Dans le cadre de son groupe de travail Démocratie Numérique présidée par Cécile Untermaier, l’Assemblée nationale a organisé le 17 avril une table ronde sur « la dimension participative dans l’élaboration et le vote du budget ». Elle a invité à s’exprimer notamment Sylvie Baste-Deshayes, cheffe du service démocratie participative de la Ville de Montreuil, et Stéphane Lenfant, chef de projet Démocratie locale de la Ville de Rennes (que nous avions déjà interrogé en mars dernier).

Montreuil et Rennes ayant choisi une plateforme Cap Collectif pour le volet numérique de leur budget participatif, nous nous sommes intéressés à leur témoignage auprès de ce groupe de travail en reproduisant leur audition, que nous proposons ici sous la forme d’un verbatim.

Sylvie Baste-Deshayes

[Verbatim] Il y a une trame de budget participatif et l’enjeu c’est d’adapter cette trame au contexte dans lequel on le déploie. En ce qui concerne Montreuil : quatrième ville d’Île-de-France par le nombre de ses habitants, une ville dynamique culturellement et économiquement, une ville marquée par sa diversité, une ville de contrastes.

Cette diversité se retrouve dans les engagements citoyens : c’est une ville où on aime le débat, les engagements sont multiformes et sur la base de cette force citoyenne, de cette participation citoyenne déjà active à Montreuil, il a été possible de lancer rapidement en 2015 un budget participatif. Le maire, Patrick Bessac, et Tania Assouline, l’élue à la démocratie locale, ont souhaité que soit lancé en 2015 et réalisé en 2015 — donc très rapidement — ce budget participatif. Il est inscrit dans la charte de la démocratie locale comme outil concret permettant de mettre en oeuvre la participation citoyenne.

Ce budget participatif a été un véritable exercice collaboratif. Dans la première édition, en 2015, et aujourd’hui dans la deuxième édition que nous sommes en train de développer, il a été présenté comme un outil de partage de la décision, 5% du budget d’investissement a été alloué à ce budget participatif — soit 2,5 millions d’euros pour des projets « quartier » et 500 000 euros aujourd’hui pour des projets « ville ».

La première édition a donné des résultats satisfaisants : 287 projets ont été déposés, 129 soumis au vote et 35 projets élus.

Ce budget participatif a aussi été présenté comme un levier pour accompagner la vitalité citoyenne, diffuser une culture de la participation par une mise en pratique vraiment structurante, améliorer la confiance entre les citoyens, les administrés, les élus et les techniciens, encourager l’appropriation de la citoyenneté de plusieurs façons, faire émerger des projets innovants pour la ville.

Tous les Montreuillois peuvent déposer sans conditions de nationalité — il y a quelques conditions d’âge qui sont posées pour les enfants — et les instances participatives ou les collectifs informels peuvent participer. Ce sont des projets qui concernent le cadre de vie, qui doivent respecter la légalité et entrer dans les compétences de la ville et répondre à l’intérêt général bien sûr.

Il y a une partie importante que nous avons mise dans le règlement du budget participatif, c’est la limite en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement. Pour nous c’est un véritable problème : il ne faut pas que les projets génèrent énormément de dépenses de fonctionnement que nous ne pourrions pas assumer. Donc on l’a mis dans le règlement et on essaie de faire en sorte que ce soit respecté.

Un budget participatif ce sont des phases : la collecte, jusqu’au vote des projets, et entre les deux des instructions. Nous avons ajouté beaucoup de phases pour pouvoir aller au contact des habitants. A Montreuil nous avons des populations en difficulté et nous avions à coeur de faire participer, vraiment, tous les Montreuillois. Une plateforme numérique est un bon outil pour le faire, notamment en direction des jeunes, mais elle peut laisser de côté la participation des personnes qui ne sont pas à l’aise avec l’outil. Donc nous avons démultiplié les réunions sur le terrain, pour accompagner les porteurs de projets, pour restituer les instructions — ça nous paraissait très important de pouvoir revenir vers les habitants, expliquer de manière pédagogique comment avaient été traités les projets.

Cet outil nous sert aussi d’outil collaboratif en interne, et c’est très important, on a besoin d’avancer rapidement, de manière très suivie.

Cette première édition que nous avons menée a posé très vite la question de l’évaluation. On voyait poindre à l’horizon la deuxième édition, les difficultés organisationnelles auxquelles on a été confronté, nous ont poussé à évaluer très rapidement. Cette évaluation a été menée de manière participative, comme tous nos processus où on associe un comité de suivi habitants, et ça nous a permis de poser très clairement les conditions de réussite ou non de la deuxième édition du budget participatif. Pour nous ça a été un repère important, ce contexte de culture de la participation nous a aidé à avancer rapidement, parce que des expériences avaient été menées à Montreuil.

  • avoir une commande claire
  • avoir un portage fort
  • avoir une communication d’envergure
  • avoir une gouvernance solide avec une possibilité de souplesse
  • avoir une ingénierie de projet qui n’oublie pas la réalisation des projets
  • continuer d’associer les habitants y compris quand on pense qu’on va réaliser
  • avoir une transmission des compétences avec les habitants, un dialogue permanent
  • se doter d’outils juridiques et administratifs pour pouvoir réaliser les projets

Le budget participatif a représenté pour nous une réelle mise en oeuvre des orientations qui facilitent la co-construction des décisions. Il a fallu sans cesse être dans une posture d’évaluation, de gestion des risques — et on l’est encore actuellement — et cette posture a pu être nourrie par des échanges comme ceux d’aujourd’hui, à tel point que nous organisons à la suite de Rennes [lire notre actualité] les 3e Rencontres nationales du budget participatif les 8 et 9 novembre 2018.

Stéphane Lenfant

[Verbatim] Rennes a une pratique très ancienne en matière de participation, puisque dès les années 80 on avait des conseils de quartiers. En 2014, une charte de la démocratie locale a été adoptée, qui prévoyait déjà ce budget participatif. A Rennes, c’est 5% du budget d’investissement, ça correspond à 3,5 millions d’euros.

L’idée c’est que les habitants, les associations, les collectifs puissent déposer des idées sur des thématiques très larges — aménagement des espaces publics, mobilité et environnement reviennent le plus souvent.

Ça se passe assez simplement : les gens déposent les projets sur une plateforme numérique — la première année il y a eu 992 projets qui ont été déposés. Ces projets sont analysés sommairement par les services et évalués financièrement. Ensuite les comités consultatifs, les conseils de quartier ont l’occasion de s’exprimer à travers la Fabrique Citoyenne, qui est notre plateforme numérique, pour donner des avis, des commentaires et faire des propositions. Un comité de suivi, qui est composé majoritairement d’habitants, se tient en présence d’élus et décide de la liste des projets qui seront soumis au vote. Il suffit juste que ce soit de l’investissement, dans les compétences de la ville, et que ça ne dépasse pas un plafond qu’on avait fixé à 500 000 euros la première année (repassé à 400 000 euros la deuxième année).

Très concrètement, on a des projets très variés : des projets d’aménagement de proximité, des jardins partagés, des bibliothèques de rue, des bandes cyclables ou d’autres éléments assez disparates. Ou bien des grands projets, structurants, comme un projet innovant de jardin flottant sur la Villaine, qui est le fleuve qui traverse la ville.

La gouvernance de ce projet est partagée depuis le début. On a un portage politique fort, on a un comité de suivi ouvert avec des représentants d’habitants qui ont voix au chapitre, un réseau référent dans les services techniques — très important parce qu’il faut donner du sens à la participation : il ne faut pas, avec l’expertise d’usage, remettre en cause l’expertise technique des habitants ni le bien-fondé de la parole des élus et en même temps avoir un comité technique en interne.

Ce qu’on a constaté, depuis la première saison lancée en 2015, c’est une adhésion des Rennais au dispositif : de 7 000 votants la première année à 16 300 votants la 3e année, avec des projets dont la quantité a diminué mais on a vu des citoyens s’approprier le budget participatif et avoir des projets beaucoup plus élaborés. De sorte qu’aujourd’hui il y a encore près de 150 projets en cours de réflexion ou qui ont déjà été livrés.

L’engouement des habitants est clair. On a constaté que ça dynamisait la citoyenneté puisqu’en déléguant une partie de la prérogative des élus, on a vu des habitants qui se saisissaient de la démarche, et qui sont en capacité de porter le budget participatif, de l’expliquer, de faire campagne pour leur projet. Ils utilisent tous les moyens à leur disposition : des réseaux sociaux, des moyens de communication traditionnels, de la présence sur le terrain.

Il y a aussi un besoin de communiquer régulièrement : à partir du moment où vous jouez la transparence sur un budget, il faut communiquer régulièrement sur l’avancée des travaux. Ça  n’est pas forcément évident, on n’a pas forcément cette culture à tous les niveaux.

Dans les évolutions, ce qui nous a marqué c’est le fait qu’il y ait quand même un décrochement de la part des gens qui subissent la fracture numérique. On va continuer à soutenir notre attention vers les territoires les plus fragiles et les plus éloignés — on a mis en place des moyens notamment humains pour les accompagner avec des services civiques. Et on a développé le vote papier. Ça peut paraître étonnant dans une démarche où on a prôné le numérique d’abord, mais on voit bien qu’on a un besoin de palier cette difficulté qu’un certain nombre de Français peuvent avoir à l’égard du numérique. Et bien sûr on va renforcer la communication régulière sur les projets.

En résumé c’est une démarche très positive qui a réveillé des citoyens qui ne s’intéressaient plus aux affaires locales.

 

Nous avons assisté ce jeudi à une joute relativement inspirante à Sciences Po, dans le cadre de la Nuit des Idées. La célèbre école y a organisé une conférence-débat sur le thème de “l’imagination au pouvoir” aux fragrances soixante-huitardes, en regroupant notamment le politologue Pascal Perrineau, le sociologue Dominique Cardon et le philosophe Frédéric Gros.

Parfois (trop ?) planants dans les limbes de l’imaginaire, parfois (pas assez ?) mordants pour les coulisses du pouvoir, ces échanges ont toutefois su retenir l’attention d’un public acquis à la cause de cette réminiscence vague et moderne du café philo pré-révolutionnaire.

Dark side

Pragmatique, le Politologue rappelle que les utopies collectives des cinquante dernières années possèdent un “côté d’ombre” autant qu’un “côté solaire” et ne doivent pas être considérées comme uniquement “sympathiques, chaleureuses et innovantes”. Il évoque Eichmann et son “utopie” de l’Übermensch, il évoque le communisme, entre espoir (mai 68) et désillusion (Soljenitsyne), il évoque le transhumanisme, l’homme augmenté, et “la part d’ombre des utopies technicistes : l’homme immortel” — une “horreur”.

“L’imagination peut être productrice d’horreur” — Pascal Perrineau

Mais surtout, il s’évertue à démontrer que l’imagination, chariant et suscitant ses espoirs à bout de bras, a tendance à se flétrir lorsqu’elle parvient au pouvoir. Faute à la réalité, qui ne laisse plus guère de place à l’idéalisme ; faute aux attentes magnifiques et trompeuses qu’elle engendre à sa simple évocation. L’imagination serait en France aujourd’hui fantasmée “au service d’une politique généreuse” alors qu’elle ne déclenche pas moins que “l’utopie saint-simonienne qu’est la technocratie”.

Marmite de LSD

Le Sociologue n’en dit pas moins. Bien qu’internet soit “né avec mai 68”, avec des gens qui avaient “un pied dans le militaire et un pied dans la marmite de LSD”, il ajoute — acide — que l’âge de la créativité est bien derrière nous et parle de “rationalisation froide et idiote”, de “normativité peu créative de Facebook ou Instagram” pour décrire notre époque. Pas complètement pessimiste, il admet toutefois que des signaux, des traces de l’utopie originelle sont perceptibles. Notamment une forme de “contre-culture des origines” que porte la civic tech, où “on peut innover”.

“La civic tech peut proposer des déplacements dans les politiques publiques” — Dominique Cardon

Mais le Sociologue pointe aussi “le paradoxe” des “promesses de transformation de l’humanité” qui sont aujourd’hui projetées, non plus par des libertaires — qui, à l’instar de ceux de cette “contre-culture des origines”, se pos(ai)ent idéologiquement en négation de l’autorité, qui lutt(ai)ent contre la propriété, qui sont (étaient) philosophiquement et souvent pratiquement des “pirates” — mais par des “nouveaux technologues libertariens” qui défendent une société qui protège les individus, leur liberté et leurs droits… de propriété.

Troisième voie

Le Philosophe déroule une théorie aérienne pour envisager l’imagination au pouvoir. Puisant dans Rousseau, Bergson et Platon, il propose de dépasser l’opposition traditionnelle de la morale de “devoir” avec la morale du “coeur” en dessinant “une troisième voie” grâce à une morale de l’imagination, nourrie d’Histoire, de ses modèles et de ses héros. Estimant que l’imagination partage avec la désobéissance la nécessité d’être portée par le courage, avançant que la morale engendre la honte nietschéenne “rageuse et colérique” — #BalanceTonPorc —, qui véhicule le “sentiment révolutionnaire” marxien, il mise sur son syllogisme morale-honte-révolution.

“Le plus affreux avec Google, c’est que vous trouvez ce que vous recherchez alors que le propre de la rencontre c’est de trouver ce que vous ne cherchez pas.” — Frédéric Gros

Citant Deleuze — “il n’y a jamais de création artistique qui ne provienne de la honte” — le Philosophe rêve d’une prise de pouvoir de l’intelligence. D’un monde où nous n’accepterions pas ses injustices, où la honte ne serait pas culpabilité mais une “décharge électrique portée par l’imagination”.

Un monde, en somme, où l’imagination serait “altruiste, contagieuse et communicative”.

Bienvenue en 2018 !

Cyril a été invité par l’UGAP pour intervenir à Radio Village Innovation durant le Salon des Maires, sur la thématique : « la civic tech, l’innovation au bénéfice de la participation citoyenne ». Il a pu y échanger avec Amélie Banzet (Etalab), Anne-Gaël Chiche (ville de Nanterre) et Tatiana de Feraudy (Iddri).

Capco était présent au Salon des Maires 2017 sur le stand de la Caisse des Dépôts et a pu y expliquer son offre et sa méthode aux nombreuses collectivités présentes durant ces trois jours.

L’union des groupements d’achat public (UGAP) est la centrale d’achat publique française. Cap Collectif est désormais référencé dans son catalogue et permet ainsi de répondre simplement aux besoins de plateforme collaborative.

 

Nous avons été invités lundi 25 septembre à participer à l’animation de la soirée d’ouverture de l’évènement France Digitale Day 2017. La soirée a été l’occasion pour France Digitale et La French Tech (qui nous avaient gentiment invités) de célébrer les lauréats du Pass French Tech 2017, un beau cortège de gens bien habillés et parlant magnifiquement l’anglais.

Notre mission du soir : « disrupter« . Autant dire que dans la cour pavée de Matignon, sous le regard gravé de notre Constitution, ce fut un honneur de nous prêter à ce jeu excitant.

Premières mesures

L’objectif que nous nous étions fixé, c’était celui de faire participer l’ensemble des personnalités présentes pour cette soirée d’ouverture à un exercice que nous adorons : susciter l’intelligence collective sur un sujet donné. De la co-construction du projet de loi République Numérique en 2015 jusqu’aux Etats généraux de l’Alimentation cette année, nous avons permis la participation de plus de 300 000 citoyens à toutes sortes de projets du genre 🙂

Le cas d’école en mode détendu que nous avons donc proposé à cette communauté massive de décideurs connectés : « Vos premiers pas à Matignon, vos premiers mesures ». Les mesures d’importance, celles qui font rentrer dans l’Histoire de France, celles qui changent la grande partition, pas celles à deux francs six sous.

#PassionDisruption

Pour afficher ces propositions, nous avons opté pour le choix tranché du tableau blanc et des petits papiers colorés repositionnables ainsi que du regard implacable de notre licorne fétiche. Alors oui, des sourcils se sont levés : pourquoi une start-up du « digital » utilise des méthodes à papa pour consulter les gens ?

L’exceptionnelle vidéo dont est tirée cette image est visible sur Linkedin.

La réponse est contenue dans la question : parce que Cap Collectif n’est pas une « civic tech » obsédée par ses outils. Nous mettons à disposition une plateforme d’intelligence collective au service d’une méthodologie de co-construction de la décision, pour éclairer ceux qui partagent notre vision d’une société fondée sur la participation citoyenne et la transparence des processus décisionnels.

Développer une plateforme numérique n’implique pas que nous soyons des technomaniaques : comme l’a récemment rappelé Clément Mabi, maître de conférence en Science de l’Information et de la Communication à l’Université de Technologie de Compiègne, « l’outil technologique est mis au service d’un projet politique mais ne constitue pas en soi un projet politique » ou encore, comme il nous l’a lui-même précisé :

« La dimension politique d’une techno, c’est la rencontre entre les propriétés de l’outil et le projet des acteurs. »

Autant dire que la méthodologie que nous proposons veut profiter de toutes les vertus du numérique, comme l’accès à un public plus diversifié, plus facile à « engager », d’une capacité de mobilisation incomparable — tant en qualité qu’en quantité — mais aussi des pièges du numérique, comme celui de ne pas pouvoir donner la parole à ceux qui sont coincés dans la fameuse « fracture ». Mais surtout, la méthodologie n’est pas contrainte par l’outil. Jamais. Donc on a décidé de chauffer les post-it sur le perron de Matignon.

La touche Mounir

Partant de là, nous avons fait défiler plein de gens sympas et éclairants en les contraignant à un mode opératoire identique pour tous : écrire sa mesure, puis la positionner sur l’un des deux tableaux.

Le premier tableau permettait de positionner sa proposition soi-même dans un graphique simple à deux axes énigmatiques, rélevant l' »impact » ou le « bullshit » de la mesure. Evidemment l’impact rencontra davantage de succès, mais c’est sans compter sur la règle impitoyable, donnant l’opportunité à n’importe quel autre participant de déplacer les post-it selon son expertise du sujet. Le second tableau était réservé aux timides ou aux prudents : on préférait y laisser en vrac les propositions, attendant des autres de déplacer eux-mêmes le petit papier sur le premier tableau.

Un secrétaire d’Etat très impliqué dans la participation au jeu disruptif

Nous avons eu la chance notamment de discuter avec le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, qui avait en tête un grand nombre de mesures à fort impact. Il en a laissé une, « cruciale », qui lui tenait particulièrement à coeur : « Accompagner les PME dans leur transformation numérique ».

La chasse au bullshit

Au final, tous les participants ont largement joué le jeu, tant pour faire des propositions que pour déplacer celles des autres. Ainsi, côté « bullshit », des mesures telles que « 20 cl », « nommer un Chief Happiness Officer pour la France », « hausse des APL de 5,01 € », « du fuel pour tous », « suppression de l’ISF », « supprimer la priorité à droite » ont trouvé assez rapidement leur refuge. Côté « impact », les post-it qui ont évolué vers ce centre de gravité proposaient en vrac de : « renforcer l’accès des start-ups à la commande publique », « utiliser les méthodes pédagogiques innovantes dès la maternelle et le primaire », « passer les congés paternité à 16 semaines pour rééquilibrer les inégalités H/F sur le marché du travail », « THD dans les territoires ruraux », »une plateforme unique de consultation des citoyens ».

Au milieu de tout ça, livrées in extenso en mode open data : « sécuriser les plateformes mobilisant des indépendants », « redéfinir et harmoniser les dispositifs d’incitation à l’innovation », « mobiliser l’épargne longue au service de l’économie collaborative entre particuliers », « orienter les jeunes sur des formations où IA ne viendra disrupter », « digitalisation des procédures d’appel d’offre », « acculturer les élites politiques et administratives au monde numérique », « remplacer l’ISF par une taxe sur le patrimoine non productif », « faire de la régulation européenne un atout pour les écosystèmes d’innovation européens », « lutter contre le chômage négatif », « associer les contributeurs non salariés au capital des plateformes », « créer un bac N comme numérique », « favoriser l’actionnariat salarié », « faire du capital investissement français une destination pour les capitaux internationaux », « rendre le CDI illégal », « montant du RSA et SMIC déterminé individuellement par le bénéficiaire », « budget French Tech x10 ou x100 », « Paris piéton le reste aussi », « prise en charge de la téléconsultation », « un nouveau pacte pour la construction écologique », « faire de la France une championne de l’économie collaborative entre particuliers », « simplifier drastiquement les fiches de paie et le contrat de travail », « repenser le système éducatif lutter contre l’échec scolaire », « ressusciter le Compte Entrepreneur Investisseur », « repenser la formation professionnelle pour les nouveaux métiers », « aplatir les hiérarchies politiques et économiques », « débloquer à date fixe automatiquement le CIR pour les entreprises Pass French Tech », « pas de charges sociales les 6 premiers mois d’une nouvelle embauche », « mobiliser l’épargne longue au service de la transformation économique », « l’invention doit être détachée des outils qui ont permis cette invention », « réduire fiscalité des plus-value Investissement à la sortie supprimer avantage fiscaux à l’entrée », « SMIC départemental », « fusion Assemblée et Sénat ».

Une farandole de propositions

Le choix dans la date

Reste à évaluer ces mesures et à les inscrire (ou pas) à l’agenda. Nous avons ressenti une excitation non feinte de l’ensemble des participants à notre consultation en plein air. Une attente est née. Toutes ces mesures (une cinquantaine) pourraient faire l’objet d’une consultation gouvernementale ouverte à tous, dans laquelle l’ensemble des contributions recueillies auprès de la société civile durant cette soirée pourraient être confrontées aux arguments et aux votes — voire aux contre-propositions — des citoyens.

Une belle opportunité de régler la question posée : disruption = impact ou bullshit ? 🙂

 

PS : notre licorne Capco a choisi de rester à Matignon, où elle sera « bien traitée ». A bientôt !

La première réunion de notre réseau client #collterr a eu lieu le jeudi 13 juillet dans les locaux de Capco, en présence des villes et métropoles de Montreuil, Grenoble, Rennes et Mulhouse. Petit aperçu (non exhaustif) des échanges qui ont rythmé cette journée.

De nouvelles fonctionnalités programmées

Après un tour des actualités des collectivités présentes, nous avons présenté la feuille de route de l’équipe Produit pour les prochains mois. De nombreuses nouvelles fonctionnalités vont voir le jour d’ici la fin de l’année. Certaines vous ont déjà été annoncées via notre newsletter, la prochaine sera également riche en informations… (comment ça, vous n’êtes pas encore inscrit ?)

La création d’une formation méthodologique

Autre nouveauté présentée en exclu : une formation méthodologique, mise sur pied ces dernières semaines, qu’il est possible de coupler avec l’actuelle formation technique, et qui permet d’appréhender les usages propres à chacune des 6 applications actuellement comprises au sein de la plateforme Capco. Cette formation aura également pour objectif de présenter les différents facteurs-clés de succès d’un processus participatif.

Modalités d’animation du réseau

La réunion de lancement a permis de définir collectivement les objectifs assignés au réseau Capco, à savoir :

→ Partager les bonnes pratiques expérimentées sur les projets participatifs
→ Parler librement des difficultés rencontrées entre praticiens de la participation
→ Échanger sur les évolutions de la plateforme

Chaque semestre, des ateliers pratiques et opérationnels devront permettre aux différentes collectivités de partager leurs expériences et une progression de leurs approches participatives.

Animer son projet participatif

L’atelier de l’après-midi a enfin permis à la Ville de Rennes de présenter sa stratégie d’animation dans le cadre de ses deux premières éditions du budget participatif. La relation avec les services, la question des publics éloignés, l’articulation « numérique » et « présentiel » ont été notamment débattus entre les collectivités présentes.

 

CV

Les députés Patrice Martin-Lalande (LR) et Luc Belot (PS) travaillent depuis plusieurs mois à la rédaction d’une proposition de loi visant à généraliser le principe des consultations citoyennes dans le processus de fabrication de la loi, dans la continuité du projet développé depuis février 2013 par Parlement & Citoyens.

Aujourd’hui, les deux députés ont décidé de soumettre leur projet sur Parlement & Citoyens, conformément à l’esprit de leur démarche et à leurs convictions.

Toute l’équipe de Cap Collectif, qui propulse Parlement & Citoyens, se réjouit naturellement de cette initiative, que nous entendons comme la réponse à plusieurs années de lobbying citoyen en faveur d’une démocratie plus ouverte, portée par davantage de transparence, de participation et de collaboration des citoyens aux décisions publiques.

Mardi 5 juillet, Cap Collectif fêtait son 2e anniversaire avec toute son équipe, celle de JoliCode et de Digital Ping Pong avec lesquels nous partageons nos locaux avenue Parmentier à Paris.

A cette occasion, nous nous sommes livrés à une rétrospective de nos réalisations depuis le lancement de Parlement & Citoyens en février 2013. Et que de chemin parcouru ! En à peine 2 ans, alors que peu de gens misaient sur la réussite de cette expérimentation, nous sommes parvenus à faire avancer le sujet de la participation citoyenne à un niveau jamais atteint jusqu’à lors dans notre pays. Le premier signal est d’abord venu d’une grande entreprise qui a souhaité utiliser notre plateforme pour associer ses salariés à la construction d’un plan stratégique. Plutôt inattendue, cette demande a été suivie de beaucoup d’autres, dont celles émanant de candidats aux élections municipales de 2014. Puis est venue la consultation sur le numérique réalisée avec le CNNum et le déploiement de la plateforme à Mulhouse. Les choses se sont ensuite enchainées jusqu’à la consultation sur le projet de loi pour une République numérique dont le lancement à Matignon est venu réaliser l’affirmation un brin enthousiaste de Bastien la veille du lancement de Parlement & Citoyens.


La prophétie

« Vous verrez un jour, même Matignon utilisera notre plateforme. »
– Bastien, le 12 février 2013 à 19h, apéro au Comptoir Parmentier


Sur le plan technique aussi, le travail abattu par l’équipe apparait impressionnant. Alors que la première version de Parlement & Citoyens ne proposait qu’un module de consultation, la plateforme de Cap Collectif dispose désormais de 5 applications participatives qui seront prochainement complétées de deux nouvelles applications développées pour répondre aux besoins de clients de plus en plus nombreux et divers.

Et parce qu’un anniversaire sans surprise n’est pas vraiment un anniversaire, nous avions gardé secrète la venue d’Axelle Lemaire au bureau dans le cadre de l’opération « Cabinet ouvert » qui offre l’opportunité à des CivicTech comme la nôtre de la suivre pendant une semaine pour mieux comprendre la façon dont s’exerce la fonction de ministre. Une belle surprise pour tous les membres de l’équipe et un moment très sympa avec une ministre très à l’aise dans des environnements de geek…

Pour la suite, nous espérons que la proposition de loi du député Patrice Martin-Lalande visant à systématiser les consultations sur les projets et propositions de loi ira au bout afin que la voie que nous avons ouverte ne se referme pas après 2017…

Côté Cap Collectif,  nous espérons boucler une première levée de fonds en tout début d’année prochaine pour accroitre notre développement en France, poursuivre l’internationalisation que nous avons démarrée avec quelques projets au Québec et continuer de faire grandir notre équipe. Si vous cherchez un job dans une CivicTech, gardez un oeil sur la page recrutement.

Vendredi dernier j’étais invité à intervenir dans l’émission « La politique c’est net » aux côtés de Jean Massiet le fondateur d’Accropolis, la chaine Youtube qui dépoussière le débat politique.

Cette invitation, qui faisait suite à mon intervention lors du #mardigital a été une nouvelle occasion de présenter Parlement & Citoyens et les différentes activités de Cap Collectif.

Une occasion aussi de lancer une invitation aux Présidents de l’Assemblée et du Sénat à travailler ensemble. A suivre…


Internet au secours de la démocratie – La… par publicsenat