loi gouvernemental est ainsi co-construit avec les citoyens. (Voir l’étude de cas)

Novembre 2015 — Lancement de la Fabrique Citoyenne par Rennes pour faire participer les citoyens au budget participatif de la métropole. Pendant plus de 4 mois, près de 6 000 contributeurs ont soumis leurs propositions, et 54 projets ont finalement été retenu par le conseil municipal. (Voir l’étude de cas)

Février 2016 — Un dispositif de concertation a été mis en place pendant 10 mois, récoltant plus de 800 contributions, pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de participer aux réflexions conduites par le Comité Paris 2024 pour élaborer le projet de candidature à l’organisation des Jeux olympiques.

Mai-juin 2016 — Une consultation citoyenne lancée par la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées a rassemblé plus de 160 000 participants (voir l’étude de cas) et a permis aux élus de trancher pour un nouveau nom : Occitanie.

Octobre 2016 — Claire Legros, journaliste au Monde, qualifie Cap Collectif d’“acteur historique et pionnier de la démocratie participative” dans son article “Civic Tech” : vers une boîte à outils de la démocratie numérique.

Décembre 2016 — Cap Collectif est recommandé par le Gouvernement français comme plateforme officielle de consultation publique pour l’administration.

Janvier 2017 — La CFDT lance sa plateforme avec l’objectif de “concevoir des pistes de solutions pour faire évoluer le fonctionnement et la structuration” du syndicat et “créer un moment de débat et de mobilisation autour des questions d’organisation”.

Février 2017 — Le candidat du Parti socialiste à la présidentielle Benoît Hamon décide de mettre en place un “Conseil Citoyen” dans le cadre de sa campagne, qui s’appuie sur une plateforme participative Capco pour recueillir des propositions citoyennes au sein de son programme. Quelques mois plus tôt, le parti Europe Ecologie-Les Verts a proposé à chaque citoyen de contribuer à l’élaboration du programme écologiste à l’élection présidentielle et de confronter les propositions des candidats à la primaire aux avis des citoyens.

Juillet 2017 — Nous lançons un réseau de clients, permettant la mise en commun de pratiques et le réseautage des administrateurs de la plateforme.

Juillet 2017 — Lancement de la plateforme gouvernementale des Etats généraux de l’alimentation, première expérience participative du nouveau Président de la République, Emmanuel Macron.

Août 2017 — DAHER est la première entreprise française à expérimenter un budget participatif auprès de ses salariés.

La mise en orbite

Octobre 2017 — C’est avec la plus grande des joies que nous recevons le Trophée Participation et Concertation 2017 dans la catégorie Entreprise publique ou privée, qui récompense le travail accompli depuis Parlement & Citoyens et la mise en pratique de l’adaptation de sa méthodologie de co-construction de la décision.

Octobre 2017 — Nous passons la barre symbolique du million de votes exprimés sur l’ensemble des plateformes Capco depuis la fondation de l’entreprise, qui a permis à plus de 300 000 citoyens de contribuer à un projet participatif en trois ans.

Novembre 2017 — Cap Collectif prend de l’ampleur en réalisant une levée de fonds auprès de la Caisse des Dépôts et de Bpifrance pour accompagner sa croissance à l’international et renforcer ses équipes sur le marché français.