Nous profitons du bilan très positif de la 3e édition du budget participatif de Rennes pour converser avec Stéphane Lenfant, en charge du projet. Nous lui proposons de regarder en arrière en tirant les enseignements de cette expérience réussie de démocratie locale. Rennes est la préfecture de la Région Bretagne et compte 215 000 habitants. Huitième cité universitaire du pays, elle est l’une des villes françaises les plus dynamiques économiquement.

Bonjour Stéphane. Rennes a lancé la première édition de son budget participatif sur la plateforme Capco dès 2015. Pourquoi avoir misé très tôt sur le budget participatif ?

La Ville a travaillé à travers ses Assises de la Démocratie locale à la mise en place d’une Charte de la Démocratie locale. Ce document avait prévu de développer l’usage du numérique de manière générale dans ses démarches de participation. La plateforme de Cap Collectif répondait, à la manière d’un couteau suisse, à l’ensemble des enjeux de la participation numérique, dont faisait partie le budget participatif.

Vous en êtes aujourd’hui à la 3e édition. Avec le recul, comment évaluez-vous les impacts du budget participatif sur le territoire de Rennes métropole ?

Le budget participatif constitue un levier fort de participation, de création de lien social et d’innovation. Les Rennais ont bien appris à utiliser le budget participatif et ce rendez-vous permet un débat utile sur les projets. Pour la collectivité, cela permet de mieux prendre en compte les attentes des habitants. En interne, la mise en place d’un budget participatif constitue une mini révolution pour les services. Une organisation plus transversale et tournée entièrement vers l’usager a été mis en place.

Quels sont les ajustements ou enseignements que vous avez retiré d’une édition à une autre ?

Si la question du numérique constitue un levier de participation, elle ne peut répondre seule aux défis démocratiques qu’il semble nécessaire de relever. C’est bien à travers une meilleure coordination des démarches numériques et « présentielles » que nous pourrons collectivement répondre à l’attente de participation des habitants.

En tant que responsable du service Innovation numérique, comment évaluez-vous le rôle d’une plateforme numérique dans ce dispositif ?

La plateforme numérique est un outil central de co-construction des politiques et des projets publics. Elle permet de mener des concertations avec des publics qui peuvent se sentir éloignés des démarches de participation. Il est cependant important de bien anticiper la communication sur les démarches de participation numérique.

Un petit mot plus spécifique sur l’application ?

La plateforme de Cap Collectif permet de répondre à de nombreux objectifs de participation des collectivités. Plus qu’un prestataire technique, Capco est pour nous un partenaire pour construire les démarches de concertation numérique.

Merci Stéphane 🙂