Élément important que nous évoquons régulièrement, l’inclusion doit, au même titre que la transparence, être au cœur de chaque démarche participative que ce soit pour les entreprises ou pour les collectivités.

Qu’est-ce que l’inclusion ?

L’inclusion est une approche permettant d’inviter chaque individu à prendre part à une démarche en cours en s’exprimant ou en permettant aux autres d’en faire de même. Cette approche doit permettre de prendre en compte tout le monde quel que soit son l’âge, son sexe, sa croyance, ses connaissances, sa situation personnelle ou bien son temps disponible.

Pourquoi c’est important ?

L’inclusion, souvent citée comme objectif fixé des démarches participatives, a pour avantage de permettre la récolte d’avis divers provenant de différents besoins.

En misant sur une approche plus inclusive, en écoutant celles et ceux qu’on entend moins et en invitant à s’exprimer le plus grand nombre, vous pourrez ainsi créer un projet qui répond aux attentes de vos habitants. Un projet qui colle au plus près de la réalité.

La réussite et la qualité de votre démarche passe par cette inclusion qui offre à tous la possibilité de participer. Prenons un exemple : vous organisez une consultation pour rénover une place sur laquelle s’organise le marché dans votre commune.

Si vous ne demandez l’avis qu’aux citoyens venant faire leurs achats et non aux commerçants, alors vous ne récolterez que les avis d’une partie de la population. La place deviendra adaptée aux acheteurs, mais pas aux commerçants et non plus aux autres usagers.

 

Au-delà de l’intérêt de récolter le plus d’avis et de propositions, il est aussi question de satisfaire les envies de participation de chacun, créant ainsi du contentement. Car ne pas demander l’avis de tous sur une consultation donne l’effet inverse : du mécontentement et de la méfiance. Mais certains cas dérogent à cette règle.

Faire le choix de dédier des démarches à certains publics

Certaines démarches participatives peuvent, volontairement, ne pas être ouvertes à tous les publics.

Pour les collectivités

Dans le cas d’une collectivité, il se peut qu’une étape du projet ou qu’une démarche entière ne soit ouverte qu’à un public spécifique.

Par exemple, certains projets peuvent être dédiés à une catégorie de la population, sans pour autant être “invisibles”. 

Certaines collectivités font ainsi le choix de dédier leur budget participatif à un public spécifique. C’est le cas de la ville de Boulogne Billancourt qui a réservé son budget participatif aux jeunes.

Dans ce cas, les projets déposés sur la plateforme sont uniquement proposés par les jeunes, mais tout le monde a accès à la plateforme et aux propositions faites.

D’autres collectivités, comme la Région Grand-Est, ont souhaité pouvoir utiliser la plateforme afin d’organiser des projets dédiés aux agents de la collectivité. Dans ce cas, le projet est “invisible” sur la plateforme pour le grand public mais les agents sont bien invités à participer à ces projets auxquels ils sont les seuls à avoir accès.

Pour les entreprises

En entreprise aussi, des projets peuvent être “limités” à certains publics. Cela se fait fréquemment dans les entreprises privées qui souhaitent pouvoir interroger certains publics sur certains sujets selon les métiers de chacun, la localisation de leur emploi ou bien encore leur domaine d’activité. Cela permet aux organisateurs d’être en capacité d’analyser plus finement les contributions et restituer les résultats plus précisément.

En effet, si la démarche concerne un pays uniquement ou les salariés du monde entier, mélanger les réponses n’aurait aucun sens. Ainsi, Decathlon a choisi de concerter ses employés en France, en Belgique et aux Pays-Bas sur la Vision 2030 de l’entreprise, mais en choisissant d’organiser des concertations par pays plutôt qu’une concertation unique. Cela permettra tout de même de comparer les résultats mais également d’apporter des réponses et/ou des solutions plus adaptées au contexte de chacun.

Donc avoir un projet participatif “fermé” peut être une bonne solution pour engager un certain public ou récolter les avis les plus pertinents possibles selon des critères tant que celui-ci est expliqué.

Comment être inclusif dans ses démarches ?

Pour être le plus inclusif dans ses démarches de participation citoyenne, il faut que vous vous posiez la question : “Comment faire pour que tout le monde ait la même chance de participer ?”

Certaines sont simples à mettre en place :

Des urnes de dépôt et de vote lors de l’organisation d’un budget participatif peuvent être installées dans des endroits stratégiques de la ville.

Utiliser un vocabulaire moins technique, sans vulgariser le sujet, permettra au plus grand nombre de personnes de comprendre tous les aspects de votre démarche.

Mettez à dispositions des documents qui vont appuyer la description de la démarche avec des plans, des graphiques et des photos pour rendre le sujet plus visuel.

Les exemples d'inclusion dans le participatif

Chez Carrefour, deux moyens de participer ont été mis en place : un questionnaire rapide et une consultation plus complète pour ceux ayant plus de temps.

L’exemple parfait d’inclusion qui utilise deux outils différents dans le même but.

À Angoulême, pour leur projet participatif, la ville a installé des urnes de dépôt de projets sur plus de 7 sites, dont des marchés. Un moyen de faire connaître la démarche et d’augmenter la participation.

Tous les ans, la région Grand est lance un questionnaire sur la santé des jeunes.

L’objectif est de suivre l’évolution de ce baromètre pour mettre en place les politiques publiques adéquates.