Depuis 2009, Le Baromètre de la confiance politique du Cevipof mesure la confiance des Français(e)s envers la démocratie en général, les acteurs politiques, sociaux et économiques en particulier. Il permet de se projeter dans l’avenir, en analysant les « optimismes personnels » et  les « pessimismes collectifs ».

Pour intituler la vague 2018, le célèbre centre de recherches politiques de Sciences Po a choisi « La défiance s’obstine », justifié par plusieurs marqueurs éclairant la déception globalisée de la population vis-à-vis du système et de ses acteurs (pages 24, 25, 26 et 31). Toutefois nous choisirons de proposer ici quelques extraits qui nous paraissent révélateurs d’une autre vision.

Méfiance et espoir sont dans un bateau. Ils tombent d’accord : qu’est-ce qui reste ?

Les analys(t)es du quotidien médiatique ont bon dos de jeter bébé (l’avenir) avec l’eau du bain (le présent). L’art de faire tourner en boucle le supposé désenchantement des citoyens pour la politique en stigmatisant l’abstentionnisme s’est tristement banalisé. Et il esquive des subtilités du réel. En effet, selon l’enquête :

  • 74 % des gens considèrent qu’ils peuvent changer la société par leurs choix et leurs actions
  • 67 % des gens pensent que les responsables politiques devraient prendre l’avis du plus grand nombre de citoyens avant de décider
  • 61 % du panel estime que le gouvernement devrait changer ses projets politiques en fonction de ce que la plupart des gens pensent
  • 57 % des gens soutiennent que la politique n’est pas une affaire de spécialistes
  • 55 % des gens croient que ce n’est pas un gouvernement mais les citoyens qui décident ce qui leur semble le meilleur pour le pays
  • 51 % des gens portent un intérêt à la politique

Cette vision portée par ce mouvement réel, par cette autre vague, qui roule depuis plusieurs mois, doucement mais ostensiblement, au coeur de la population, des médias et des politiques est la vision transpartisane d’une société dans laquelle les prises de décisions publiques pourraient se faire à l’aune d’une plus grande participation des citoyen(ne)s.

Elle est portée par la civic tech en général et par Capco en particulier. Avec près de 10 000 contributions en moins de trois semaines, le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises lancé par Bruno Le Maire est sur le point de détrôner Axelle Lemaire et République Numérique, champion français toutes catégories de la participation citoyenne à la décision publique depuis 2015.

Notre mission au quotidien : disséminer notre méthodologie de co-construction de la décision, que nous avons commencé à expérimenter en 2013 avec Parlement & Citoyens. Hasard (ou pas), l’actuel ministre de l’Economie faisait partie des six premiers expérimentateurs de la plateforme de rédaction collaborative de la loi avec sa proposition de restaurer la confiance entre citoyens et parlementaires. S’il a manifestement échoué dans sa quête d’alors (les parlementaires pointent en dernière place de l’enquête Cevipof 2018 avec seulement 29 % de confiance accordée par les citoyens), le ministre participe aujourd’hui à la pérennisation de ce mouvement que nous tentons d’insuffler modestement dans les coulisses de l’Etat depuis plusieurs années.

Think Local, Act Local

A l’autre bout du baromètre de confiance que le Sénat et l’Assemblée nationale tiennent par la queue, les maires (55 %) et les conseils municipaux (53 %) résistent tant bien que mal aux flammes de l’Enfer. Nous sommes convaincus depuis plusieurs années que les collectivités territoriales détiennent une partie de la solution à la crise de confiance qui secoue la société, raison pour laquelle nous leur dédions aujourd’hui une offre commerciale spécifique, notamment aux territoires de moins de 50 000 habitants. La raison en est simple : l’acculturation à la participation — que ce soit en direction de la population, des élus ou des services — est vraisembablement plus simple à appréhender sur des projets locaux concrets, comme un budget participatif, une consultation pour réaliser un diagnostic sur le Plan local d’urbanisme ou encore un questionnaire pour diligenter une enquête sur les rythmes scolaires.

Il est toujours possible de maugréer sur des institutions qui ne répondent pas au besoin, de plus en plus fort parmi la population, de participer à la prise de décisions qui la concernent. Il n’est pas vain de mettre le doigt sur les déficiences du système. Mais nous privilégions, comme toujours, de regarder avec bienveillance le verre à moitié plein plutôt que de tancer le vide avec défiance. Partout dans le pays, des décideurs politiques — quelles que soient leur étiquette — croient qu’il est possible de rétablir le lien de confiance avec les citoyen(ne)s en mettant en place des projets participatifs sincères. En 2017, les régions Bretagne et Ile-de-France, les départements de Loire-Atlantique et des Hauts-de-Seine, les métropoles ou les villes de Lille, Orléans, Montreuil, Courbevoie, Rezé et Clermont-Ferrand ont rejoint une communauté de collectivités pionnières comme la région Centre-Val-de-Loire, le département de Corrèze, les métropoles de Rennes et de Grenoble, les villes de Mulhouse et Bayonne. D’autres viendront en 2018, à commencer par la Ville de Paris qui nous a confié la refonte du site idées.paris.

Notre responsabilité individuelle de citoyen(ne) est de répondre présent(e) à ces signes positifs, en conservant notre esprit critique. C’est la condition à la mise en place d’un cercle vertueux. Rendez-vous l’an prochain pour la prochaine vague Cevipof et de son baromètre de la confiance politique 😉

Dans le cadre de son programme hebdomadaire Soft Power, Frédéric Martel recevait ce dimanche 3 décembre Henri Verdier, directeur interministériel du numérique de l’Etat français, pour une émission sur « le numérique de l’Etat ». Ils ont été rejoints en seconde partie par Paula Forteza, députée La République en Marche, et Nicolas Princen, ancien conseiller au numérique de Nicolas Sarkozy, pour un débat : « Où en sont les civic techs en France ? ». Nous avons relevé et annoté quelques passages.

La révolution numérique

Ces révolutions-là, qui sont des révolutions industrielles totales, ne réussissent jamais si on n’a pas les institutions adaptées. — Henri Verdier

Nous rejoignons complètement Henri Verdier. C’est le sens de la mission première de Parlement & Citoyens (le projet fondateur de Capco) que d’outiller le Parlement français pour lui permettre de s’adapter aux besoins et aux moyens de l’époque. Nous ne nous sommes jamais posés en contradicteur du système mais en accompagnateur de sa transformation, en travaillant de l’intérieur avec celles et ceux — quelle que soit leur sensibilité politique — qui veulent et peuvent le changer, et tendre vers davantage de transparence et de participation.

J’espère que l’Etat redeviendra ce coeur d’intelligence collective qui permettra à la société française toute entière de réussir sa révolution numérique. — Henri Verdier

Nous espérons que cette réussite passera effectivement par un énorme élan d’intelligence collective. Reste une condition : que la révolution numérique ne soit pas une fin en soi, mais un formidable moyen pour un Etat-plateforme de transformer les institutions pour les rendre plus efficaces, plus ouvertes à la participation des citoyens à la co-construction des décisions qui les concernent.

La « civic tech »

On décrit sous civic tech un certain nombre d’entreprises enthousiasmantes menées par des gens qui veulent changer le monde et qui utilisent pour cela les données ou les missions de l’Etat, des missions d’intérêt général. […] Cela recouvre des univers extraordinairement divers. — Nicolas Princen

C’est un monde très hétérogène. Il existe deux grandes familles de civic tech : d’abord, plutôt celle des start-ups, des entreprises, qui cherchent à développer un business model autour, par exemple, de la vente de logiciels, de services, ou de l’exploitation de données personnelles, et qui cherchent à nouer des contrats avec le secteur privé ou le secteur public. D’un autre côté, les acteurs qui proviennent plutôt des associations, des mouvements sociaux, et qui travaillent plutôt sur des briques de logiciels libres, qui contribuent de façon un peu plus bénévole à ce qu’ils appellent des « communs numériques », des outils qui peuvent être partagés, réutilisés par tout le monde, auquel tout le monde peut contribuer. — Paula Forteza

Si ces deux spécialistes du numérique sont d’accord sur l’hétérogénéité des propositions faites par la civic tech aujourd’hui, la description des « entreprises enthousiasmantes », « qui veulent changer le monde », nous convient mieux que la classification un poil manichéenne suggérée par la députée en marche. Cette représentation d’une réalité ressentie et son vocabulaire très étudié  — d’un côté les « start-ups », « entreprises », « business model », « vente », « contrats » et d’un autre côté les « associations », « mouvements sociaux » (sic), « logiciels libres », « bénévole », « communs », « partagés » — est relativement surprenante venant d’une députée issue d’un mouvement politique qui veut dépasser le clivage gauche-droite, ici maladroitement reconstitué à travers le prisme de la technologie.

On passera aussi sur la naïveté de l’expression « un peu plus bénévole » : aujourd’hui, le marché de la civic tech, que nous connaissons bien car Cap Collectif en fait partie, est partagé par deux ou trois dizaines d’acteurs, dont certains font effectivement la promotion de logiciels open source. Or, à notre connaissance, ces acteurs ne travaillent ni de manière « bénévole », ni « un peu plus bénévole » : ils ont eux aussi à vivre de leur activité, qui passe souvent par des prestations de services autour du logiciel qu’ils promeuvent, comme le développement de fonctionnalités spécifiques ou l’accompagnement intellectuel de la démarche. Récemment, la SARL Open Source Politics a ainsi été choisie par l’Assemblée nationale pour mener une consultation numérique sur la réforme de l’institution, au terme d’un appel d’offres commercial mené à la régulière.

La grande problématique étant : est-ce qu’elles [les civic techs] développent un savoir-faire, une technologie ou un angle suffisant pour pouvoir durer et accompagner le débat démocratique qu’elles souhaitent contribuer à structurer, après une élection ? C’est ce qui reste à vérifier. — Nicolas Princen

Cet excellent point permet de rebondir sur une question plus large, débroussaillée par Henri Verdier dans son propos introductif. Que voulons-nous faire avec la civic tech ? Créer, dans le meilleur des cas, une force de proposition ou un contre-poids citoyen, voire un contre-pouvoir ? Nous parions sur une troisième voie que n’aborde même pas l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy : celle qui considère la civic tech comme un accompagnateur de la transformation politique, et non la matérialisation d’un courant citoyen qui aurait pour mission de « faire (bonne ou mauvaise) pression » sur le politique pour parvenir à ses fins.

Réduire la civic tech à un mouvement citoyen (civic) est le piège dans lequel de nombreux observateurs sont tombés par ignorance, naïveté ou calcul. Car il réduit la technologie (tech) à un ustensile politique qu’il conviendrait de sortir lorsque l’actualité et/ou l’agenda du pouvoir décideraient qu’il est temps de « mettre les citoyens » en avant — notamment au moment des élections, où il est de bon ton (électoraliste) de glorifier la citoyenneté qui sommeille en nous.

Chez Capco nous pensons (comme l’excellent programme Datagueule) que la démocratie n’est pas un rendez-vous. Et la civic tech n’est pas une finalité citoyenne qu’il suffit d’agiter au bon moment pour obtenir des résultats, simplement parce que, comme insistera Verdier en conclusion, « le simple fait de venir de la société civile vous rend[r]ait compétent ». Intégrer la machine grâce à une connaissance pointue de ses rouages, dénicher les innovateurs, les outiller et les accompagner dans la transformation : c’est le parti-pris que nous avons adopté dès 2013 avec Parlement & Citoyens puis à partir de 2014 avec Cap Collectif. Il s’agit d’un travail de chaque jour, éprouvant mais gratifiant, qui répond à une vision — celle d’une société fondée sur la collaboration des individus qui la composent — et non à une dérisoire logique d’agenda.

L’impact

Les civic techs sont rentrées dans une espèce d’impasse par rapport à la promesse initiale : il y a un manque d’impact politique, un manque d’impact social, d’impact économique. En termes politiques les citoyens sont de plus en plus exigeants donc ils ne vont plus participer à des initiatives sans être certains que leurs contributions va avoir un impact dans la décision politique. Donc il faut coordonner de façon plus proche avec les acteurs politiques. Du point de vue économique on se disait que tous les VC (capitaux-risqueurs – NDLR) de la Silicon Valley recherchaient des investissements et que les civic techs étaient le pari d’avenir. Là maintenant elles sont toutes en train de devenir des fondations plutôt que des entreprises. Et pour l’impact social, il y a une espèce d’élite numérique qui est en train de monter, qui arrive à avoir un impact majeur dans ses consultations et à pouvoir faire ressortir leurs contributions. — Paula Forteza

Nous saluons ici la grande clairvoyance de la députée, malgré notre scepticisme concernant « la promesse initiale » dont nous n’avons pas réussi à retrouver la trace.

Nous partageons évidemment le constat qu’il existe un risque important de fracture d’usage des plateformes participatives, concrétisé par « une espèce d’élite » doublement acculturée au numérique et à la politique. Mais s’il est difficile aujourd’hui de percevoir cette population déconnectée (que cette fracture numérique et/ou de la chose publique soit volontaire ou pas), nous notons que cette difficulté à générer de la représentativité n’est pas propre à la civic tech : il suffit de comparer le nombre d’ouvriers et d’employés à l’Assemblée nationale (3% des 577 élu.e.s) avec leur nombre effectif dans la population (grosso modo 50%).

Sur le regret exprimé par la députée que la civic tech n’ait pas été largement investie par les capitaux, nous sommes plus perplexes : en effet, plusieurs entreprises actives du secteur, comme Make.org, bluenove, Fluicity ou encore Cap Collectif, ont eu recours depuis 2014 à des levées de fonds leur permettant de prolonger leur développement et de poursuivre leur mission d’essaimage de cette culture de la participation. Mais la règle de ces apports capitalistiques est relativement simple : on ne prête qu’à ceux dont le modèle est viable, documenté et compréhensible. C’est apparemment le cas pour ceux cités plus haut, qui rassemblent à eux quatre un très grand nombre de projets participatifs, dont certains d’envergure, ayant permis à plusieurs centaines de milliers de citoyens (pas forcément des espèces d’élites, d’ailleurs) de co-construire de la décision publique.

On en vient donc à la question de l’impact. Et si les entreprises qui proposent des solutions générant directement ou indirectement de l’impact avaient davantage de chance de réussir leur développement que celles qui théorisent sans pratiquer ou qui cherchent finalement à remplacer plutôt qu’à renforcer ? Paula Forteza a raison : les citoyens sont de plus en plus exigeants. C’est en partie le fruit de notre travail collectif. Et s’ils sont prêts à participer à la condition que cette participation aura un impact sur la décision publique, il s’agit bien de la responsabilité de celui ou celle qui est responsable de la décision publique. Tout l’enjeu repose donc sur l’investissement réel du politique, sur ses engagements et sur l’action concrète qu’il ou elle engage après la phase de participation citoyenne.

Ce qui implique de cesser de faire reposer le succès de la participation sur un outil ou sur un peuple et de se décharger sur eux lorsqu’une « impasse » surgit. L’outil et le peuple donneront le meilleur d’eux-mêmes si le décideur politique fait sa part 😉

D’ailleurs Paula Forteza reste lucide, et Nicolas Princen ne dit pas mieux  :

Il y a une grosse défiance vis-à-vis des responsables politiques, mais les civic techs peuvent aider à répondre à cette défiance. Mais ça va se faire uniquement si les civic techs travaillent main dans la main avec les responsables politiques, ce n’est que de cette façon qu’on aura un vrai impact. — Paula Forteza

L’impact, on le constate déjà : il vient des gens qui ne se disent pas nécessairement qu’il faut contester ce qui existe, qu’il faut une solution de remplacement, mais ceux qui créent de vrais outils qui ont de la valeur pour l’Etat, pour prolonger son effort. — Nicolas Princen

Demain

« Main dans la main », « prolonger l’effort ». La conclusion de l’émission est donnée à Henri Verdier, chargé de faire cohérence dans un système complexe et qui tente d’envoyer un peu de rêve à la multitude :

D’un côté il y a des gens qui font des outils, c’est formidable : il faut des budgets participatifs, des concertations ouvertes, transparentes, auditables et vérifiables, etc. Ensuite il y a des civic techs qui se posent en contre-pouvoir — mais dans ce cas-là qu’ils le fassent, qu’ils ne demandent pas à l’Etat de les aider à être des contre-pouvoirs. […] Et puis au milieu il y a cette zone : est-ce qu’on peut penser une action publique plus distribuée, mieux assise ? […] Il y a des zones de co-construction où, si l’Etat fait un bout de chemin et la société civile structurée et réfléchie fait un bout de chemin, on peut faire des choses magnifiques. — Henri Verdier

Faire des choses magnifiques : et si, au-delà des « business models », il restait à disséminer une simple et véritable vision du monde ?

 

Le 10 août, l’excellente émission de France Inter « Le débat de midi » a invité Patrick Viveret, Loïc Blondiaux et Jean-Paul Delevoye (notamment) pour débattre d’un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : « N’y a-t-il de démocratie que locale ? ».

Ces spécialistes et penseurs de la question démocratique ont permis de soulever les points essentiels que sont notre rapport (ou nos rapports) à la démocratie selon que l’on se place à l’échelle nationale ou à l’échelle locale, de la place du citoyen dans le débat public et des transformations nécessaires à mettre en place par le pouvoir.

Quelques citations prises au vol :

« Construire une conflictualité non violente est un des principaux enjeux de la démocratie. » — Patrick Viveret

« La démocratie c’est d’abord de guider le peuple, et non pas de suivre le peuple. » — Jean-Paul Delevoye

« On doit offrir aux gens le moyen d’adhérer et non pas d’obéir. » — Jean-Paul Delevoye

« Il faut faire en sorte qu’on débatte du long terme. » — Loïc Blondiaux

«  Il faut croire dans l’intelligence collective. » — Jean-Paul Delevoye

« Il y a des gens qui savent organiser le débat sans être partie prenante au débat. En fait il faut puiser sur cette ingénierie démocratique pour étendre la culture de la délibération et de la participation. » — Patrick Viveret

« Il y a des tas d’outils qui peuvent faire vivre la démocratie et la participation à l’échelle locale et à l’échelle nationale, encore faut-il qu’il y ait une vraie volonté politique pour les utiliser. » — Loïc Blondiaux

A écouter en podcast sur le site de France Inter

Plus rien à faire, plus rien à foutre, la vraie crise de la démocratie par Brice Teinturier

La revalorisation de la tradition

“L’un des résultats que je tiens pour les plus décisifs dans la compréhension de la société française est le suivant : en 2006, 34% seulement des français affirmaient : “Dans ma vie, je m’inspire de plus en plus des valeurs du passé”. En 2008, ils sont 37%. En 2010, 43%. en2012, 45%. En 2014, 47%.”

“Ce besoin de retrouver du sens dans le passé et dans ce qui dure est en grande partie une réaction à la dilution de valeurs partagées, dans une société de plus en plus dominée parce qui est fragmentaire et immédiat.”

“Le référentiel commun fabriqué par les médias se fonde donc sur deux piliers : d’un côté, la consommation et la logique marchande à travers une information de plus en plus axée sur la consommation ; de l’autre, la culture et la valorisation de la tradition et de la mémoire. Les deux ne sont pas juxtaposés. Le premier engendre le second, il en est même la condition. On remarquera en passant que les deux sont les adversaires traditionnels de la gauche, ce contre quoi elle s’est historiquement construite.”

“Mais cette information n’en demeure pas moins un levier de la Praf attitude. En donnant une telle place aux logiques marchandes, elle renforce le consommateur plutôt que le citoyen. Et en favorisant la tradition, elle légitime l’idée d’un ordre pré-établi plutôt qu’un ordre à discuter et inventer. Dans les deux cas, elle éloigne les citoyens du politique plus qu’elle ne les rapproche.”

“Pour d’autres français cette information est en décalage avec leurs valeurs profondes […] Elle induit alors une réaction de rejet non seulement à l’égard de la politique mais de l’information elle-même.”

La crise de l’efficacité du politique ?

“En 2016, 65% des français estiment que “quel qu’il soit, aucun gouvernement n’est en mesure d’obtenir de véritables résultats” soit onze points de plus en 8 ans”.

“Seuls 3% des français estiment que l’action du gouvernement améliore leur situation personnelle, 60% qu’elle la détériore, 36% qu’elle n’a pas d’incidence (sondage mai 2016)”.

La PRAF attitude

  • 24% des français déclarent qu’ils ont toujours été intéressés par la politique et qu’ilsle sont encore
  • 28% qu’ils ont toujours été intéressés par la politique, le sont toujours mais moinsqu’avant
  • 27% qu’ils étaient dans le passé intéressés par la politique mais que c’est fini etqu’ils ne le sont plus vraiment
  • 21% qu’ils n’ont jamais été intéressés par la politique

Le numérique/la civic tech

“La démocratie semble de moins en moins capable de répondre à cette demande de changement. Que s’est il passé ? une révolution numérique tout simplement…”

“16% des français se déclarent mal à l’aise avec les nouvelles technologies” à mettre en parallèle des “68% considèrent qu’elles leur simplifient la vie”.

“La primaire n’est pas une réponse à la crise démocratique. Et c’est plutôt du côté de la civic tech qu’il faut se tourner pour la trouver”.

“Il y a deux écueils à éviter : la fossilisation de la démocratie représentative / le mirage de la démocratie liquide”.