Il y a quelques jours, nous vous avons présenté notre API publique. Une Application Programming Interface est une interface vous permettant de générer des données depuis une plateforme. Imaginez-vous un menu de restaurant. Grâce à la liste proposée dans ce menu, vous échangez avec la cuisine et choisissez vos plats. Une fois votre choix fait, vous êtes servi. L’API fonctionne de la même façon. 

Cette interface vous permet donc d’exporter des fichiers Open Data, à partir de votre plateforme, d’intégrer ces données à d’autres outils ou encore de synchroniser des applications existantes avec votre plateforme. Vous choisissez votre jeu de données, vous l’exportez et vous voilà servi. Comme au restaurant. 

Notre API a été pensée dès les débuts de Cap Collectif, mais a d’abord été développée pour l’interne. Avec le temps, et en parallèle d’une demande de nos collectivités clientes comme Nantes, son ouverture a été envisagée. Cette ouverture a demandé du temps car il ne s’agit pas d’activer un simple bouton : sans documentation claire et fournie et sans stabilité dans son évolution, cette interface s’avèrerait inutilisable et donc inutile. De plus, la création d’une API nécessite de prévoir un certain nombre de contraintes afin de définir comment, quand et à quoi les autres plateformes pourront accéder. 

Pourquoi a-t-on voulu créer une API publique ? 

Nous pensons que la participation citoyenne et l’Open Data sont des alliées. Les données fournies grâce à l’Open Data peuvent ainsi alimenter un cercle vertueux de participation. On vous détaille cette idée en fin d’article mais d’abord revenons sur le concept d’open data.

L’Open Data, c’est quoi ? 

Prenons un petit temps pour vous présenter l’Open Data (ou “données ouvertes”). 

Les données dites ouvertes sont des données accessibles et utilisables par tous les citoyens, et ce gratuitement (à ne pas confondre avec l’Open source, on vous en parlait ici).  

Pour être considérées comme ouvertes, celles-ci doivent répondre à plusieurs critères et être : 

  • complètes : les données mises en ligne doivent représenter l’intégralité des données collectées par l’organisation les mettant à disposition
  • brutes : ces données doivent être disponibles dans leur version primaire et ne pas avoir été soumises à des traitements ou mises en forme
  • accessibles : aucun enregistrement et inscription ne doivent être nécessaires pour accéder aux données
  • exploitables : les données doivent pouvoir être lues et exploitées automatiquement par une machine
  • sous licence ouverte : la transformation, combinaison et réutilisation des données doivent être autorisées, et même à des fins commerciales 

Du côté des collectivités et des organismes publics, l’ouverture des données est obligatoire depuis 2016. 

Et concrètement ? 

Un jeu de données peut être une liste d’équipements, un agenda, un rapport financier, un plan des infrastructures ou une carte d’un territoire, un rapport sur la pollution de l’air, comme la liste de tous les prénoms donnés aux enfants nés dans une collectivité en 2018. Tous les types de données sont donc concernés, sauf celles comportant des informations confidentielles et personnelles. 

Quel lien avec la participation ?

Les enjeux de l’Open Data sont multiples. En donnant à interagir avec les données et en abolissant la complexité technique pour les récolter, l’Open Data permet ainsi de démocratiser l’utilisation de la donnée et de moderniser les pratiques. C’est aussi une source d’innovation et de création de nouveaux outils, usages ou services, construits grâce à une meilleure compréhension d’un territoire, d’un public ou d’une organisation. 

Un des enjeux principaux de l’Open Data concerne également la transparence. La demande d’ouverture des données s’inscrit dans l’Open Gov, qui promeut la transparence de l’action publique et son ouverture à de nouvelles formes de concertation et collaboration avec la société civile, donc de participation citoyenne (c’est ici qu’on intervient). Open Data et participation sont deux des piliers du projet de démocratie ouverte. 

Schéma des piliers de la démocratie ouverte

Dans ce sens, Open Data et participation des citoyens se rejoignent. Elles visent toutes les deux à mieux conduire l’action publique, par la transparence et l’inclusion des citoyens, tout en transformant les processus décisionnels. 

Elles ont donc un objectif commun, auquel l’API publique contribue en permettant aux citoyens de vérifier en temps réel que des contributions ne sont pas censurées sur une plateforme de consultation en ligne. 

Un cercle vertueux 

Indépendamment de leur objectif commun, l’open data et la participation peuvent s’alimenter l’une l’autre. Quelques exemples concrets, en amont et après un projet participatif :  

  • Utiliser les données en amont d’un projet participatif vous permet de créer un processus adapté à vos besoins. 

Vous avez un projet de Plan Climat ? 

Partagez votre diagnostic environnemental, votre plan routier, vos données sur la gestion des déchets et l’historique des actions que vous avez déjà menées ou que vous souhaitez mettre en place. 

Les citoyens seront mieux armés pour participer. Avec davantage d’informations, ils seront à même de mieux comprendre le projet et ses enjeux, et pourront proposer des contributions potentiellement plus pertinentes et fondées.  

  • Utiliser les données issues d’un projet participatif. Vous pouvez par exemple : 
    • Organiser un hackathon comme pour le Grand Débat national (et toujours grâce à notre API), lors duquel les données issues de la plateforme ont été traitées et analysées afin d’étudier les participants et leurs contributions 
    • Créer de nouvelles visualisations de données, croisées et traitées à des niveaux plus fins 
    • Assurer une synchronisation de vos différents services et plateformes web
    • Afficher des compteurs de participation en temps réel pour animer vos ateliers en présentiel, comme le fait la Ville de Rennes lors de la phase de vote de son budget participatif
  • A l’issue d’un projet participatif, l’Open Data participe également à la crédibilité d’une démarche participative. Elle permet d’assurer à tous que les contributions n’ont pas fait l’objet de manipulations et que les règles du jeu ont bien été respectées.

Une alliance à créer

Si l’Open Data et la participation sont proches, leur utilisation en commun n’est pas si évidente. 

En pratique, et dans les services, les deux sujets peuvent être vus comme des thématiques assez hermétiques : les personnes en charge de la participation ignorent souvent tout des sujets et projets de celles en charge de l’Open Data, et inversement. Une collaboration entre les services doit donc se faire, afin que les initiatives partagées puissent se multiplier. Tout cela ne sera possible que grâce à une bonne compréhension et un portage de la part des décideurs, qui sont encore trop peu nombreux à s’y intéresser. 

Un travail de pédagogie est également nécessaire : 

  • Pédagogie destinée à tous, pour présenter l’Open Data et son lien avec la participation : les données ouvertes sont encore méconnues de beaucoup de citoyens, et utilisées par un petit nombre d’experts. 
  • Pédagogie destinée aux participants de vos futurs projets, de compréhension des jeux de données : les données brutes peuvent être incompréhensibles pour une bonne partie des citoyens. Des visualisations, éditorialisations ou autres informations semblent donc indispensables afin que ces données soient mieux appréhendées par tous les participants. 

On aura donc pris un peu de temps pour vous présenter cette API et toutes les possibilités qu’elle vous offre. Et on en est assez fier (pas du temps, mais de l’API). À vous maintenant de l’utiliser pour créer d’autres projets et d’autres outils et continuer le cercle vertueux de l’Open Data et de la participation citoyenne.