Depuis 2015, Cap Collectif accompagne de nombreuses collectivités locales sur la voie d’une forme d’expérimentation que nous apprécions particulièrement : le budget participatif. Aujourd’hui leader des budgets participatifs en France, nous avons réalisé une étude statistique auprès de nos collectivités clientes, dont nous vous partageons dans ce dossier les principaux enseignements.


Jean-Damien Colombeau, directeur du Développement Social et Urbain de la Ville de Clermont-Ferrand, réagit à notre étude « 4 années de budgets participatifs à Capco ».

Question : Qu’est-ce qui a poussé la Ville de Clermont-Ferrand à mettre en place un budget participatif ?

Le Maire élu en 2014 a souhaité moderniser les politiques publiques existantes, en y associant les habitants. De grandes concertations ont été lancées en début de mandat, comme les Etats généraux de la culture, le Projet éducatif Ville… Un chantier de refonte de la participation à Clermont-Ferrand a ensuite été initié, avec l’idée de privilégier les démarches participatives aux instances de participation. Nous avons mis en place un certain nombre d’instances bien sûr, mais nous avons fait le choix de concentrer l’énergie des services sur des démarches de participation nouvelles, dans l’objectif de toucher un public élargi et de travailler différemment en interne. Le lancement de notre budget participatif début 2018 s’inscrit dans cette dynamique.

Comment le projet a-t-il été reçu par les services ? 

Il a fallu argumenter mais on a affaire à des agents qui sont sensibles à ce type de démarches. Il y a une vraie évolution culturelle à l’oeuvre, y compris au sein des services techniques. Les agents aussi voient bien qu’on ne peut plus fonctionner comme avant, ils aspirent à faire des choses plus utiles pour les habitants, plus reconnues. L’accueil réservé au budget participatif a donc été bienveillant. 

La mise en oeuvre de projets lauréats a même été un élément de motivation pour certains agents, car il s’agissait de projets assez semblables à des projets qu’eux-mêmes avaient porté en interne, mais qui n’avaient alors pas été retenus. 

“Les agents aussi voient bien qu’on ne peut plus fonctionner comme avant.”

Au sein de l’équipe projet, on s’est questionné sur la perception que pouvaient avoir les agents de l’impact du budget participatif sur leurs missions. Car au final, le budget participatif est un dispositif de « mise à l’agenda ». On savait donc que les services techniques allaient être impactés. Mais cela restait théorique. C’est devenu concret au moment de la phase d’étude de faisabilité. Là, on est entrés dans le vif du sujet en termes de transversalité. 

Pouvez-vous détailler ce point sur la transversalité induite par le budget participatif ? 

Il y a eu une évolution en cours de projet sur les types de compétences que nous devions déployer. Au début du projet, nous étions dans un schéma classique de mobilisation de la population, durant laquelle nous avons communiqué, organisé des réunions ou des ateliers de travail… Au moment de l’analyse des projets, nous avions plus besoin de profils du type “chef de projet” pour mettre les différents services autour de la table, fixer des calendriers, organiser la transversalité. 

Ce qui est intéressant dans une démarche telle que le budget participatif, c’est que les habitants ne se soucient pas des découpages entre services et encore moins entre institutions. De fait, la quasi totalité des projets lauréats sont des ovnis dans le sens où ils ne rentrent pas forcément dans une case et impliquent différents services. Or, il faut bien rendre ces projets concrets. Pour moi, il existe un lien très fort entre les politiques de participation citoyenne et la remise à plat des manières de faire dans les services, car dès lors qu’on met l’usager au centre, ça nous oblige à mettre en place de nouvelles méthodologies. 

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