Le Budget Participatif, un exercice très prisé

Actuellement en France, ce sont 180 collectivités, 25 départements, 2 régions et 15 universités qui ont mis en place un Budget participatif. Ce “succès” ne doit rien au hasard : il tient au fait qu’il apporte des bénéfices aussi bien aux participants qu’aux organisateurs. Nous avons parfois trop tendance à oublier que ces deux acteurs doivent trouver leur compte pour qu’un projet participatif réussisse et perdure dans le temps.

les raison du succès des budgets participatifs

La simplicité, premier atout du Budget participatif

Le KISS, c’est un dicton “Keep it simple, stupid” devenu un principe clé en design et en programmation informatique, appliqué notamment lors des revues de code pour savoir si le raisonnement et la solution proposés sont bien les plus simples.

Les choses simples sont celles qui fonctionnent le mieux. Ce qui est vrai pour la tech (mais également pour chacune des choses de notre vie quotidienne) n’a pas de raison de fonctionner différemment en matière de participation.

C’est l’une des grandes forces du Budget Participatif

  • un principe simple : « vous proposez, vous choisissez, nous réalisons »
  • une participation simple : 
    • les participants déposent leur idée et non un business plan associé à un formulaire de 72 questions et 13 attestations de conformité,
    • les participants votent pour le ou les projets de leur choix selon leur bon vouloir. 

La simplicité, une espèce menacée ?

Le BP a pour avantage d’être un exercice sécurisé pour une collectivité qui bénéficie des expériences passées de toutes les collectivités qui l’ont précédée. Mais cette sécurité ne répond pas au besoin d’innover. Nombre de collectivités sont ainsi tentées de se singulariser et d’apporter à chaque édition nouvelle du BP une nouveauté.

Par exemple, le système de vote concentre beaucoup d’attention actuellement et une tendance semble se dégager à vouloir imposer un vote minimum : un participant, pour valider son vote, devra obligatoirement voter pour au moins X projets. Le plus souvent, X = 3 projets minimum.

Nous sommes assez sceptiques chez Cap Collectif sur l’activation de ce type de vote, notamment à la lueur des statistiques suivantes.

Collectivité Nombre total de votants  Nombre de votants qui n’ont voté que pour un seul projet % de votants uniques / sur total votants
Rennes 11749 6516 55,5%
Orléans 1408 829 59%
Occitanie 26889 20361 75%

En activant le vote minimum, quelle sera la réaction des 55, 59, 75% de participants qui n’ont souhaité voter qu’une fois alors qu’il leur était possible de voter plusieurs fois ?

Quelle est la probabilité qu’ils acceptent cette nouvelle règle du jeu contraignante ?

Si ces participants préfèrent majoritairement quitter la page plutôt que sélectionner deux autres projets, donc si le volume final de participants diminue d’un quart, d’un tiers ou de la moitié, les résultats du vote seront-ils plus crédibles et légitimes ?

Si le vote minimum est une stratégie pour contrer les porteurs de projets les plus insistants, actifs, militants, va-t-il réellement freiner leurs ardeurs ou au contraire renforcer leur “domination” sur l’exercice, par opposition aux autres porteurs de projets qui n’ont pas la même capacité de mobilisation ni la même ténacité ?

Ultime question : pourquoi changer ce qui fonctionne bien, notamment si le risque de faire moins bien est réel ? N’y a-t-il pas pour approfondir la logique du BP et s’améliorer en continu d’autres idées à investiguer que le système de vote en ligne : massification et diversification des publics, augmentation du budget, accompagnement des porteurs de projet, suivi de la réalisation des projets… 

Vous réfléchissez à l’organisation d’un budget participatif ou de toute autre démarche participative et souhaitez approfondir le sujet ?

Contactez-nous !

A quel besoin répond cette nouveauté ?


Depuis sa création, Cap Collectif a fait le choix d’opérer en marque blanche. Autrement dit, nous n’apparaissons pas sur les plateformes de nos clients, qui peuvent déployer un site entièrement à leurs couleurs, avec une grande variété de choix de personnalisation (URL, icône du site, couleurs, visuels, étapes d’un projet, pages de contenu, sections de la page d’accueil…) 

L’utilisation de code personnalisé nous permet également d’aller plus loin dans la personnalisation des plateformes de nos clients, notamment concernant la police d’écriture. Un vrai plus, mais jusqu’à présent réservé aux clients ayant recours à nos services pour le faire.

Nous sommes fiers de vous annoncer aujourd’hui que nous avons franchi une nouvelle étape en matière de personnalisation : désormais, nos clients peuvent personnaliser la police d’écriture de leur site en un clic, depuis le back office de la plateforme !

Notre solution


Un large choix de polices pré-intégrées 

14 polices d’écriture – les plus courantes – ont été pré-intégrées sur la plateforme. 

Il est possible de choisir deux polices d’écriture différentes : une pour les titres et une pour les corps de texte. Un simple clic suffit pour appliquer automatiquement les modifications sur la plateforme. Une vraie prouesse côté tech, puisqu’il s’agit de la première page en temps réel du back office de Cap Collectif.

Ajouter une police personnalisée 

Si vous ne trouvez pas votre bonheur parmi les 14 polices d’écriture pré-intégrées, vous avez la possibilité d’ajouter vous-même votre propre police d’écriture (les formats les plus courants sont acceptés). 

Pour conclure, cette fonctionnalité est donc une nouvelle option de personnalisation de la plateforme. Une nouveauté qui en appelle sans doute d’autres. Et vous, quelle option de personnalisation aimeriez-vous avoir sur votre plateforme ?


Besoin de + d’infos ?
–> Si vous êtes client et que vous souhaitez utiliser cette fonctionnalité, rendez-vous sur notre aide en ligne.
–> Si vous êtes intéressé.e pour découvrir la plateforme de Cap Collectif, une démo est à portée de clic
–> Si vous souhaitez suivre nos actualités, inscrivez-vous à notre newsletter 🙂

A quel besoin répond cette nouveauté ? 


La possibilité de configurer des URLs personnalisées sur sa plateforme permet de communiquer sur un projet participatif et non sur l’URL générique de la plateforme. Un besoin important pour les clients qui ont un usage régulier et diversifié de notre outil. Dans ce cas de figure, la plateforme concentre en effet l’ensemble des démarches participatives d’un client, comme le montre cet exemple de la Ville et Métropole de Nantes. 

Or,  comment communiquer efficacement sur un nouveau projet participatif avec une URL générique ou, pire, une URL à rallonge ? 

Signe que cette problématique est importante pour nos clients : la fonctionnalité d’URLs personnalisées nous a été demandée via la boîte à idées que nous avons mise en place auprès de nos collectivités partenaires. L’objectif de cette boîte à idées est de permettre à nos clients de nous suggérer des améliorations à apporter à la plateforme. 

Notre solution


Principe

Concrètement, la nouvelle fonctionnalité proposée vous permet de transformer un lien long en un lien court de votre choix. Vous pouvez par exemple transformer :

  • ce lien long : https://participation.lametro.fr/project/renouvellement-de-la-flotte-de-bus-de-la-semitag/questionnaire/questionnaire
  • en ce lien personnalisé et beaucoup plus court : https://participation.lametro.fr/nouveaux-bus

L’intégration d’un service tiers

Afin de permettre à nos clients de personnaliser leurs URLs, nous avons choisi d’intégrer à notre plateforme le service redirection.io, développé par nos amis de Jolicode

L’utilisation d’un service tiers performant, maintenu par une équipe dédiée, est une solution d’efficacité pour nos clients comme pour Cap Collectif. 

Nous avons conçu un tutoriel pas à pas (disponible sur notre aide en ligne pour nos clients), pour vous permettre de gérer vos URLs et répercuter vos paramètres automatiquement sur la plateforme Cap Collectif, grâce à la clé projet.

Migration depuis une ancienne plateforme ? 

Dans le cas d’une refonte de site internet, comme le passage d’une plateforme existante à une plateforme Cap Collectif, les URLs vont très probablement changer. Pour éviter que de tels changements vous soient préjudiciables (perte de SEO, utilisateurs rencontrant des erreurs 404…) l’intégration du service redirection.io sur votre plateforme Cap Collectif vous permettra de repérer ces erreurs et de les corriger, rendant ainsi le changement transparent pour vos visiteurs !



A quel besoin répond cette nouveauté ?


Organiser la solidarité lors de la crise sanitaire

Dans le contexte de la crise sanitaire, Cap Collectif a décidé de soutenir l’effort national de lutte contre le Covid-19 en mettant à disposition de toutes les collectivités territoriales une plateforme d’entraide gratuite pour donner aux citoyens les moyens de prendre part à la gestion de la crise en collaboration avec les élus (lire notre article sur le sujet).

L’objectif de cette plateforme d’entraide est de permettre à des citoyens de proposer leurs services à d’autres habitants, associations, collectivités ou agriculteurs ayant des besoins : garde d’enfants des personnels en première ligne, accompagnement de personnes vulnérables (courses, achat de médicaments, distribution de repas aux sans-abris, soutien psychologique pour des personnes seules…), aide aux récoltes, etc.  Ou, à l’inverse, de solliciter de l’aide sur ces mêmes sujets.

Décharger les services des collectivités 

Afin que les échanges entre citoyens puissent se faire dans le respect du RGPD et de manière sécurisée pour les personnes qui déposent leurs coordonnées, l’équipe technique de Cap Collectif s’est mobilisée pour développer dans un temps record une nouvelle fonctionnalité, permettant une mise en relation directe et privée entre citoyens. Difficile en effet, pour les services des collectivités déjà débordés, de prendre en charge cette mise en relation lorsque les propositions leur arrivent par un simple formulaire.

Notre solution


Permettre une mise en relation directe et sécurisée entre utilisateurs

La solution déployée sur notre plateforme prend la forme d’un bouton de prise de contact, qui s’affiche sous le titre du projet et l’avatar de l’auteur d’une proposition.

Au clic, une modale s’ouvre, permettant à un utilisateur d’envoyer un message à l’auteur d’une proposition et de lui laisser ses coordonnées, dans le cas où ce dernier souhaiterait poursuivre les échanges.

Un reCAPTCHA permet également de s’assurer que l’émetteur du message n’est pas un bot.

D’autres cas d’usage possibles

Cette fonctionnalité de mise en relation directe entre utilisateurs, développée pour un cas d’usage d’entraide, peut également être utile dans d’autres contextes participatifs.

Elle pourrait notamment être mise à profit dans le cadre de budgets participatifs ou de démarches d’open innovation pour : 

  • proposer à l’auteur d’une proposition des améliorations sur son projet
  • proposer de s’associer à la mise en oeuvre du projet
  • faire le lien avec d’autres projets ou acteurs du territoire
  • soutenir/féliciter personnellement l’auteur d’une proposition 

Et sans doute de nombreux autres cas d’usage que nos clients et les utilisateurs de nos plateformes créeront au fur et à mesure !

Le Premier ministre l’a annoncé cet après midi : une grande latitude sera laissée aux préfets et exécutifs locaux pour l’organisation du déconfinement. Une transmission de témoins attendue par certains, au bon goût de patate chaude pour d’autres. Loin des élucubrations sur le monde d’après, les collectivités vont devoir organiser dans des délais courts et avec des moyens parfois limités le retour progressif à la vie normale, conjugué au respect des impératifs sanitaires.

Réussir le déconfinement

Beaucoup de collectivités ont pu observer, valoriser, organiser, initier les initiatives citoyennes de solidarité sur leur territoire pour permettre de traverser au mieux le confinement et endiguer l’épidémie. Il s’agit désormais de réussir le déconfinement avec la nécessité de prendre les meilleures mesures possibles mais de travailler aussi à leur acceptabilité par la population. Sans adhésion de la population pour les semaines et les mois à venir, ces mesures ne seront pas ou peu appliquées.

Dans ce contexte, associer les citoyens aux décisions qui vont être prises peut permettre de renforcer la pertinence de ces décisions et leur appropriation. C’est pourquoi nous avons élaboré sur une instance de démo le processus qui nous paraîtrait à date le plus pertinent ‘’si nous étions à votre place !” (n’étant pas à votre place, la suite logique de la phrase est que le processus proposé nécessite probablement d’être adapté à vos préoccupations, domaines de compétences etc…)

Répondre d'abord aux inquiétudes

Ce processus part d’un postulat : à date, vos habitants auront probablement plus de questions à vous poser que d’idées à vous suggérer. Dans un tel contexte d’incertitude, où le Gouvernement lui-même assume n’avoir que des informations partielles à fournir, nous proposons que vous puissiez mettre en place un dispositif de questions-réponses qui vous permettra d’identifier les préoccupations les plus urgentes ou prioritaires et vous permettra surtout d’y répondre (dans la mesure de vos connaissances et compétences bien entendu).

Un diagnostic partagé de la crise

En parallèle, il est tout à fait possible de proposer à vos habitants de vous faire part de leurs idées. Il reste cependant à préciser le périmètre et la temporalité de cet exercice : est-ce que l’on parle du déconfinement, donc de la période de mai à juin ? Ou est-ce que l’on parle de l’avenir de vos territoires et des politiques publiques à mener (nous pensons principalement au soutien à l’activité économique locale : commerce, agriculture …) ?

Enfin, il y a aujourd’hui pour une partie de l’opinion le souhait de faire le bilan de cette crise à l’heure où l’on commence à en voir, si ce n’est la fin, tout au moins le ralentissement. Pourquoi ne pas associer vos habitants à cet exercice de rétrospective, en le faisant à ciel ouvert, en toute transparence, et relever ce qui a échoué, ce qui a réussi et ce qui aurait pu mieux marcher ?

Ce serait ainsi une première pierre pour bâtir la suite : un diagnostic que l’on cherche à rendre plus objectif, plus fiable et plus concret, car il s’appuierait sur les expériences vécues des habitants.

Vous réfléchissez à l’organisation d’une démarche participative et souhaitez approfondir le sujet ?

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En tant que boîte tech, nous sommes profondément convaincus de la pertinence de proposer des outils numériques aux acteurs publics et du fait que si ces derniers ne s’emparent pas de ces outils pour moderniser leurs pratiques et leur gouvernance, il ne leur restera bientôt plus que leurs yeux pour pleurer, tout en accusant les GAFA et les réseaux sociaux d’amener la démocratie et le service public au tombeau.

Mais après 5 années d’expérience, nous sommes aussi bien placés pour constater que ces outils peuvent être utilisés à contre-emploi de leur ambition modernisatrice ou que des espoirs infondés suscitent de la déception chez leurs utilisateurs.

C’est pourquoi nous tentons ici de dresser un panorama des principaux bénéfices d’une plateforme participative telle que la nôtre mais aussi de mettre en évidence ce qui relève de la surpromesse.

plateforme cap collectif versus la plateforme de ses concurrents

Sans revenir dans le détail de l’infographie ci-dessus, je m’attarderai dans cet article sur son premier point : la participation massive. 

C’est à partir de combien exactement une “participation massive” ?

Excellente question qui nécessite d’une part de s’attarder un peu sur les chiffres de participation standards et d’autre part de tenter quelques points de comparaison pertinents.

Type de projet et échelle Moyenne observée % population  Borne haute % population 
Consultation nationale (projet de loi) 1.000 <> 50.000 0,0015% <> 0,075% 500.000  0,75%
Appel à projets national     140.000 0,2%
Consultation régionale 500 <> 30.000 0,01% <> 0,5 % 100 000 1,5%
Budget participatif communal   2,5%   8%
Consultation locale
(plan climat, rythmes scolaires…)

200 <> 500
 
1 000

1,5%

Nous précisons ici que ces chiffres sont tirés des plateformes Cap Collectif, sur lesquelles un participant correspond réellement à un compte créé, à partir d’une adresse email vérifiée et qui a réalisé au moins une action sur la plateforme (voter, commenter, argumenter, proposer ou amender). 

Les observateurs les trouvent habituellement très faibles. Les praticiens de la concertation, plus habitués à de faibles audiences, mesurent un peu plus en quoi la capacité à toucher jusqu’à 8% des habitants de son territoire représente un succès notoire.

Comparaison n’est pas raison…. mais quand même. Tout dépend de notre capacité à rapporter ces chiffres non pas à la population totale mais aux pratiques politiques actuelles marquées par une défiance extrême. 

Nombre de participants sélectionnés pour la Convention Citoyenne pour le climat 150
Echantillon habituel d’un sondage politique  1.000
Nombre de personnes inscrites au registre des lobbys et associés à l’élaboration des lois 2.000
Nombre de participants aux consultations nationales 1.000 <> 500.000
Nombre de militants politiques 200.000 <> 1 million
Nombre de signataires de la pétition “affaire du siècle” 2 millions
Nombre de bénévoles en France 12,5 millions
Nombre de français qui déclarent s’intéresser à la vie politique 24 millions
Nombre de votants aux élections municipales 30 millions

Comment analyser ces chiffres ? 

Nous aimerions beaucoup développer, tel un chroniqueur télé, un point de vue très affirmé mais nous nous contenterons ici d’un timide commentaire : “nous sommes au milieu du gué”.

2.000 personnes sont inscrites au registre des lobbys de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique quand 2 millions de personnes ont signé la pétition en ligne de recours contre l’Etat français au motif de son inaction climatique. En se fondant sur des consultations gouvernementales classiques entre 20 et 40.000 participants (hors Grand Débat National et ses 500.000 participants), on arrive donc à cet entre-deux : 10 fois plus de personnes que celles et ceux qui sont consultés habituellement pour élaborer les lois, 100 fois moins nombreux qu’une mobilisation en ligne d’opposition.

Au milieu du gué, c’est aussi un rappel que ces consultations restent un phénomène relativement nouveau : nous avons de bonnes raisons de croire que ces chiffres vont continuer à croître avec le temps. Certains chercheurs ont fixé un horizon indépassable de 1% de la population participant aux consultations organisées à leur intention : nous aimerions beaucoup leur donner tort sur la durée et les amener à réévaluer à la hausse leurs pronostics.

Au milieu du gué, c’est enfin le regret permanent de voir que peu d’acteurs publics capitalisent sur les bases de données qu’ils constituent à travers leurs consultations, repartant souvent de zéro avec des nouveaux projets ou de nouvelles plateformes, lançant et relançant de fastidieuses et coûteuses campagnes de communication pour inciter les gens à participer à nouveau. 

Participer plus mais aussi participer mieux

En conclusion, la participation massive n’est pas un objectif en soi et le volume de contributions ne présage rien de leur qualité et encore moins de l’impact final de la consultation. En revanche, elle nous apparaît aujourd’hui comme un élément absolument nécessaire de crédibilisation des démarches participatives. C’est tout le paradoxe des consultations en ligne : il faut à la fois accorder la plus grande attention aux chiffres de participation… et s’en détacher !

C’est l’objet du groupe de travail initié avec nos collectivités territoriales clientes sur le droit de suite, afin de ne pas limiter la promesse de la civitech à participer plus mais aussi à participer mieux.

Un bon sujet de débat, tribunes, articles fait-il pour autant un bon sujet de consultation publique en ligne ?

Autant vous le dire tout de suite, côté CapCo, on est pour l’instant plutôt sceptique.

Oui, les gens (certains) ont plus de disponibilité et de temps que d’habitude. Oui, beaucoup souhaitent partager leur question et leurs idées sur la crise et l’après crise. Mais cela n’est pas suffisant au regard des principes clés et facteurs clés d’une consultation réussie, qu’elle soit du monde d’avant ou du monde d’après!

Des débouchés et perspectives d’impact trop flous

Pourquoi ce lien à la décision est-il si central ?

Parce qu’il est nécessaire pour s’assurer que les contributions recueillies aient un impact. Sans lien à la décision, c’est au mieux un débat “philosophique”, un peu comme un colloque à ciel ouvert, en ligne, peut être à plusieurs centaines ou milliers, mais dont le débouché se résume à publier les “actes” et irriguer le débat d’idées.

Si c’est une consultation initiée par des parlementaires, a-t-elle pour horizon une proposition de loi, des amendements dans le cadre d’une loi en cours d’examen ou à venir, une prise de position du groupe … ou rien de tout cela ? le Président de la République a annoncé hier que le débat sur l’application numérique de traçage aurait lieu au Parlement : ces assemblées, ou les groupes politiques, pourraient tout à fait lancer une consultation sur le sujet autour des bénéfices attendus, risques identifiés, alternatives possibles à cette solution.

Si c’est une consultation initiée par la société civile, a-t-elle pour horizon de transmettre aux pouvoirs publics une liste de recommandations ou les organisateurs centrent-ils la consultation sur leurs propres actions et responsabilités et s’engagent-ils eux-mêmes à faire évoluer leurs propres pratiques au regard des résultats ? Ce sont deux scénarios possibles mais ils sont alternatifs.

Si c’est une consultation initiée par une collectivité, porte-t-elle bien sur ses propres domaines de compétences (gestion de l’espace public, politique de solidarité, soutien à l’activité économique …)

Des consultations prises en étau

Entre idéalisation du futur et simple réactualisation des revendications anciennes

Les quelques exemples de consultations en cours et déjà lancées reposent sur des outils de boîte à idées et des méthodes d’idéation. Ces choix permettront-ils d’aboutir à des résultats convaincants ?

  • on peut craindre une liste de voeux pieux et de principes généraux qui décriront les contours d’une société idéalisée, davantage que projetée dans la dure réalité des prochains mois. Il ne s’agit pas ici de dénigrer les idéaux ou l’importance des principes pour guider l’action publique mais bien d’interroger le fait de lancer une consultation en ligne pour les déterminer plutôt que pour réfléchir aux conditions réelles et complexes de leur mise en oeuvre (ce qui serait une autre manière d’opérer la consultation, plus difficile mais plus productive probablement).
  • on peut craindre une compétition un peu anachronique des idées d’hier, où un certain nombre de participants verront l’opportunité d’être davantage entendus que par le passé et de démontrer que “leur” idée est bien cette fois-ci dominante dans le débat public post-covid. Une boite à idées étant un outil pour faire émerger des idées prioritaires, il est finalement logique que la popularité d’une proposition prenne le pas sur une analyse de sa pertinence. “On refait le match” comme dirait le regretté Eugène Saccomano. Plutôt qu’on ne construit l’avenir contrairement aux intentions affichées.

Ceci nous amène à la série de questions suivantes : au fond, quelle ambition donner à la consultation ? Permettre à chacune et chacun individuellement d’exprimer ses idées pour ne retenir que les 10 plus populaires ou ouvrir un processus réflexif collectif pour déterminer in fine des solutions plus pertinentes, plus adaptées et mieux acceptées aux problèmes qui vont se poser dans les prochaines semaines et les prochains mois ? Et si telle est l’ambition, alors comment s’y prendre ?

Quels scénarios “crédibles” de consultation ?

Sans prétention d’exhaustivité, nous avons identifié plusieurs possibilités de consultation, chacune correspondant à une temporalité et une problématique dédiées. Comme évoqué ci-dessus, chaque scénario est à questionner ou adapter au regard de vos propres domaines de compétences si vous souhaitez initier une consultation. Les scénarios ci-après sont plutôt proposés pour des collectivités territoriales.

Comment organiser au mieux la sortie du déconfinement sur notre territoire ?

Dans l’hypothèse où les collectivités disposeraient de marges de manoeuvre dans l’application des consignes gouvernementales/préfectorales, ce qui n’a rien d’évident au regard du discours d’hier soir du Président de la République : l’enjeu pourrait être de définir quelles sont les activités/secteurs/quartiers à réouvrir prioritairement tout en respectant les impératifs sanitaires. Idéalement, sur la base d’un “plan de déconfinement” préparé par la collectivité et soumis à consultation en tant que proposition initiale / V0.

Comment aider notre économie, nos entreprises ?

Cette crise sanitaire déclenche une crise économique qui va mettre notre tissu économique à rude épreuve peut être pendant de longs mois : l’enjeu pourrait être de réfléchir aux solutions à déployer à court-moyen-long terme mais également de faire remonter en “temps réel” des problèmes peut être méconnus des autorités (les fameux trous dans la raquette des dispositifs publics)

Comment entretenir la solidarité ?

Les habitants/citoyens/associations/entreprises se sont beaucoup mobilisés en cette période particulière, notamment par des logiques de pair-à-pair où les pouvoirs publics n’ont pas eu le monopole de l’intérêt général et de la solidarité : l’enjeu pourrait être de recenser ces initiatives, mesurer leur impact et de trouver les moyens de les pérenniser afin de ne pas laisser s’essouffler cette dynamique de solidarité. Ceci inclut une réflexion sur l’articulation entre les solidarités privées, les actions associatives et les solidarités publiques.

Quelles leçons de la crise ?

Sur la base d’un diagnostic précis, objectif et consensuel (rien que ça!), la consultation vise à identifier ce qui a été pénalisant dans l’anticipation et la gestion de la crise et nécessite en conséquence d’être changé : l’organisation du système de soins, la relocation des actifs stratégiques, le retard pris dans la transition numérique… à la lueur à nouveau de vos propres domaines de compétences, de vos propres responsabilités et vos propres marges de manoeuvre pour engager un changement ! Bref le scénario le plus complexe mais peut être le plus intéressant , en tout cas celui susceptible de rendre le monde d’après un peu différent, et si possible meilleur, à défaut de le rendre idéal.

Vous réfléchissez à l’organisation d’une démarche participative et souhaitez approfondir le sujet ou vous avez juste des question ?

Contactez-nous !

Les Français veulent savoir ….

La participation est-elle le nouvel opium du peuple ? Comment distinguer une “bonne” consultation d’une opération de com’ ? Peut-on rater un budget participatif ? Est-ce grave si j’ai fait 42 participants sur ma consultation en ligne ? La Civictech est-elle le nouvel eldorado des bobos ? Madame Michu existe-t-elle et qui peut le prouver ? Doit-on avoir peur des trolls ? Le numérique est-il un facteur d’exclusion ?

Cap Collectif, pionnier et leader de la Civictech, vous propose de réaliser chaque jeudi à 16h durant ces prochaines semaines un tour d’horizon des petits et grands sujets de débats qui animent la communauté de la participation.

Avec au menu :

  • des statistiques issues de 5 années de consultation en ligne, 900 projets menés et 3 millions de contributions collectées
  • des cas concrets
  • une parole libre

Ce cycle de webinaires sera animé par Thibaut Dernoncourt, Directeur Conseil chez Cap Collectif.



Je m’inscris !

Esprits étroits ou radicaux s’abstenir, nous préférons vous prévenir, ce cycle de webinaires n’apportera pas de réponses tranchées ni définitives aux questions listées ci-dessus. Il s’adresse prioritairement aux praticiens de la participation, au sein des administrations publiques et collectivités territoriales mais reste ouvert à toutes celles et ceux qui, professionnels ou non, s’intéressent à ces questions.

Episode 1 – 23 avril

Les promesses du numérique : que peut-on attendre raisonnablement attendre de la Civic Tech ?

Participation massive, public  élargi, parole plus libre,… quelles attentes pouvez-vous fonder sur la mise en place d’une plateforme de participation ? Plus qu’un nouvel outil, le numérique est aussi un pivot dans la manière d’organiser la participation sur votre territoire. Au fond, où se trouve l’innovation, c’est-à-dire la manière de procéder différemment qu’avant ?

Lire l’article résumé.

Episode 2 – 30 avril

Le Budget participatif : un exercice inratable ?

C’est le dispositif le plus plébiscité des dernières années aussi bien par les élus, les services et les habitants. Normé, sécurisé, on est loin du saut dans le vide et les retours d’expérience sont nombreux pour vous éviter les mauvaises surprises. Qu’est-ce qui fait le succès du budget participatif et quels sont les éléments indispensables à connaître pour vous mettre sur les bons rails ?

Lire l’article résumé.

Episode 3 – 7 mai

Ecueils et facteurs clés d’une consultation en ligne : qu’est-ce qu’une consultation réussie ? Comment le mesurer ?

Demander leur avis à des gens, c’est simple comme bonjour. Recueillir des contributions utiles par les services et élus, faire évoluer vos projets à partir de ces contributions, générer de la satisfaction chez les participations, c’est bien plus difficile et hélas bien plus rare. Quels sont les ingrédients indispensables à la réussite d’une consultation en ligne et comment évaluer son impact ?

Lire l’article résumé.

Episode 4 – 14 mai

Il n’y a pas que le budget participatif dans la vie : panorama de cas d’usage “innovants”

“Innovation”, le mot est lâché. Nous souhaitons ici présenter des cas d’usage qui méritent l’attention par leur caractère singulier. Au-delà de la présentation de ces cas d’usage, nous lancerons la discussion sur ce que ces initiatives ont de différent des pratiques les plus courantes. 

  • Projet d’entraide directe pendant la crise du Covid-19 (Orléans, Albi, Rennes, Paris…)
  • Consultations sur le plan climat (Grenoble-Alpes Métropole, Grand Poitiers)
  • Consultation budgétaire (département de la Corrèze) 

Pas d’article résumé pour cet épisode 🙂

Episode 5 – 20 mai

Droit de suite : faire participer, c’est bien, recréer durablement de la confiance sur votre territoire, c’est mieux !

Comment organiser le retour aux participants une fois qu’ils ont apporté leur contribution ? Du mail de remerciement (une politesse élémentaire qui n’est finalement pas si fréquente dans les faits) aux comités citoyens de suivi et d’évaluation, nous dresserons un panorama des pratiques existantes et nous interrogerons sur les moyens de les encourager, voire de les systématiser.

Lire l’article résumé.

Episode 6 – 28 mai

C’est quoi une API et à quoi ça peut vous servir ? (ne partez pas, c’est plus simple que ça n’y paraît)

Notre Directeur technique, Aurélien David, sortira ses plus belles métaphores pour vous faire comprendre facilement ce qu’est une API. Au-delà de la définition, il vous expliquera surtout les usages que vous pouvez en faire et en quoi les API seront bien le pilier, demain, de vos démarches numériques sur votre territoire. 

On vous attend !

Episode 7 – 4 juin

“Numérique et présentiel sont complémentaires” : de l’affirmation à la pratique, quelle articulation pertinente mettre en place ?

Toute personne qui a assisté à un colloque récemment a forcément entendu la phrase magique : “numérique et présentiel sont complémentaires”. Derrière l’unanimisme, il s’agit de réfléchir concrètement à la bonne articulation en prenant le meilleur des deux, en étant lucide sur ce que l’un et l’autre ne savent pas faire, le tout en réfléchissant à la meilleure allocation possible des ressources et des moyens. Nous reviendrons en détail sur 3 cas d’usages possibles , qui nous paraissent les plus pertinents :

  • les ateliers de cadrage en amont pour structurer la consultation en ligne
  • les ateliers-relais pendant la consultation pour toucher les publics dits éloignés
  • les ateliers délibératifs à l’issue de la consultation en ligne pour approfondir les points clivants ou idées nouvelles.

On vous attend !