A propos de la panne OVH du 9 novembre 2017

Ce jeudi 9 novembre, entre 7h15 et 11h15, Cap Collectif a été la victime collatérale d’une grave panne survenue chez l’hébergeur français OVH, dont les serveurs abritent l’ensemble des instances de nos clients. Il en a résulté une impossibilité d’accéder à quasiment l’ensemble des plateformes Capco durant cette période.

Cet incident majeur, qui a frappé de très nombreux clients OVH durant près de quatre heures, a été causé notamment par la panne simultanée de deux alimentations EDF et des groupes électrogènes normalement prévus pour parer à la coupure de l’alimentation principale. Les équipes d’OVH ont été entièrement mobilisées sur cet incident, permettant un retour à la normale relativement rapide (explications d’OVH).

Cap Collectif, qui a veillé à contacter ses clients pour les informer de la situation, espère que cette panne n’aura pas causé de désagrément majeur aux utilisateurs de l’ensemble de ces plateformes.

La démocratie prend un coup de jeune à Hazebrouck

Capco a fait le voyage à Hazebrouck (Nord) jeudi dernier pour les deuxièmes Assises de la démocratie participative.

L’intérêt indéniable de ces Assises 2017 — après le succès de la première édition en 2015 — a été le parti-pris de créer une dynamique créative autour de la belle centaine de participants en leur proposant de contribuer à des ateliers de travail dénommés “ruches”. Chacune des 15 ruches a donné l’opportunité à la diversité des participants — techniciens et élus issus de collectivités de la région, habitants, étudiants,  public issu du tissu associatif ou d’entreprises — de s’exprimer et de participer à la création d’un nouvel “outil” qui permette aux citoyens de s’impliquer dans leur ville.

L’exercice d’intelligence collective a été mené avec rigueur et méthodologie et a offert une belle vision d’un projet participatif. Finalement, une douzaine “d’outils” démocratiques ont émergé, tels qu’une généralisation des chartes de participation, des élections sans candidat, un ambassadeur citoyen, une agora mobile… Personne n’est dupe : ce deuxième rendez-vous attendu en appellera un troisième à la condition sine qua non qu’une restitution concrète de ces échanges nourris et qu’une vision soient proposées à la communauté.

Aucun doute avec une équipe aussi motivée 🙂

 


Cap Collectif invité à Bratislava au Forum bilatéral sur la Ville Intelligente

Coline a la chance d’avoir été invitée à intervenir ce 24 octobre 2017 à Bratislava au Forum bilatéral “Ville intelligente, Inteligentné mesto” organisé par le ministère des Affaires européennes slovaque et l’ambassade de France en Slovaquie.

En tout, plus de 150 participants auront l’opportunité d’échanger sur les problématiques rencontrées en France et en Slovaquie et liées au développement de solutions intelligentes et innovantes au service des citoyens, ainsi que développement durable des territoires urbains. Et nous, le citoyen au centre de la smart city, on apprécie beaucoup.

Le maire d’Orléans, Olivier Carré, y tiendra pour sa part une conférence où il ne manquera sans doute pas de partager sa vision de la participation, notamment à travers le budget participatif d’Orléans qui se tient en ce moment même.

“L’Etat-plateforme, un chef d’orchestre qui organise la transversalité”

Dans le cadre des Rencontres des acteurs publics, organisées au Conseil d’État le 9 octobre, Cyril a été interviewé par Bastien Scordia, journaliste pour Acteurs Publics TV. Occasion d’aborder les questions de participation, d’Etat-plateforme et de politiques publiques.

Verbatim

Bastien Scordia — “Vous êtes le président de Cap Collectif et de Parlement & Citoyens. Ces deux structures ont pour ambition de contribuer à l’émergence d’une démocratie basée sur la transparence, la participation et la consultation : ces trois valeurs sont-elles les conditions préalables à la réussite du développement d’un Etat-plateforme ?”

Cyril Lage — “On le pense, mais avant nous c’est le président Obama qui a pensé cette vision de la démocratie puisque lors de son premier mandat, de son entrée à la Maison Blanche, il avait signé un memorendum pour la transparence et le gouvernement ouvert — l’open government pour les Anglo-saxons — qui vise à considérer qu’on doit effectivement transformer les modes de décision et de fonctionnement des démocraties représentatives en mettant au coeur de leur fonctionnement la transparence, la participation et la collaboration. Ce sont les trois piliers qui ont ensuite donné naissance à ce concept d’Etat-plateforme.

BS — “Comment la société civile peut contribuer au développement de cet Etat-plateforme ?”

CL — “Principalement par la place qui va lui être accordée par la puissance publique, que ce soit au niveau national ou au niveau local. Soit — quand on parle de transparence on parle souvent d’open data — à travers la mise à disposition de ces données, c’est-à-dire la façon dont les citoyens peuvent s’en emparer pour mener des analyses voire des projets concrets, qui leur permettent d’avoir une compréhension du fonctionnement des institutions. Egalement à travers le levier de la participation, où on pourra, comme on l’a déjà fait pour de nombreux projets comme le projet de loi République Numérique, associer le citoyen à la fabrique de la loi. Il y a aussi la mécanique des budgets participatifs, où il ne s’agit pas de co-construire une décision mais de proposer des idées qui seront ensuite, par un système de sélection qui peut impliquer le citoyen, aboutir à la réalisation de projets financés par les collectivités locales.”

Les fonctionnaires et les agents ont une place essentielle

BS — “L’idée c’est de co-construire véritablement cet Etat-plateforme ?”

CL — “Oui absolument, et aussi de ne pas considérer que ce n’est qu’un jeu à deux, entre l’élu et les citoyens, puisque les fonctionnaires et les agents ont une place essentielle dans ce dispositif. La notion d’Etat-plateforme tend aussi à considérer qu’on doit casser les silos au sein des organisations et faire en sorte que l’information circule mieux au sein de l’organisation et qu’on développe les collaborations entre les différents services de l’Etat. C’est vraiment un troisième acteur à ne pas oublier.”

BS — “Un changement de paradigme qui est nécessaire sur cet Etat en silo que cite le Conseil d’Etat dans son rapport annuel.”

CL — “Absolument, c’est un changment de paradigme. C’est passer d’une logique dans laquelle l’Etat centralise des moyens pour servir les citoyens à une logique où il deviendrait le chef d’orchestre qui organise la transversalité et recherche à stimuler l’implication des citoyens et l’initiative des agents.”

BS — “L’Etat-plateforme peut-il être une composante essentielle de l’autonomie du citoyen et un accélérateur démocratique ?”

CL — “On ne peut pas avoir un plan de construction de l’Etat-plateforme, c’est quelque chose qui se fait par touches successives et par expérimentations. On peut avoir la perspective d’arriver à ça, mais c’est la multiplicité des expérimentations au niveau national et au niveau local qui peut nous aider à construire cette vision dans laquelle on est — on  parlait de changement de paradigme — dans une conduite du changement. Ce qui veut dire résistance. Donc faire un “switch” d’un système pyramidal et centralisé à un système plus horizontal d’un seul coup paraît peu opérant.

BS — “Une véritable diffusion de culture ?”

CL — “Oui. Plutôt être dans une logique expérimentale, de pouvoir se donner ce droit à l’erreur dans ces nouvelles façons de faire, et essayer de tirer des apprentissages et de casser les résistances en démontrant que ces nouvelles façons de faire génèrent du bénéfice par tout le monde. C’est aussi ça dont il est question : que chacun trouve son compte dans cette transformation.”

Nous allons tenter une expérimentation au niveau des écoles

BS — “La culture c’est aussi une question de formation. Y a-t-il un déficit en la matière ?”

CL — “N’ayant pas une connaissance de la formation des agents, je ne dirais pas forcément qu’il y a un déficit. Ce qu’on sait, culturellement, c’est que notre modèle d’éducation est basé sur l’apprentissage et la restitution de savoirs et pas franchement sur la collaboration. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous allons tenter une expérimentation au niveau des écoles parce qu’on pense, effectivement, qu’il y a matière — dès le début, pas en attendant des années de rentrer dans la fonction publique — dès le départ dans le parcours éducatif, d’avoir des temps collaboratifs dans lesquels on peut amener les enfants à devenir des citoyens demain, à pouvoir confronter leurs connaissances et leurs points de vue à la contradiction de l’autre. C’est comme ça qu’on peut développer cette culture, et pas simplement par des formations qui viendraient à l’issue d’un parcours académique avant de rentrer dans la fonction publique.”

BS — “C’est essentiel maintenant cette co-construction, cette collaboration ?”

CL — “Ça paraît assez indispensable quand on voit l’état de rupture des relations et de la confiance entre les citoyens et les élus, et avec les agents dans une moindre mesure. Le taux d’abstention, le rejet des citoyens pour tout ce qui a une coloration politique, plaide pour sortir du statu quo. On ne peut plus rester comme ça, comme on l’a fait pendant des décennies. Ce dont on parle — la participation, la transparence — ce concept d’open gov qui aurait 10 ans, en réalité il est inscrit dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen depuis 1789 : le droit à la participation, l’obligation pour un agent public de rendre compte de son administration. Aujourd’hui on a des populations qui sont matures, avec des niveaux d’éducation qui sont extrêmement élevés — 85% de bacheliers dans les classes d’âge aujourd’hui contre moins de 10% en 1958, date d’entrée en vigueur de la Constitution actuelle. Aujourd’hui les citoyens attendent ça, ils attendent véritablement qu’on leur rende des comptes et d’être impliqués dans l’élaboration des décisions. Ils ne veulent pas être des consommateurs passifs des politiques publiques.”

 

Cap Collectif invité au Positive Economy Forum

Cyril a eu le grand plaisir d’intervenir lors du Positive Economy Forum en fin de semaine dernière, dans le cadre d’une conférence intitulée “Les Etats Généraux des générations futures. Co-construire un monde positif”, en présence de Jacques Attali, président de Positive Planet, Nouhad Awwad, activiste environnementaliste, Thomas Friang, directeur des Etudes et du Plaidoyer international de Positive Planet et Darío Celaya Alvarez, chef de chancellerie à l’ambassade argentine en France.

Nous avons pu exprimer sa joie de profiter de cette opportunité pour démarrer l’internationalisation de la plateforme Capco grâce à un projet aussi ambitieux, qui veut faire participer les citoyens du monde entier à une vaste réflexion sur les générations futures.

En marge de cette conférence, il a pu également présenter notre motivation à participer à ce projet.

 

Verbatim

Bonjour je suis Cyril Lage, président de Cap Collectif, qui est une « civic tech » — c’est-à-dire une start-up qui utilise le numérique pour moderniser le fonctionnement, notamment, de nos institutions politiques. Cette société, nous l’avons créée en 2014, après une première expérimentation qui s’appelait Parlement & Citoyens, qui visait à expérimenter une méthode de rédaction collaborative de la loi, qui a connu un grand succès et qui a attiré l’attention de beaucoup de décideurs.

On a créé cette start-up à la fois pour assurer la continuité du projet Parlement & Citoyens, qui un projet bénévole, et aussi pour essaimer le concept dans d’autres univers.

Notre motivation à l’origine c’est bien une préoccupation du futur, et le constat qu’on est aujourd’hui des millions à rêver d’un monde meilleur, tant social qu’économique ou environnemental, mais pourtant la situation ne fait que se dégrader.

Notre conviction c’est que dans la fabrique de la décision, la « masse », nous, les gens, ne sommes pas présents et que seule une minorité d’acteurs, qu’on appelle les lobbies, ont le droit de citer dans les négociations.

Notre objectif c’est donc, avec cette plateforme et notre démarche, non pas de contester les politiques ou les lobbies qui sont présents, mais de faire en sorte que leur participation devienne transparente et que les citoyens gagnent ce même droit de participer.

Donc lorsque s’est présentée la proposition de participer aux Etats généraux des générations futures, on a immédiatement plongé et décidé de soutenir le projet puisque c’est notre objectif de départ.

Le citoyen au coeur de la smart city

Capco a été invité la semaine dernière au forum SmartCity+SmartGrid pour intervenir à la table ronde “Applis connectées, réseaux sociaux, sites web : les canaux le plus pertinents pour dialoguer avec les citoyens“.

Nous avons eu l’occasion d’y discuter en public avec des élus, de faire un point sur les problématiques des collectivités en matière de participation citoyenne et de répondre à quelques questions dans la salle.

Nous avons évidemment partagé notre expérience à la communauté rassemblée, grâce aux différents projets participatifs mis en place par nos clients depuis trois ans, notamment Mulhouse C’est Vous et les budgets participatifs de Rennes, Orléans et Montreuil. Nous avons également pu discuter des enjeux — comme le rétablissement de la confiance entre élus et citoyens — et des facteurs-clés de succès que constituent l’implication et la prise d’engagement du décideur au moment de mettre en place un projet participatif.

C’est donc avec plaisir que nous avons pu mesurer le vif intérêt porté à notre méthodologie de co-construction de la décision, sur laquelle nous avons été largement questionnés.

La possible manipulation de la plateforme par des intérêts catégoriels est, depuis toujours, un facteur naturel d’inquiétude de la part d’un(e) élu(e) lorsqu’il consulte les citoyens en ligne. Cette manipulation est écartée par notre méthodologie : en effet, les arguments proposés par les contributeurs sont préalablement regroupés par similitude et catégorisés sous la forme d’un arbre argumentaire reflétant la diversité des solutions possibles. Ainsi, le débat qui précède la prise de décision n’est pas pollué par les déséquilibres qui pourraient résulter de l’acharnement d’un groupe de pression. Tout le monde peut participer à pied d’égalité et à la lumière du jour.

De manière plus générale, nous avons suggéré que les promesses de la smart city seraient vaines si l’on devait considérer le citoyen, même paré du costume de “consommateur fûté et responsable”, comme une variable d’ajustement de la cité du futur. Ainsi, la ville intelligente ne saurait être intelligente qu’à la condition que le citoyen participe à tout processus décisionnel, de manière transparente, portant sur des questions et des problématiques qui le concernent.

Bienvenue Omar & Naïm !

Joie en ce début octobre ! La rentrée est un peu folle et pour qu’elle soit encore plus folle nous avons le plaisir d’accueillir Omar et Naïm, 13e et 14e membres de l’équipe.

Omar rejoint l’équipe Produit. Jeune étudiant en alternance aux Gobelins, c’est un fondu du web dans lequel il est quasiment tombé à la naissance. Omar est le genre de petit garçon qui passait son temps à “emprunter” l’ordinateur de sa soeur pour lui installer des jolis skins Windows XP. Comme tous les membres de l’équipe dédiée au développement de la plateforme, c’est un pur profil “full stack” qui sait déjà un peu tout faire — et qui en veut encore plus.

Naïm rejoint l’équipe Conseil. Passé par une école de commerce après avoir décliné une offre de contrat pro dans le seul et unique club de football 100% parisien, il a étudié les maths, bossé dans un think tank, dans une banque d’affaires, dans le monde associatif — avant de réaliser sa passion pour la chose publique. Du coup, petit master 2 en administration publique au sein de la prep’ENA de Paris 1-ENS, direction “cab” dans une grande commune d’Ile-de-France. Convaincu que c’est en favorisant la réflexion et la prise de décision collectives que nous “revivifierons nos démocraties fragilisées” (sic), il a naturellement rejoint Capco et la merveilleuse équipe Conseil, en compagnie de Thibaut et Solenn.

Toute l’équipe est ici 🙂

Cap Collectif invité au petit-déjeuner “Le marché de la Legal Tech”

Nous avons eu le plaisir de participer ce matin à une table ronde présentant les écosystèmes qui gravitent autour de la #LegalTech, proposée par SNCF Développement et Séraphin Legal. Cette invitation fait suite à notre présence dans l’ouvrage “Génération FrenchTech”, qui liste les “1 000 qui font l’économie française de demain”.

Le monde du droit n’échappe évidemment pas aux profonds bouleversements engendrés par le numérique. Si les questions de protection des données personnelles ou de propriété intellectuelle, ou encore l’intégrité des transactions juridiques (via la blockchain) font partie des questions fondamentales traitées aujourd’hui par cet écosystème, celui-ci est également curieux de comprendre l’impact que peut produire le numérique sur la production de la loi.

A ce titre, nous avons donc présenté la démarche de Capco, plateforme d’intelligence collective au service de la co-construction de la décision, portée sur les fonts baptismaux du projet Parlement & Citoyens. Devant un auditoire composé principalement de juristes et d’entrepreneurs, nous avons partagé nos convictions qu’une décision — et a fortiori une loi — écrite à ciel ouvert avec la participation de tous était mécaniquement et intrinsèquement plus efficace et son contenu plus légitime aux yeux de l’intérêt général.

Après avoir évoqué les exemples de la consultation de Joël Labbé visant à co-construire sa proposition de loi pour interdire les pesticides à usage non-agricole puis celui de la consultation sur le projet de loi République Numérique portée par le gouvernement sur la plateforme Capco, un échange avec la salle a permis d’évoquer le risque de la sur-représentativité des lobbys et plus généralement de la question de la représentativité des participants à ces consultations.

Nous avons eu l’opportunité d’expliquer notre méthodologie :  au moment de réaliser la synthèse cartographique des arguments déposés durant la phase de participation, notre attention se porte sur la diversité des arguments apportés par les participants. La présence de groupes d’intérêts ne pose pas de problème en soi — comme il est possible de l’observer sur la plateforme des Etats généraux de l’alimentation que nous propulsons également — tant que la manifestation de ces intérêts s’effectue à la lumière du jour, au même niveau que les arguments proposés par les citoyens. En regroupant l’ensemble des arguments identiques en un seul, nous offrons un affichage clair des forces en présence, réduisons à néant le risque de “spam” de la plateforme sous la pression d’un lobby et permettons la préparation d’un débat serein et lisible.

Entretien avec Cécile Sornin, ajointe au maire de Mulhouse

A l’approche de la deuxième édition de Mulhouse c’est Vous, nous nous sommes entretenus avec Cécile Sornin, adjointe au maire, en charge de la démocratie participative, de la vie associative et de l’économie sociale et solidaire. Mulhouse (Haut-Rhin) est la 4e agglomération de la région Grand Est en nombre d’habitants. De culture profondément industrielle, Mulhouse possède le plus grand musée ferroviaire d’Europe et le plus grand musée de l’automobile du monde.

Bonjour Cécile, samedi 7 octobre la ville de Mulhouse lance le deuxième acte de Mulhouse c’est Vous. Pouvez-vous nous détailler les festivités ?

Pour comprendre le 2ème acte, il faut que je vous dise un mot du 1er acte. Le maire, Jean Rottner, a placé ce mandat sous le signe de la démocratie participative, et dès octobre 2014, on a organisé avec Libération le forum MCV : 2 jours de conférences, débats, ateliers… Plus de 5 000 personnes (il y a 111 000 habitants à Mulhouse). Pour le 2ème acte, 3 ans plus tard, l’idée était de sortir du “dire” pour être davantage dans le “faire” avec des propositions concrètes, émanant de collectifs citoyens, d’associations ou de l’Agence de la Participation citoyenne, des offres concrètes de participation. On trouve donc des ateliers cuisine, des balades urbaines, du théâtre, de la musique, des diagnostics en marchant.. Au total, plus de 70 propositions, gratuites, pour tous, partout dans la Ville, avec un point de convergence à 18h, l’inauguration festive et participative des nouveaux locaux de l’Agence de la Participation Citoyenne.

“Nous avons depuis un an une personne spécialisée qui consacre le plus clair de son temps à la plateforme.”

Capco a une relation particulière avec Mulhouse puisque techniquement vous êtes notre premier client historique : lors de la fondation de la start-up en 2014, Jean Rottner nous avait vivement encouragé à nous lancer car il voulait s’équiper d’une plateforme de participation citoyenne telle que Parlement & Citoyens. Quel est son état d’esprit et le vôtre après trois ans d’expérimentations ?

Nous sommes toujours convaincus de la nécessité d’avoir une plateforme et nous avons appris à travailler avec celle de Capco. Mais nous avons découvert aussi la difficulté à l’animer en continu et à répondre au quotidien aux attentes des habitants, des services de la collectivité, et des élus. Ces difficultés réelles ne sont pas des freins mais nous encouragent, jour après jour, à expérimenter de nouvelles façons de faire, à communiquer de nouvelles informations, toujours dans un souci de transparence. Nous avons depuis un an une personne spécialisée qui consacre le plus clair de son temps à la plateforme mulhousecestvous.fr. C’est dire notre conviction d’avoir aux côtés d’une participation “réelle” une offre “virtuelle”. Dans notre objectif de permettre au plus grand nombre de participer, nous avons des conseils participatifs géographiques, et la plateforme représente aussi notre Conseil participatif, ouvert 24h/24 !

L’engouement actuel pour la “civic tech” ne nous fait pas oublier, chez Capco, que parmi les enjeux et défis majeurs de la démocratie numérique, sinon le plus important, est l’impact apporté par la technologie à la participation citoyenne. Votre recul sur le sujet vous permet-il de dresser un constat lucide sur cette question d’impact ?

Vaste sujet. Nous travaillons beaucoup pour que cet impact existe et soit positif. En clair depuis le début nous avons eu des jeunes qui sont allés au-devant des habitants pour expliquer le fonctionnement et l’intérêt de la plateforme. Nous venons de recruter une équipe en service civique qui vont tester de nouvelles formes de mobilisation, au plus près du terrain. Ils seront les ambassadeurs de l’Agence, sur le terrain pour tester des réunions et des concertations dans les cages d’escalier, les supermarchés, le marché… mais ils suivront aussi le programme D-Codeurs de la Ligue de l’enseignement pour favoriser le numérique dans les quartiers. Mulhouse est une ville jeune, avec 43% du territoire classé Politique de la Ville. On doit en tenir compte si on veut être une ville inclusive. Je pourrais aussi dire un mot sur notre budget participatif où son existence sur la plateforme aujourd’hui, clairement, ne suffit pas à le faire vivre ; nous articulons sans cesse le réel au virtuel. C’est à cette condition que nous pouvons garantir un impact, un impact positif.

“Nous semons pour l’avenir.”

Vous avez lancé ce budget participatif au milieu de l’été à travers votre plateforme Capco, et la participation est relativement… peu élevée. Avez-vous identifié des freins ou des obstacles qui vous auraient empêché de réaliser un “BP” tel que ceux de Rennes (6 000 puis 11 000 participants) ou même Orléans (500) ?

Clairement nous n’avons pas le même budget communication que Rennes, ni la même sociologie, ni la même aire de jeux ; et je ne sais même pas si cette quantification est pertinente… Quoi qu’il en soit, à Mulhouse, à ce jour, nous avons recueilli plus de 300 idées, mais le passage à l’acte virtuel a besoin d’être accompagné, pour ne pas dire souvent d’être formalisé avec le porteur de projet. Pour illustrer le propos, nous avons des concitoyens qui n’ont pas d’adresse email… ! C’est une des données terrain qu’il ne faut absolument pas négliger. Nous considérons que nous avons besoin de faire preuve de pédagogie et de patience, que nous semons pour l’avenir et qu’il faut, de notre côté, jour après jour, apprendre à ouvrir et à faire vivre les espaces de confiance et de participation, et ceux-là doivent être tout autant virtuels que réels !

Merci Cécile 🙂

Mulhouse C’est Vous — 2e édition — samedi 7 octobre 2017

Budget participatif : Montreuil, Rennes et Orléans, notre trio gagnant

En l’espace de quelques jours en ce début d’automne, la ville de Montreuil et les métropoles de Rennes et d’Orléans ont déclenché des processus de participation citoyenne. Ces trois collectivités territoriales, dirigées par trois sensibilités politiques différentes, représentent plus de 800 000 habitants. Elles ont un point commun : elles utilisent l’application “budget participatif” (BP) de la plateforme Capco.

Rennes est notre client historique côté BP. C’est même grâce à cette collectivité que nous avons ajouté le budget participatif à notre panoplie d’applications, puisqu’ils nous ont encouragé à répondre à leur besoin en conservant les principes méthodologiques de l’application de consultation. Grâce à un gros travail d’implication et de communication des élus, la première édition de la Fabrique Citoyenne a quasiment atteint les 7 000 participants — un beau résultat à ce stade de l’expérimentation. Partant de cette expérience positive, Rennes a déroulé sa deuxième édition, dont le vote des habitants (plus de 11 000 participants !) s’est tenu début 2017. Et depuis aujourd’hui, pour plus d’un mois, les citoyens de la métropole sont invités à déposer leurs projets sur la 3e saison du BP !

Orléans nous a rejoints cet été. Inscrits dans une démarche identique — augmenter la participation des citoyens dans les processus décisionnels du territoire — les porteurs du projet sont toutefois dans les mêmes conditions que l’expérimentateur qui débute son expérimentation. Si le budget alloué est moins important, la municipalité veut toutefois s’inscrire sur le long terme, en affichant son optimisme et sa prudence. Finalement, après un mois de dépôt de propositions et au terme de deux mois d’analyse par les services, le vote des citoyens (un peu moins de 500 participants à ce jour) se terminera le 6 octobre au bout d’une étape de deux semaines et d’une cinquantaine de projets examinés.

Montreuil n’est pas un novice en la matière. Après avoir expérimenté le BP une première fois, la municipalité nous a fait l’honneur de choisir Capco pour propulser la 2e édition du budget participatif de la 5e ville la plus peuplée d’Ile-de-France. Pour l’occasion, nous avons développé de nouvelles fonctionnalités et amélioré l’interface d’administration.

Nous encourageons toutes les Montreuilloises et les tous Montreuillois à participer !