Carole Fournel est responsable du Service Vie étudiante de l’Université Lumière Lyon 2, qui lancera son premier budget participatif dans quelques jours !

Cap Collectif : L’université Lumière Lyon 2 lance son premier budget participatif étudiant (BPE) en cette rentrée 2019. Comment est venue l’idée du BPE ? 

Carole Fournel : L’idée du budget participatif est venue dans un contexte où nous nous interrogions sur la manière dont on peut associer beaucoup plus les étudiants dans la programmation des animations qui sont sur le campus, dans la vie de la Maison de l’Étudiant, etc.

J’ai assisté à une réunion de travail entre plusieurs universités, grâce au Réseau national Vie étudiante. J’ai eu à cette occasion un retour d’expérience des universités de Tours et de Rennes II, et je me suis dit que c’était super ! Le BPE semblait être un dispositif qui pouvait être mis en place chez nous. J’ai donc gagné beaucoup de temps dans l’assimilation de ce qu’est ce dispositif, parce qu’il y a vraiment eu un très fort partenariat avec ces deux universités pour transmettre les éléments et la manière dont ils avaient travaillé. Cela m’a permis de faire avancer facilement le sujet au niveau de l’Université Lyon 2. 

Par ailleurs, nous avons à Lyon 2 une équipe présidentielle qui est très ouverte sur ces démarches de démocratie participative. Le contexte était donc favorable sur plusieurs points.

Quel est selon vous l’intérêt d’un tel dispositif pour les étudiants ? 

Pour nous, l’objectif premier réside dans l’appropriation du campus par les étudiants de l’Université. C’est très important qu’ils s’en sentent acteurs, et qu’ils le transforment à leur image, en fonction de leurs besoins. 

Comment avez-vous été accompagnée par Cap Collectif ? 

Dans un premier temps, Cap Collectif a permis d’apporter une visibilité sur l’ossature des différentes étapes qu’on allait devoir traverser dans la construction du projet. Ça donne vraiment le squelette, une structuration de la gestion de projet, et c’est vraiment important lorsque l’on démarre.

Par la suite, nous avons été accompagnés sur de nombreux points. Par exemple sur la  rédaction du règlement, sur lequel Cap Collectif a insisté : finalement, on commence à comprendre pourquoi c’était si important. Nous avons aussi été accompagnés dans le cadrage, ou encore dans le benchmark que Cap Collectif a pu faire par ailleurs sur des règlements d’autres universités… Tout ça nous a fait gagner du temps.

Enfin, cet accompagnement a été utile sur la manière de mobiliser les services de l’Université, en les associant en amont de la démarche (via l’organisation d’un séminaire entre les services notamment). Cette mobilisation des services nous a permis de leur montrer que le BPE est un dispositif qui a été mis en place ailleurs et que ça marche !

À votre avis, le BPE peut-il être une première étape vers davantage de participation, ou via d’autres modalités ?

On voit vraiment le budget participatif comme un dispositif qui peut être plus facile ou plus attractif que d’autres, pour ensuite aller vers des processus participatifs plus réflexifs. 

On teste aussi beaucoup de choses à côté, avec l’espoir de trouver les bons outils suite à ces expérimentations. Par exemple, on réfléchit en ce moment à mettre en place une sorte de comité d’usagers de la Maison de l’Étudiant. La Maison de l’Étudiant, c’est à peu près 400 étudiants par jour qui viennent pour des choses diverses. Actuellement, on essaie de s’interroger : comment on créé une culture, une communauté ? Ces étudiants viennent souvent, et pour le moment ils viennent plutôt prendre du service, ce qui est très bien, c’est fait pour. Mais comment arrive t-on à les faire basculer aussi en tant qu’acteurs de ces services ? 

L’objectif est d’acquérir cette année un peu d’expérimentation, et d’en tirer les conclusions en fin d’année.



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