Les Rencontres nationales de la participation propulsées du 6 au 8 mars à Marcq-en-Baroeul par le think tank Décider Ensemble sont une vraie réussite : 700 participants, un foisonnement d’enthousiasmes et une diversité d’ateliers qui laissent rêveur. D’où vient pourtant cette minuscule amertume qui stagne dans l’air printanier comme un pollen moqueur ? Comment entendre cette sensation d’inachevé qui partage la vedette avec la satisfaction d’avoir partagé un “moment” d’intelligence collective ?

La dispersion mentale est sans doute une première piste. Dans la profusion de temps de cerveaux disponibles, il sera bien difficile de percevoir un fil conducteur, une direction générale, un motif : il fallait savoir jongler avec la formation aux réunions publiques, la co-construction d’une enquête publique, le débat sur les marchés publics, le témoignage de garants, les expérimentations à l’étranger, la participation en santé, les communs, les chartes, la planification, les centres sociaux, les plateformes, les PLU, les budgets participatifs, la concertation en milieu rural, les jeunes…

Nous misons ici également sur une seconde possibilité : le manque de perspective et de perspectives. Si les Rencontres ont, cette année encore, dressé un panorama fantastique des moyens (humains, techniques, intellectuels) à disposition de la participation, on aura encore du mal à cerner l’après. Dépasser les constats et les diagnostics. En somme, passer à l’action et produire de l’impact. Car la démocratie, ce ne sont pas les Jeux Olympiques : participer ne suffit pas. Il est donc nécessaire que tous les acteurs soient là, à commencer par les décideurs.

Le doute

Malgré la richesse des échanges qui se sont matérialisés au long des trois jours, malgré la mobilisation sincère de quelques élus de Clermont-Ferrand, de Mulhouse, de Nantes, de Grenoble, de Lyon, de Créteil et d’ailleurs, la matière première du questionnement a bien trouvé refuge durant les grandes messes d’ouverture et de clôture de l’évènement. Au point qu’on pourrait sans doute résumer l’évènement à ces deux tables rondes, et même principalement aux aphorismes d’un habitué du genre : Loïc Blondiaux, professeur à la Sorbonne et sociologue référent sur les questions de participation.

« La démocratie participative c’est la condition de la survie de nos démocraties », « les politiques sont la clé de toute démarche participative », « les citoyens doivent être convaincus d’être égaux vis-à-vis des élus », « il faut repenser le leadership, l’élection n’est plus suffisante », « les décisions ne peuvent plus se prendre en vase clos entre experts et décideurs »… — derrière la prédication, point un message fort : repenser les règles et associer les citoyens à la décision publique. Ce qui implique un changement de posture du politique, des élus, des décideurs et surtout une refonte des processus de décisions.

Or, si Blondiaux, un brin moqueur, s’est félicité de la présence d’élus à une table ronde intitulée « Peut-on encore intéresser les citoyens à la vie publique ? » on a envie de l’accompagner dans son cheminement de pensée : peut-on encore intéresser les politiques à la vie publique ? « Former les élus aux techniques de participation, ce sont des choses simples. Comme apprendre qu’il ne faut pas prendre la parole cinq fois plus longtemps que les autres » commente-t-il, goguenard, devant une salle bondée et disposée à sourire.

Plus sérieusement, les élus sont bien présents, bien que rares. A l’image de Pauline Véron, adjointe en charge de la démocratie locale et de la participation citoyenne à Paris, qui n’hésite pas à provoquer en se demandant pourquoi on parle « d’innovation démocratique » en décrivant les fondamentaux, à savoir le dialogue entre des élus et des citoyens. Et de renchérir : « la verticalité de notre société est une des causes à la non formation des élus à la concertation et à la participation citoyenne ». Mais la verticalité a bon dos, et Blondiaux prévient : « la démocratie participative n’est pas seulement une question de règles, de textes, mais une question de culture, de pratique. »

L’espoir

Et pourtant, comme le rappelle Raymond Vall, sénateur du Gers : « les textes prévoient déjà l’innovation démocratique, ce qui est compliqué c’est la mise en oeuvre ». Dans la salle, l’ambiance se réchauffe. Armel Le Coz, du collectif Démocratie Ouverte, questionne depuis le 15e rang : « quel budget les élus dédient-ils à la Recherche & Développement pour l’innovation démocratique ? La démocratie ce n’est pas gratuit ! » On sent bien que le nerf de la guerre s’approche à grand pas.

« Les outils de la participation existent mais il faut que le politique s’engage et respecte l’expression citoyenne. Mieux vaut ne pas concerter que concerter et ne pas tenir compte des citoyens, sinon gare au populisme » intervient Bertrand Pancher, député de la Meuse et président de Décider Ensemble.

Dans une salle attenante, nous apprenons que 38 à 42% des municipalités portugaises déploient des budgets participatifs. Que l’Etat (etalab) s’est rendu compte qu’il n’y avait « pas tant de trolls et de spam » finalement sur ses plateformes de participation. Qu’au Québec « on crée des conditions d’éveil d’une conscience participative » en acceptant de faire passer tant les petits projets que les politiques publiques « dans le prisme du dialogue citoyen ». Et à l’atelier « Rapport au pouvoir, changement de posture », trois élus seulement sur 70 participants.

« Partout où la participation citoyenne fonctionne bien, il y a un leader fort et impliqué » conclut Blondiaux. Nous voyons les effets que peuvent produire cette implication : Rennes, Mulhouse, Orléans, Montreuil, Grenoble — et dès 2015 la co-construction du projet de loi République Numérique — sont les témoins qu’un portage politique puissant est la porte ouverte à la participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques.

“Les outils existent mais il faut que le politique s’engage et respecte l’expression citoyenne”. La messe est dite et elle est envoyée par l’organisateur de la fête. Nous savons, nous pouvons. Reste à savoir si nous voulons.


Les Tops de Thibaut

  1. Marcq-en-Baroeul : quand on a du descendre les volets dans l’atelier sur le budget participatif, et que Grenoble s’est plaint d’être ébloui par le soleil du Nord !
  2. Les paroles simples de l’élue de Sailly-les-Lannoy qui rappellent que la participation reste libre et que son but n’est pas de forcer des gens (qui ne lui ont rien demandé) à s’investir !
  3. La démonstration live de trolling pendant la plénière d’ouverture : on met ça sur le dos du numérique ou de la frivolité de l’assistance, plutôt que de voir l’évidence : on a proposé au public de poser des questions sans prévoir que le public attendrait une réponse !

Les Flops de Thibaut

  1. Le Musée des Beaux Arts où il n‘y avait aucune sculpture de Dany Boon.
  2. Les faux débats sur le numérique où on ne cesse d’opposer le présentiel et le numérique tout en commençant ses phrases par une ode à leur complémentarité.
  3. Le manque de nouvelles têtes dans les intervenants en plénière : dans les 700 participants, il y avait forcément des gens moins habitués des plateaux mais tout aussi intéressants.

Merci à Bertrand Pancher pour la photo 🙂

Lire aussi :

Dans le cadre de la Semaine de l’Innovation Publique, Cap Collectif a été invité à participer à une expérimentation originale : une mise en réseau rapide, « pour liaisons utiles », des acteurs de l’innovation politique. Une rencontre en mode « speed dating« , durant laquelle les députés rencontreront les organisations invitées, par créneaux de 5 minutes.

L’association Créa-france, l’agence de design des politiques publiques Vraiment Vraiment, et Stephen Boucher, auteur du « Petit manuel de créativité politique« , ont décidé de créer cet évènement pour apporter des références d’initiatives, d’acteurs, de savoir-faire et d’analyses susceptibles de nourrir d’une façon ou d’une autre l’approche et l’action des députés dans les prochaines années.

Un évènement « inédit et transpartisan » qui permettra à Cap Collectif de discuter avec les parlementaires à la recherche de nouvelles approches et de nouveaux outils « pour mieux répondre aux attentes des citoyens ».

Gageons que le format « speed » donnera de l’énergie positive à tout le monde 🙂

 

Quand : 21 novembre 2017 à 18h
: Assemblée Nationale (101 rue de l’université)

Nous avons fait un petit tour en Bretagne jeudi dernier pour la seconde journée des deuxièmes Rencontres nationales des budgets participatifs, co-organisées par les mairies de Rennes, Montreuil, Paris et Grenoble — qui avait initié la première édition.

Ce fut l’occasion pour Capco de s’immerger davantage dans la réalité concrète du budget participatif. En effet, une série d’ateliers thématiques ont permis aux parties prenantes de ces dispositifs de participation citoyenne (élus, agents des services, citoyens, associations…) de se rencontrer pour avancer sur les sujets de la participation, de l’égalité des chances, des mutations de l’administration, de la vie des projets, des problématiques d’intercommunalité, d’innovation sociale, etc.

Pour nous, 2017 a été une année phare en matière de “BP” car riche en développements : le lancement d’une plateforme à Orléans — qui a plutôt bien marché compte tenu des attendus et du caractère expérimental assumé par le porteur de projet —, la « récupération » du budget participatif de Montreuil pour sa deuxième édition, la troisième édition d’affilée à Rennes. Et la liste devrait rapidement s’allonger.

De nombreuses collectivités avaient fait le déplacement dans la capitale bretonne : Poitiers, Angers, Saint-Herblain, Dijon, Pantin, Clermont-Ferrand, Ivry-sur-Seine, Rouen, Bayonne, La Rochelle, Bagneux, Lanester, Courdimanche, Fougères, le département de Loire-Atlantique… certains déjà expérimentés, d’autres en recherche d’informations.

Une grande diversité de participants ont animé les échanges.

 

Un outil idéal d’acculturation

Premier enseignement du budget participatif : il intéresse des collectivités de toutes tailles. Si les élus hésitent encore sur les modalités précises à mettre en place (budget de fonctionnement versus budget d’investissement, notamment) peu ont de doutes de l’impact — réel ou présumé — sur la participation. D’autant que les municipalités ont aujourd’hui un atout important, celui d’un dispositif pour lequel l’articulation numérique-présentiel est relativement facile à mettre en place et dont le fonctionnement est très simple à appréhender par la population.

A Paris, “ce qui marche c’est le vote papier” explique Pauline Veron, l’adjointe à la maire en charge de la démocratie participative. Tania Assouline, qui occupe la même fonction à Montreuil, rappelle pour sa part que “le budget participatif est un outil idéal d’acculturation à la participation des publics moins bavards car il s’agit de participation concrète”, mettant notamment en avant les comités de suivi des habitants dans une commune possédant un tissu associatif très dense.

Le phénomène devrait donc aller en s’accroissant alors qu’à ce jour plus de 4 millions de Français peuvent voter dans le cadre d’un budget participatif, comme le notait récemment Gil Pradeau, chercheur spécialiste de la question. A condition bien sûr que les élus sortent de la logique “com” pour faire de la vraie communication et qu’il y ait un engagement réel et sincère du politique, martèlent en choeur les organisateurs grenoblois et rennais.

Le rôle central des agents

Deuxième enseignement : les difficultés de mise en place ne sont peut-être pas situées où on les imagine. Un territoire comme Paris, qui semble un peu plus rodé que la moyenne grâce à plusieurs années d’expérience et grâce au volume de projets brassé à ce jour, se pose clairement la question de l’accompagnement des citoyens vers davantage de “profondeur” et d’implication. Voire de chiffrage. En bref il faut que les Parisiens mettent la main dans le cambouis et sortent des projets un peu “plan-plan” des débuts pour passer à de la véritable co-construction de vivre ensemble.

Mais Paris fait figure d’exception. Aujourd’hui pour la majorité des élus, à l’instar de Rennes, le défi du budget participatif c’est la transformation des organisations professionnelles à travers la collectivité et la gestion des actions de transversalité. La question des agents est souvent revenue dans les échanges durant les ateliers : si le budget est correctement provisionné pour les projets, les ressources humaines ne sont pas forcément bien prises en compte pour l’instruction des projets et leur mise en oeuvre par les services. D’où l’émergence de petites tensions inter-services, voire des fonctionnaires des directions interrogées pour mesurer la faisabilité d’un projet qui vont être tentés de “gonfler” les prix d’une estimation pour que celle-ci soit rejetée. D’ailleurs, à Montreuil, la priorité n’est pas d’augmenter l’enveloppe budgétaire destinée au budget participatif, mais plutôt d’accorder des moyens aux équipes en charge de la mise en oeuvre des projets retenus.

Au global, on en revient à l’idée déjà évoquée du rôle essentiel des fonctionnaires et des agents dans la mise en place d’un Etat-plateforme. Et d’aucuns, comme à Pantin, se mettent à rêver d’un “observatoire des budgets participatifs” où les administrateurs pourraient s’échanger les meilleures pratiques et permettre plus facilement aux collectivités dans le doute de se jeter à l’eau en leur offrant un espace d’acculturation spécifiquement destiné aux agents des services.

Et, comme certains le formalisent déjà, sortir d’un “monde-objet” pour rentrer de plain-pied dans un “monde-projet”.

 

Capco a fait le voyage à Hazebrouck (Nord) jeudi dernier pour les deuxièmes Assises de la démocratie participative.

L’intérêt indéniable de ces Assises 2017 — après le succès de la première édition en 2015 — a été le parti-pris de créer une dynamique créative autour de la belle centaine de participants en leur proposant de contribuer à des ateliers de travail dénommés « ruches ». Chacune des 15 ruches a donné l’opportunité à la diversité des participants — techniciens et élus issus de collectivités de la région, habitants, étudiants,  public issu du tissu associatif ou d’entreprises — de s’exprimer et de participer à la création d’un nouvel « outil » qui permette aux citoyens de s’impliquer dans leur ville.

L’exercice d’intelligence collective a été mené avec rigueur et méthodologie et a offert une belle vision d’un projet participatif. Finalement, une douzaine « d’outils » démocratiques ont émergé, tels qu’une généralisation des chartes de participation, des élections sans candidat, un ambassadeur citoyen, une agora mobile… Personne n’est dupe : ce deuxième rendez-vous attendu en appellera un troisième à la condition sine qua non qu’une restitution concrète de ces échanges nourris et qu’une vision soient proposées à la communauté.

Aucun doute avec une équipe aussi motivée 🙂

 


Coline a la chance d’avoir été invitée à intervenir ce 24 octobre 2017 à Bratislava au Forum bilatéral « Ville intelligente, Inteligentné mesto » organisé par le ministère des Affaires européennes slovaque et l’ambassade de France en Slovaquie.

En tout, plus de 150 participants auront l’opportunité d’échanger sur les problématiques rencontrées en France et en Slovaquie et liées au développement de solutions intelligentes et innovantes au service des citoyens, ainsi que développement durable des territoires urbains. Et nous, le citoyen au centre de la smart city, on apprécie beaucoup.

Le maire d’Orléans, Olivier Carré, y tiendra pour sa part une conférence où il ne manquera sans doute pas de partager sa vision de la participation, notamment à travers le budget participatif d’Orléans qui se tient en ce moment même.

Cyril a eu le grand plaisir d’intervenir lors du Positive Economy Forum en fin de semaine dernière, dans le cadre d’une conférence intitulée « Les Etats Généraux des générations futures. Co-construire un monde positif », en présence de Jacques Attali, président de Positive Planet, Nouhad Awwad, activiste environnementaliste, Thomas Friang, directeur des Etudes et du Plaidoyer international de Positive Planet et Darío Celaya Alvarez, chef de chancellerie à l’ambassade argentine en France.

Nous avons pu exprimer sa joie de profiter de cette opportunité pour démarrer l’internationalisation de la plateforme Capco grâce à un projet aussi ambitieux, qui veut faire participer les citoyens du monde entier à une vaste réflexion sur les générations futures.

En marge de cette conférence, il a pu également présenter notre motivation à participer à ce projet.

 

Verbatim

Bonjour je suis Cyril Lage, président de Cap Collectif, qui est une « civic tech » — c’est-à-dire une start-up qui utilise le numérique pour moderniser le fonctionnement, notamment, de nos institutions politiques. Cette société, nous l’avons créée en 2014, après une première expérimentation qui s’appelait Parlement & Citoyens, qui visait à expérimenter une méthode de rédaction collaborative de la loi, qui a connu un grand succès et qui a attiré l’attention de beaucoup de décideurs.

On a créé cette start-up à la fois pour assurer la continuité du projet Parlement & Citoyens, qui un projet bénévole, et aussi pour essaimer le concept dans d’autres univers.

Notre motivation à l’origine c’est bien une préoccupation du futur, et le constat qu’on est aujourd’hui des millions à rêver d’un monde meilleur, tant social qu’économique ou environnemental, mais pourtant la situation ne fait que se dégrader.

Notre conviction c’est que dans la fabrique de la décision, la « masse », nous, les gens, ne sommes pas présents et que seule une minorité d’acteurs, qu’on appelle les lobbies, ont le droit de citer dans les négociations.

Notre objectif c’est donc, avec cette plateforme et notre démarche, non pas de contester les politiques ou les lobbies qui sont présents, mais de faire en sorte que leur participation devienne transparente et que les citoyens gagnent ce même droit de participer.

Donc lorsque s’est présentée la proposition de participer aux Etats généraux des générations futures, on a immédiatement plongé et décidé de soutenir le projet puisque c’est notre objectif de départ.

Capco a été invité la semaine dernière au forum SmartCity+SmartGrid pour intervenir à la table ronde « Applis connectées, réseaux sociaux, sites web : les canaux le plus pertinents pour dialoguer avec les citoyens« .

Nous avons eu l’occasion d’y discuter en public avec des élus, de faire un point sur les problématiques des collectivités en matière de participation citoyenne et de répondre à quelques questions dans la salle.

Nous avons évidemment partagé notre expérience à la communauté rassemblée, grâce aux différents projets participatifs mis en place par nos clients depuis trois ans, notamment Mulhouse C’est Vous et les budgets participatifs de Rennes, Orléans et Montreuil. Nous avons également pu discuter des enjeux — comme le rétablissement de la confiance entre élus et citoyens — et des facteurs-clés de succès que constituent l’implication et la prise d’engagement du décideur au moment de mettre en place un projet participatif.

C’est donc avec plaisir que nous avons pu mesurer le vif intérêt porté à notre méthodologie de co-construction de la décision, sur laquelle nous avons été largement questionnés.

La possible manipulation de la plateforme par des intérêts catégoriels est, depuis toujours, un facteur naturel d’inquiétude de la part d’un(e) élu(e) lorsqu’il consulte les citoyens en ligne. Cette manipulation est écartée par notre méthodologie : en effet, les arguments proposés par les contributeurs sont préalablement regroupés par similitude et catégorisés sous la forme d’un arbre argumentaire reflétant la diversité des solutions possibles. Ainsi, le débat qui précède la prise de décision n’est pas pollué par les déséquilibres qui pourraient résulter de l’acharnement d’un groupe de pression. Tout le monde peut participer à pied d’égalité et à la lumière du jour.

De manière plus générale, nous avons suggéré que les promesses de la smart city seraient vaines si l’on devait considérer le citoyen, même paré du costume de « consommateur fûté et responsable », comme une variable d’ajustement de la cité du futur. Ainsi, la ville intelligente ne saurait être intelligente qu’à la condition que le citoyen participe à tout processus décisionnel, de manière transparente, portant sur des questions et des problématiques qui le concernent.

Nous avons eu le plaisir de participer ce matin à une table ronde présentant les écosystèmes qui gravitent autour de la #LegalTech, proposée par SNCF Développement et Séraphin Legal. Cette invitation fait suite à notre présence dans l’ouvrage “Génération FrenchTech”, qui liste les “1 000 qui font l’économie française de demain”.

Le monde du droit n’échappe évidemment pas aux profonds bouleversements engendrés par le numérique. Si les questions de protection des données personnelles ou de propriété intellectuelle, ou encore l’intégrité des transactions juridiques (via la blockchain) font partie des questions fondamentales traitées aujourd’hui par cet écosystème, celui-ci est également curieux de comprendre l’impact que peut produire le numérique sur la production de la loi.

A ce titre, nous avons donc présenté la démarche de Capco, plateforme d’intelligence collective au service de la co-construction de la décision, portée sur les fonts baptismaux du projet Parlement & Citoyens. Devant un auditoire composé principalement de juristes et d’entrepreneurs, nous avons partagé nos convictions qu’une décision — et a fortiori une loi — écrite à ciel ouvert avec la participation de tous était mécaniquement et intrinsèquement plus efficace et son contenu plus légitime aux yeux de l’intérêt général.

Après avoir évoqué les exemples de la consultation de Joël Labbé visant à co-construire sa proposition de loi pour interdire les pesticides à usage non-agricole puis celui de la consultation sur le projet de loi République Numérique portée par le gouvernement sur la plateforme Capco, un échange avec la salle a permis d’évoquer le risque de la sur-représentativité des lobbys et plus généralement de la question de la représentativité des participants à ces consultations.

Nous avons eu l’opportunité d’expliquer notre méthodologie :  au moment de réaliser la synthèse cartographique des arguments déposés durant la phase de participation, notre attention se porte sur la diversité des arguments apportés par les participants. La présence de groupes d’intérêts ne pose pas de problème en soi — comme il est possible de l’observer sur la plateforme des Etats généraux de l’alimentation que nous propulsons également — tant que la manifestation de ces intérêts s’effectue à la lumière du jour, au même niveau que les arguments proposés par les citoyens. En regroupant l’ensemble des arguments identiques en un seul, nous offrons un affichage clair des forces en présence, réduisons à néant le risque de « spam » de la plateforme sous la pression d’un lobby et permettons la préparation d’un débat serein et lisible.

Cyril a été invité par la Mission pour l’Economie Numérique, la Conduite et l’Organisation des Territoires (ECOTER) à participer à la table ronde « de la co-production des données à l’utilisation des données personnelles » qui se tiendra le 10 novembre à la Maison Régionale de l’Innovation de Dijon.

Cette table ronde est l’un des moments jalonnant la rencontre « Quelles conséquences à l’ouverture des données publiques ? De la coproduction des données à l’utilisation des données personnelles » organisée par la Mission ECOTER et IDéO BFC (Territoires Numériques Bourgogne-Franche-Comté) avec le soutien d’OpenData France et d’Etalab. La rencontre devrait permettre de faire le tour des opportunités et des risques liés à l’ouverture des données publiques, qui sera obligatoire pour les collectivités territoriales de plus de 3 500 habitants à partir de l’année prochaine.

Co-fondateur de Cap Collectif, mais aussi du collectif Démocratie Ouverte et Parlement & Citoyens, Cyril évolue dans l’écosystème « open data » et « open gov » depuis de nombreuses années. Aujourd’hui spécialiste des plateformes d’intelligence collective, il a été invité à intervenir auprès de Sylvain Raiffaud, adjoint au maire du Xème arrondissement de Paris, en charge de la démocratie locale et du budget participatif, de la vie associative et des espaces verts, de Perica Sucevic, chef du pôle juridique du SGMAP (Etalab) et Cédric Verpeaux, responsable du pôle « Villes et territoires intelligents » à la Caisse des Dépôts et Consignations.

Programme complet et inscription (gratuite mais obligatoire)

Capco a été invité à intervenir le 5 octobre 2017 au salon SmartCity+SmartGrid pour la conférence : « Applis connectées, réseaux sociaux, sites web : les canaux le plus pertinents pour dialoguer avec les citoyens » du cycle « Préserver les liens ».

Cet évènement, animé par Ariel Gomez (rédacteur en chef et directeur de publication de Smart City Mag), proposera une discussion autour des applications de gestion de relation citoyen, des réseaux sociaux, des portails collaboratifs, qui permettent aux collectivités de « coller au mode de vie de plus en plus connecté des citoyens ». Nous aurons l’opportunité, auprès de la responsable de la communication numérique de la ville de Plérin-sur-mer et de l’adjoint au maire de Bougival, de dresser une série d’exemples de ces « canaux » de participation des citoyens aux décisions publiques.

Ce salon sera ouvert par la présentation de Luc Belot : « L’avenir de la ville intelligente en France« .