On appelle traditionnellement “budget participatif” les dispositifs qui consistent à affecter une partie du budget annuel de la collectivité à la réalisation de projets proposés et choisis par les habitants. Relativement normé, ce dispositif comprend différentes étapes : dépôt, analyse, vote et réalisation des projets lauréats.

L’analyse, réalisée par les services des collectivités, est un sujet peu abordé au sein de l’écosystème. Elle est pourtant fondamentale à la réussite d’un budget participatif à plus d’un titre. 

L’importance de l’analyse des projets (ou ce qui distingue un budget participatif d’un loto)


C’est durant la phase d’analyse que le sort des projets déposés lors de la phase de dépôt initiale est décidé : 

  • soit le projet sera soumis au vote, avec la possibilité pour le porteur de projet de faire campagne pour que son projet recueille un maximum de votes, 
  • soit le projet sera éliminé et au mieux invité à candidater à nouveau lors de l’édition suivante.

Ici se décide donc si les citoyens, et notamment les plus sceptiques sur la politique locale,  vont estimer que le budget participatif est un concours honnête où les participants sont traités équitablement ou si c’est “comme d’habitude, magouilles et compagnies dans la République des copains”. 

Le Budget participatif est un exercice réputé pour sa capacité à créer de la satisfaction chez les participants. Certes… mais puisque 60% des projets déposés en moyenne sont jugés irrecevables, la question qui se pose est de savoir comment créer de la satisfaction, pas uniquement chez les lauréats, mais aussi chez cette majorité de participants qui constituent les “recalés” du projet.

“Faire autrement” : une rupture discrète mais profonde avec les pratiques anciennes ? 


La maxime du BP est bien connue : “vous proposez, vous décidez, nous réalisons”. Silence sur “nous analysons”. Pourtant, c’est bien dans cette phase que se déroule dans l’ombre une mini-révolution des pratiques et que l’idée, chère à la participation citoyenne, du faire autrement dépasse le slogan pour devenir une réalité tangible.


Un cran plus loin dans la transparence ?


Conscientes de l’importance de l’analyse  et de la nécessité de donner des gages aux participants, certaines collectivités mènent déjà des initiatives très intéressantes : un comité de suivi est parfois constitué soit pour procéder aux côtés des services à l’analyse de la totalité des projets, soit pour trancher les cas les plus épineux pour lesquels les services n’avaient pas de position affirmée, soit pour assurer un suivi du travail des services.

D’autres collectivités réfléchissent même à rendre publics sur la plateforme, non seulement le résultat final des analyses sur les projets, mais le travail des analystes lui-même en temps réel et les résultats intermédiaires.

Confrontés au cas de figure où certains projets sont “proches” de la recevabilité, certaines collectivités prennent même l’initiative de contacter les porteurs de projet pour les inviter à modifier leur projet (avec leur accord) afin d’augmenter leur chance de passer sous les fourches caudines du règlement !

On voit bien tout l’intérêt d’éviter que le projet d’un déposant soit recalé pour ce qu’on pourrait considérer comme un détail. Il convient toutefois d’être prudent car dans un contexte – nous ne cessons de le rappeler – de grande défiance envers la politique, chaque intervention de la collectivité peut être soupçonnée de favoritisme, de rupture d’égalité entre les participants, de petits arrangements.

Pour conclure…


L’analyse est selon nous au coeur d’un budget participatif. Au-delà d’être le pivot entre la phase de dépôt et celle du vote, c’est aussi le moment de montrer toute l’intégrité du processus : respect du règlement, réponses à tous les porteurs de projet et explicitation des résultats de l’analyse…

C’est aussi l’opportunité de travailler de façon transversale au sein des collectivités, plutôt qu’en silos. 

Pour toutes ces raisons, nous sommes très heureux de pouvoir proposer à nos clients un outil d’analyse dédié à l’analyse des projets et de les accompagner dans ce travail de l’ombre. Cet outil vise à rendre ce travail le moins fastidieux possible mais aussi cohérent avec l’objectif final de modernisation de l’action publique et de restauration de la confiance entre élus et citoyens.