Le 11 octobre, nous étions présents à la conférence “Enjeux numériques et territoires” organisée par l’Ecole d’affaires publiques de Sciences po Paris, qui faisait témoigner quatre régions françaises sur les principaux défis numériques auxquels elles sont confrontées dans leur fonctionnement quotidien. Nous avons interrogé la directrice de l’Ecole, Sana de Courcelles, sur les problématiques soulevées par les intervenants lors de cette conférence et par les solutions qu’il est déjà possible d’entrevoir à travers ces échanges.

D’où vient cette idée de “conférence-défis” et quel est l’objectif d’un tel exercice pour l’Ecole d’affaires publiques ?

L’Ecole d’Affaires publiques existe dans sa version actuelle depuis septembre 2015. Ce nouvel élan est porté par deux axes principaux : 1° renforcer notre internationalisation avec l’Ecole européenne de référence en matière d’affaires publiques et 2° faire de notre Ecole le lieu de débat sur le Bien Commun, avec des étudiants qui vivent deux années de Master combinant savoirs fondamentaux et mise en action pour être confrontés aux grands enjeux contemporains et être en position de penser les solutions.

Sciences po a toujours accueilli des personnalités des affaires publiques issues du secteur public, privé ou associatif et des échelons local, national, européen et international ; cela ne nous suffisait pas ! Nous avons souhaité que ces personnalités viennent non seulement à la rencontre de nos étudiants, mais aussi qu’ils s’adressent à eux comme des vecteurs de transformation de notre société, et qu’ils viennent non pas seulement montrer tout ce qu’ils font de bien (c’est utile !), mais aussi partager concrètement leur « caillou dans la chaussure », et qu’ils lancent des défis à la future génération.

L’audace de cette initiative a payé avec une première rencontre sur la thématique « numérique et territoires » et une salle comble d’étudiants prêts à y répondre. Nos invités étaient également heureux du format, plus dynamique et constructif. L’étape suivante consistera en la proposition d’étudiants pour répondre à ses défis. Les modalités sont multiples : stage, apprentissage et même incubation via notre « incubateur des politiques publiques », qui permet à nos étudiants de remplacer leur stage obligatoire de fin d’études par une incubation de projet qui répond aux enjeux contemporains.

J’adorerais voir naître une plateforme ouverte à tous, où les acteurs locaux pourraient présenter « leurs pépites »

Quelles sont les premières mesures concrètes que les territoires pourraient mettre en oeuvre pour mieux prendre en compte la demande des citoyens à participer aux décisions publiques et pour mieux rendre compte de l’action publique locale ?

Elles sont multiples et elles existent déjà ! La multiplicité des actions et des acteurs engendre d’ailleurs une difficulté à les recenser toutes et à les analyser… finalement, la première mesure concrète que j’adorerais voir naître est une plateforme ouverte à tous, où les acteurs locaux pourraient présenter « leurs pépites », qui laisserait les citoyens de nous dire ce qui leur plait, s’il faut poursuivre et comment.

La question de la fracture de confiance avec une partie de la population, déconnectée du numérique et du politique en général, est souvent revenue sur le tapis durant la conférence. Quelles sont les solutions de Sciences po pour résoudre ce problème fondamental qui mine notre société ?

Nous n’avons pas de solution pré-établie, c’est toute la difficulté du sujet. Nous présidons depuis un an le Global Public Policy Network, qui réuni les plus grandes écoles d’affaires publiques mondiales. Nous parlons régulièrement de ce sujet avec nos collègues de Londres, Berlin, Singapour, Tokyo, Sao Paulo et New York… cette fracture est mondiale et nous avons constaté notre impuissance face à cela. Depuis un an, l’Ecole d’Affaires publiques de Sciences po a lancé dans le cadre de son laboratoire des politiques publiques (Policy Lab) un module d’innovation démocratique. Nos étudiants travaillent à l’établissement d’un dialogue renouvelé, y compris en sollicitant les nouveaux outils numériques, entre la société civile et le monde politique, mais aussi les pouvoirs économique et médiatique, sans oublier le monde académique. A chaque fois, il faut remettre l’ouvrage sur le métier, et avoir une attention particulière pour les populations les plus éloignées du débat, alors même qu’elles sont les premières concernées.

A ce stade, existe-t-il au sein de ce Policy Lab des pistes concrètes d’innovations démocratiques qui permettraient d’articuler le présentiel et le numérique pour une participation plus efficace de la population à la co-construction de la décision publique ?

Il y en a beaucoup ! Mais pour citer un exemple, nos étudiants ont travaillé sur le programme #Inventons2017 [.pdf], qui visait à formuler des propositions de réforme des moins de 30 ans aux candidats à l’élection présidentielle. Un groupe a travaillé sur la vie politique, et comptait faire des propositions sur le renouvellement de la vie démocratique… après trois mois de consultations d’experts et de citoyens, ils ont finalement proposé non pas une solution, mais une méthode : les assises citoyennes. Composées d’élus, d’experts et de citoyens tirés aux sorts, ces assises visaient à concevoir autrement les règles de la vie publique.

Se faire confiance les uns les autres

Quel est, finalement, notre plus grand défi collectif ?

Se faire confiance les uns les autres, pour oser se parler, se dire les choses et avancer ensemble. C’est ce que nous souhaitons initier avec nos conférences-défis ; lorsque les décideurs viennent soumettre leur défis à nos étudiants au cours de ces conférences, ils établissent une relation de confiance et offrent les conditions d’un engagement de nos étudiants à contribuer à la résolution de ces défis.

 

Des territoires et des défis :

  • Hauts-de-France : Comment développer la participation démocratique grâce aux outils numériques ?
  • Nouvelle Aquitaine : Comment mieux prendre en compte la demande des citoyens et rendre compte de l’action publique locale ?
  • Bourgogne-Franche-Comté : Comment réduire les inégalités d’accès aux services numériques ?
  • Auvergne-Rhône-Alpes : Comment favoriser le développement économique des territoires en renforçant l’accès, l’offre et la sensibilisation aux outils numériques ?

Dans le cadre des Rencontres des acteurs publics, organisées au Conseil d’État le 9 octobre, Cyril a été interviewé par Bastien Scordia, journaliste pour Acteurs Publics TV. Occasion d’aborder les questions de participation, d’Etat-plateforme et de politiques publiques.

Verbatim

Bastien Scordia — « Vous êtes le président de Cap Collectif et de Parlement & Citoyens. Ces deux structures ont pour ambition de contribuer à l’émergence d’une démocratie basée sur la transparence, la participation et la consultation : ces trois valeurs sont-elles les conditions préalables à la réussite du développement d’un Etat-plateforme ? »

Cyril Lage — « On le pense, mais avant nous c’est le président Obama qui a pensé cette vision de la démocratie puisque lors de son premier mandat, de son entrée à la Maison Blanche, il avait signé un memorendum pour la transparence et le gouvernement ouvert — l’open government pour les Anglo-saxons — qui vise à considérer qu’on doit effectivement transformer les modes de décision et de fonctionnement des démocraties représentatives en mettant au coeur de leur fonctionnement la transparence, la participation et la collaboration. Ce sont les trois piliers qui ont ensuite donné naissance à ce concept d’Etat-plateforme.

BS — « Comment la société civile peut contribuer au développement de cet Etat-plateforme ? »

CL — « Principalement par la place qui va lui être accordée par la puissance publique, que ce soit au niveau national ou au niveau local. Soit — quand on parle de transparence on parle souvent d’open data — à travers la mise à disposition de ces données, c’est-à-dire la façon dont les citoyens peuvent s’en emparer pour mener des analyses voire des projets concrets, qui leur permettent d’avoir une compréhension du fonctionnement des institutions. Egalement à travers le levier de la participation, où on pourra, comme on l’a déjà fait pour de nombreux projets comme le projet de loi République Numérique, associer le citoyen à la fabrique de la loi. Il y a aussi la mécanique des budgets participatifs, où il ne s’agit pas de co-construire une décision mais de proposer des idées qui seront ensuite, par un système de sélection qui peut impliquer le citoyen, aboutir à la réalisation de projets financés par les collectivités locales. »

Les fonctionnaires et les agents ont une place essentielle

BS — « L’idée c’est de co-construire véritablement cet Etat-plateforme ? »

CL — « Oui absolument, et aussi de ne pas considérer que ce n’est qu’un jeu à deux, entre l’élu et les citoyens, puisque les fonctionnaires et les agents ont une place essentielle dans ce dispositif. La notion d’Etat-plateforme tend aussi à considérer qu’on doit casser les silos au sein des organisations et faire en sorte que l’information circule mieux au sein de l’organisation et qu’on développe les collaborations entre les différents services de l’Etat. C’est vraiment un troisième acteur à ne pas oublier. »

BS — « Un changement de paradigme qui est nécessaire sur cet Etat en silo que cite le Conseil d’Etat dans son rapport annuel. »

CL — « Absolument, c’est un changment de paradigme. C’est passer d’une logique dans laquelle l’Etat centralise des moyens pour servir les citoyens à une logique où il deviendrait le chef d’orchestre qui organise la transversalité et recherche à stimuler l’implication des citoyens et l’initiative des agents. »

BS — « L’Etat-plateforme peut-il être une composante essentielle de l’autonomie du citoyen et un accélérateur démocratique ? »

CL — « On ne peut pas avoir un plan de construction de l’Etat-plateforme, c’est quelque chose qui se fait par touches successives et par expérimentations. On peut avoir la perspective d’arriver à ça, mais c’est la multiplicité des expérimentations au niveau national et au niveau local qui peut nous aider à construire cette vision dans laquelle on est — on  parlait de changement de paradigme — dans une conduite du changement. Ce qui veut dire résistance. Donc faire un « switch » d’un système pyramidal et centralisé à un système plus horizontal d’un seul coup paraît peu opérant.

BS — « Une véritable diffusion de culture ? »

CL — « Oui. Plutôt être dans une logique expérimentale, de pouvoir se donner ce droit à l’erreur dans ces nouvelles façons de faire, et essayer de tirer des apprentissages et de casser les résistances en démontrant que ces nouvelles façons de faire génèrent du bénéfice par tout le monde. C’est aussi ça dont il est question : que chacun trouve son compte dans cette transformation. »

Nous allons tenter une expérimentation au niveau des écoles

BS — « La culture c’est aussi une question de formation. Y a-t-il un déficit en la matière ? »

CL — « N’ayant pas une connaissance de la formation des agents, je ne dirais pas forcément qu’il y a un déficit. Ce qu’on sait, culturellement, c’est que notre modèle d’éducation est basé sur l’apprentissage et la restitution de savoirs et pas franchement sur la collaboration. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous allons tenter une expérimentation au niveau des écoles parce qu’on pense, effectivement, qu’il y a matière — dès le début, pas en attendant des années de rentrer dans la fonction publique — dès le départ dans le parcours éducatif, d’avoir des temps collaboratifs dans lesquels on peut amener les enfants à devenir des citoyens demain, à pouvoir confronter leurs connaissances et leurs points de vue à la contradiction de l’autre. C’est comme ça qu’on peut développer cette culture, et pas simplement par des formations qui viendraient à l’issue d’un parcours académique avant de rentrer dans la fonction publique. »

BS — « C’est essentiel maintenant cette co-construction, cette collaboration ? »

CL — « Ça paraît assez indispensable quand on voit l’état de rupture des relations et de la confiance entre les citoyens et les élus, et avec les agents dans une moindre mesure. Le taux d’abstention, le rejet des citoyens pour tout ce qui a une coloration politique, plaide pour sortir du statu quo. On ne peut plus rester comme ça, comme on l’a fait pendant des décennies. Ce dont on parle — la participation, la transparence — ce concept d’open gov qui aurait 10 ans, en réalité il est inscrit dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen depuis 1789 : le droit à la participation, l’obligation pour un agent public de rendre compte de son administration. Aujourd’hui on a des populations qui sont matures, avec des niveaux d’éducation qui sont extrêmement élevés — 85% de bacheliers dans les classes d’âge aujourd’hui contre moins de 10% en 1958, date d’entrée en vigueur de la Constitution actuelle. Aujourd’hui les citoyens attendent ça, ils attendent véritablement qu’on leur rende des comptes et d’être impliqués dans l’élaboration des décisions. Ils ne veulent pas être des consommateurs passifs des politiques publiques. »

 

Article paru dans le n°232 de la Tribune Fonda (décembre 2016), licence cc-by-nc-nd.

Une enquête d’opinion sur « le citoyen et la décision publique » réalisée en 2014 a permis de révéler en particulier que près de 90% des personnes interrogées souhaitaient que les textes de loi soient systématiquement mis en ligne, à l’état de projet, afin de recueillir l’avis des citoyens en amont du processus. Que neuf Français sur dix disent vouloir, de près ou de loin, participer à l’élaboration de la loi, est sans doute une preuve de la frustration très importante qui secoue aujourd’hui la population sur le sujet. Si les citoyens votent de moins en moins, ce taux laisse néanmoins imaginer que les gens sont bien loin de se désintéresser de la politique. Pour autant, la crise de confiance s’est transformée petit à petit en crise démocratique. Et pour expliquer celle-ci, le système tout entier est parti à la recherche de coupables et de solutions simplistes.

Défiance citoyenne et représentativité en berne

D’un côté, les élus, les élites, les médias vont stigmatiser des catégories entières de personnes au prétexte que quelques-uns « profitent » régulièrement des avantages fournis par la société et ses biens communs : les patrons, les chômeurs, les étrangers, les fonctionnaires, les banquiers ou les enseignants, c’est selon… voire les abstentionnistes. D’un autre côté, un grand nombre de citoyens vont, eux aussi, stigmatiser le « système » en dénonçant le fait que leur “représentant” ne les représentent plus vraiment, surtout une fois retirés le score de son opposition et celui de l’abstention. Sans parler d’un vote de rejet et de défiance vis-à-vis du « système », faisant le jeu des chimères aussi irréalistes que démagogiques. Même parmi les jeunes entrepreneurs brillants qui foisonnent dans le milieu du numérique, on trouvera plein de « solutions » proposant d’uberiser la politique, c’est-à-dire un nouveau système où le citoyen-magicien détiendra bientôt les réponses à toutes les questions.

Générer de l’intelligence collective

Le système est imparfait ? Pourquoi ne pas le transformer de l’intérieur, pourquoi ne pas le hacker ? Trouver des solutions permettant aux uns et aux autres de travailler ensemble ! Apportons des réponses inclusives, et non exclusives, du consensus plutôt que des dissensions, pour générer de l’intelligence collective et améliorer le système. Nous avons devant nous deux extraordinaires opportunités pour agir sur la loi.

Ces opportunités, paradoxalement, ce sont deux carences dans le mode de fonctionnement actuel du système. Il s’agit de l’absence de transparence et de l’absence de culture numérique.

L’absence généralisée de transparence

Les textes de loi sont rédigés de telle sorte qu’ils sont impénétrables pour le commun des citoyens. Ensuite, le lobbying, dans lequel les représentants des intérêts économiques s’investissent beaucoup, se fait souvent de manière opaque. Or, la transparence est une valeur cardinale de la démocratie ouverte où chacun peut mieux comprendre les arbitrages réalisés par le législateur ainsi que le poids des différents avis dans certaines prises de décision.

L’absence de culture numérique

La quasi absence de culture numérique chez les décideurs politiques est également une lacune à laquelle peut être apportée une solution. Le numérique est regardé, au mieux, comme un outil de communication. Rares sont ceux qui ont perçu à quel point Internet a permis de nouvelles formes d’expression en ligne, de mobilisation. Or, pour réaliser ce virage inclusif où la transparence et la co-construction seraient la norme, et non l’exception, le numérique nous offre des moyens sans précédent.

En résumé, il s’agit de donner la parole à tout le monde de manière transparente sur une plateforme numérique accessible à tous, seul moyen de redonner confiance au citoyen dans ses institutions et ses parlementaires, en incluant la volonté politique des parlementaires d’utiliser cette plateforme. Il serait ainsi possible d’instituer un débat public permanent dans lequel les citoyens, les administrations, les syndicats, les entreprises et la société civile.

Parlement et Citoyens : co-construire la loi

Ce rêve d’une démocratie ouverte existe au travers d’une plateforme numérique permettant aux députés, aux sénateurs et aux citoyens de co-construire la loi. C’est « Parlement et Citoyens« , une plateforme basée sur les valeurs de la démocratie ouverte : transparence, co-décision et co-construction en vue de réconcilier les citoyens, les politiques et la politique en général.

Les consultations organisées sur Parlement et Citoyens (P&C) visent à chercher collectivement les causes et les solutions à un problème donné. Au lancement de la consultation, chaque parlementaire expose le problème qu’il souhaite résoudre, les causes qu’il considère être à l’origine du problème et les solutions qu’il propose. Chaque citoyen inscrit peut participer pendant trente jours, de plusieurs façons : il peut voter sur les propositions, publier des arguments pour expliquer ses votes, voter pour des arguments ou bien encore proposer de nouvelles causes et solutions.

Une fois la phase de consultation terminée, une synthèse est réalisée par l’équipe de P&C. Elle prend la forme d’une cartographie d’arguments qui présente, pour chaque proposition, les différentes familles d’arguments développés. Nous lisons et classons chaque argument publié dans une catégorie existante. Ce type de synthèse présente plusieurs avantages : il donne une vue concise et globale de toutes les contributions publiées ; il assure une traçabilité entre la matière brute, c’est-à-dire les arguments, et leur classement ; enfin, il évite la surreprésentation des arguments majoritaires en prenant en compte toutes les catégories d’argumentation.

Le débat porte sur les points de désaccord sur les causes et les solutions publiées sur la plateforme et mis en exergue dans la synthèse. Ce débat implique le parlementaire et des citoyens qui ont participé à la consultation : trois citoyens dont les contributions ont reçu le plus d’avis favorables, trois citoyens tirés au sort sur candidature, et enfin deux citoyens qui sont choisis par l’équipe de P&C pour équilibrer le panel initial. Le débat se déroule comme une visioconférence sur Internet afin de permettre à tous les contributeurs de réagir et de poser des questions au même moment sur les réseaux sociaux.

La proposition de loi

Enfin vient une phase extrêmement importante où le parlementaire rédige et dépose une proposition de loi à l’Assemblée nationale ou au Sénat en incluant les différents arbitrages. Cruciale, cette étape permet de diminuer autant que possible une éventuelle déception ou frustration. A l’origine, P&C est un concept pour lequel une poignée de parlementaires représentant tout l’échiquier politique a voulu jouer le jeu de l’expérimentation. Aujourd’hui, la communauté de parlementaires est passée à deux douzaines.

Pour la première fois en France, une loi a été co-rédigée entièrement avec les citoyens : il s’agit de la loi sur l’interdiction des pesticides à usage non-agricole.

Toute l’équipe de Cap Collectif était très présente durant le 4e Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP) qui s’est tenu à Paris du 7 au 9 décembre 2016.

Tout au long de l’évènement, nos développeurs ont participé au hackathon de la boîte à outils OGP (« OGPtoolbox ») : avec Open Data Analysis on Live Consultation, nous avons travaillé en compagnie de OpenDataSoft à imaginer la documentation d’une norme de données permettant la mise en place d’une API publique pour toutes les plateformes de consultation en ligne. Cette documentation permettrait à terme d’établir une interopérabilité entre toutes les plateformes de consultation en ligne qui souhaiteront utiliser cette norme. Pour nous, c’est clairement l’occasion de faire progresser — notamment — Parlement & Citoyens en imaginant un dispositif ouvert permettant la récolte et la réutilisation libre des données des consultations qui y sont menées, comme celle sur la généralisation des consultations initiée par les députés Patrice Martin-Lalande et Luc Belot.

Dans ce cadre, nous avons d’ailleurs annoncé au terme de la manifestation le lancement de la plateforme Gouvernement & Citoyens, qui donne la possibilité au Gouvernement et à ses administrations de créer gratuitement des consultations en ligne pour résoudre des problèmes de société avec les citoyens. Actuellement sur cette plateforme se trouvent les 11 consultations opérées par Cap Collectif avec le Gouvernement, les administrations ou les commissions indépendantes, dont « La stratégie internationale de la France pour le numérique » (Ministère des Affaires étrangères et du développement international, en cours), « Fichier TES, le débat » (Conseil national du numérique), « Imaginons ensemble le musée de demain » (Ministère de la Culture et de la communication).

Nous avons animé également un atelier : « Co-construire les lois : un défi immense à la portée de tous ? » avec les parlementaires Joël Labbé et Patrice Martin-Lalande. Tous deux sont membres de la communauté Parlement & Citoyens et ont exposé leur expérience, expertise et réflexions sur la question de l’inclusion citoyenne dans le processus de l’écriture de la loi.

Plus tard dans la journée, nous avons eu le plaisir d’animer un atelier de réflexion, Civic Tech for Learning, proposé par le Centre de Recherche Interdisciplinaire (CRI), que nous remercions pour leur invitation. Nous y avons débattu de la génération d’intelligence collective dans les collèges et les lycées. Ceci nous a permis de mettre en discussion la thématique de l’éducation et de la prise de décisions dans le cadre de l’école, qui est un sujet en réflexion depuis plusieurs mois chez Cap Collectif et un axe de développement défini pour 2017. Nous avons eu le plaisir d’échanger à cette occasion avec Hal Plotkin, ancien conseiller auprès du département de l’Éducation des États-Unis et actuel Senior Open Policy Fellow chez Creative Commons USA, ainsi qu’avec Anat Merut et Marie-Laure Fino de EdTechMaster.

« On est plus intelligents quand on est à plusieurs » — Axelle Lemaire

Le sommet OGP a été également l’occasion de rencontrer deux fois la secrétaire d’Etat au numérique.

Dans un premier temps, nous avons eu le plaisir de prendre part à la table ronde organisée par la plateforme média collaborative « Place To DO » : CivicTech : révolution ou gadget ?, à laquelle étaient également conviés Loïc Blondiaux, professeur de science politique à la Sorbonne, et Jérémie Paret, fondateur de l’application Stig.

Dans un second temps, nous avons été conviés à « pitcher » pour l’évènement Jeudigital dans le grand hémicycle du CESE, pour y présenter Cap Collectif. Nous avons eu l’opportunité de présenter la jeune (juillet 2014) start-up parisienne devant des représentants des administrations, des experts et des investisseurs du monde entier, et d’exposer notre histoire, notre vision et notre méthodologie.

Le Sommet OGP s’est terminé pour Cap Collectif avec une invitation de Catherine Morin-Desailly à intervenir au Sénat au cours du colloque Agora numérique, pour un Sénat Ouvert (18:07:05). Occasion pour nous de défendre la validité du modèle de Parlement & Citoyens et de la méthodologie que nous déployons à travers les plateformes de consultation en ligne, et de répondre notamment aux doutes émis par Lawrence Lessig concernant l’emprise des lobbies sur toute forme de prise de décision publique.

Médias

Logo de Parlement & Citoyens

Fin octobre nous nous sommes rendus à Ljubljana, capitale de la Slovénie, pour une session de travail et une conférence internationale avec les partenaires du projet européen EUCROWD, pour lequel nous avons été sollicités afin de présenter Parlement & Citoyens, plateforme de participation citoyenne à la co-construction de la loi.

Présentation de Parlement & Citoyens à Ljubljana

Ce rendez-vous était le premier du projet “European Citizens Crowdsourcing” (co-financé par le programme “Europe for Citizens”) qui a débuté cet automne et durera jusqu’au printemps 2018. Ce projet a pour mission de sensibiliser les pouvoirs publics européens des opportunités d’utiliser des “canaux innovants de participation en ligne” et de développer des compétences pour la mise en place d’outils de crowdsourcing améliorant le débat démocratique dans les pays de l’Union.

C’est au titre du projet “Parlement & Citoyens” (P&C) que nous avons été invités à participer à cette réflexion très positive de la Commission européenne. De part sa nature même, P&C est sans doute le projet le plus abouti en Europe sur la question du “crowdsourcing démocratique”. En ligne depuis bientôt 4 ans, développé par la même équipe qui a fondé… Cap Collectif et Démocratie Ouverte, P&C a déjà permis à des milliers de citoyens de participer à l’élaboration de la loi, avec notamment celle sur l’interdiction des pesticides non-agricoles, dite “Loi Labbé”, qui a été votée au Parlement et promulguée après la collaboration de plusieurs centaines de contributeurs.

La conférence nous a permis de présenter en détail la plateforme P&C à une audience internationale, ainsi que les éléments de réflexion que nous tirons d’une expérimentation en ligne depuis février 2013. Nous avons eu le plaisir de constater que des initiatives – plus ou moins abouties mais allant toutes dans le bon sens – sont en cours de développement à travers toute l’Europe, notamment en Lettonie avec la plateforme ManaBalss ou avec le projet grec DemocracIT.

Le principe du projet EUCROWD est justement de mettre en place autour de la participation citoyenne une série de conférences sur le sujet du crowdsourcing dans l’ensemble des pays partenaires, en sus d’ateliers d’échange de bonnes pratiques auxquels nous sommes évidemment très fiers de participer.

L'équipe de partenaires du projet EUCROWD

Calendrier du projet EUCROWD et partenaires organisateurs :

Ljubljana, Slovénie Inštitut za elektronsko participacijo Octobre 2016
Londres, G.-B. The Democratic Society Février 2017
Amsterdam, Pays-Bas Stichting Netwerk Democratie Mars 2017
Paris, France Démocratie Ouverte / Cap Collectif Avril 2017
Athènes, Grèce Science For You Mai 2017
Helsinki, Finlande Open Ministry Septembre 2017
Riga, Lettonie ManaBalss.lv Novembre 2017
Bruxelles, Belgique European Citizen Action Service Février 2018

La Joyeuse Conférence que nous allons organiser à Paris juste avant le 1er tour de la présidentielle sera pour nous une occasion de poursuivre le déploiement du projet Parlement & Citoyens, avec, au programme, un passage à l’échelle imminent sur lequel nous aurons rapidement l’occasion de revenir.

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