Coop de France représente les coopératives agricoles, agroalimentaires et forestières françaises, soit environ 2 500 entreprises. Elle promeut le modèle coopératif et intervient comme force de proposition, notamment auprès des pouvoirs publics français et européens ou des médias.

A l’instar des Etats généraux de l’alimentation que le Gouvernement a menés l’an dernier (sur une plateforme Capco) afin de questionner la filière au niveau national, les coopératives agricoles souhaitent aujourd’hui débattre, et élargir le débat à la participation de tous ceux qui le veulent, pour proposer une « vision d’avenir » en s’appuyant sur les contributions qui viendront alimenter ce débat.

Nous devons sortir des oppositions de principe et répondre aux attentes des agriculteurs-coopérateurs, des salariés et des consommateurs-citoyens.

Le Grand Débat Coopératif 2018 qui s’est lancé aura lieu jusqu’en septembre 2018. Coop de France a d’ores et déjà annoncé qu’elle réaliserait, à l’issue de la consultation, une synthèse des propositions d’engagements qui sera envoyée aux 2 500 coopératives agricoles afin qu’elles choisissent de prendre un ou plusieurs engagements en fonction de leur contexte local. Par ailleurs une synthèse de ces engagements sera rendue publique lors du congrès de Coop de France en décembre 2018 et communiquée au grand public et aux décideurs politiques locaux et nationaux.

D’ici là, les agriculteurs ou agricultrices adhérent(e)s à une coopérative et/ou les salarié(e) d’une coopérative ou d’un groupe coopératif sont invité(e)s à participer en deux temps : d’abord à un sondage de perception de la réalité coopérative. Ensuite à une consultation multi-thématique :

Comme beaucoup de sites internet, Capco permet à ses utilisateurs de se connecter à toutes ses plateformes d’intelligence collective grâce au système d’authenfication proposé par Facebook. Cette décision, que nous avons prise dès le début de l’aventure en 2014, est motivée par notre volonté de faire participer un maximum de citoyens à la décision. Aujourd’hui, de nombreux internautes se demandent s’ils doivent quitter Facebook suite à l’affaire Cambridge Analytica. Nous apportons ici quelques précisions.

Le bouton bleu Facebook Login est un mode de connexion qui présente l’avantage de ne pas obliger les internautes à remplir un formulaire de création de compte pour chaque site web qu’ils visitent. Ces boutons de connexion mutualisée font désormais partie du paysage de nos vies numériques et d’autres réseaux existent, comme celui de Google ou de Twitter. L’Etat français possède lui-même un tel projet : France Connect, qui relie déjà votre « compte citoyen » à différentes administrations, comme les impôts, la Poste ou la sécurité sociale.

L’enjeu (pour Capco, et pour d’autres) est de rendre la connexion à une plateforme de participation « séduisante ». Les concepteurs de sites web ont étudié la question (et ils sont formels) : plus un formulaire d’identification est long à remplir à l’entrée d’un site, plus la probabilité est élevée que l’internaute se démotive en cours de route et finisse… par ne pas participer. L’avantage du bouton Facebook c’est qu’il suffit de cliquer dessus et vous voici automatiquement identifié.e sur la plateforme.

Grand ménage de printemps

Chaque site web, en paramétrant ce bouton Facebook, décide lui-même des informations qu’il y récolte. C’est en partie la raison sur laquelle sont fondées les critiques vis-à-vis du géant américain, car la quantité et la variété d’informations personnelles que les internautes confient à ces opérateurs tiers sont relativement opaques. De fait, à tous ceux qui hésitent aujourd’hui à quitter Facebook, certains suggèrent d’ailleurs d’être plus rusé que le réseau social et de commencer à faire du ménage dans les dizaines, voire les centaines d’applications auxquelles vous avez donné votre consentement pour « emprunter » vos données personnelles. Il suffit notamment de supprimer l’accès pour celles dont vous ne vous souvenez plus.

Si vous avez participé à une opération menée sur une plateforme Cap Collectif (comme la Journée des bibliothèques, la consultation sur l’abaissement de la vitesse à 80 km/h, le budget participatif de la Ville du Mans ou les états généraux de la bioéthique — actuellement en cours) et avez choisi la connexion Facebook, nous conseillons de ne pas retirer l’application de votre collection, pour deux raisons :

  • Primo, comme nous l’avons déjà souligné ici et , vos données personnelles n’appartiennent pas à Capco. Elles sont contractuellement sous la responsabilité de notre client, pour qui il convient de suivre la règlementation en vigueur concernant les données personnelles — et tous nos clients aiment repecter la loi 😉
  • Secundo, les informations que notre plateforme demande à Facebook pour vous connecter en un clic se réduisent aux informations de votre profil public (donc uniquement ce que vous avez déjà décidé de rendre visible à tous) ainsi que votre adresse mail. Cette dernière permet souvent à l’organisateur de la consultation, du budget participatif, ou de toute autre projet participatif auquel vous avez contribué, de vous tenir informé.e des suites du projet. Et c’est tout.

En dehors de OAuth (le protocole d’identification utilisé par Google et Facebook) et de SAML (système utilisé principalement en entreprise, pour les instances sécurisées de nos clients), nous allons bientôt permettre la connexion via OpenAM et nous réfléchissons à l’utilisation de France Connect pour l’avenir.

Paris, Bordeaux, Lyon, Nice et Angers explorent la possibilité de travailler ensemble sur un projet de mutualisation de données, rapportait la semaine dernière Le Journal du Net. Pour, notamment, “normaliser la structure fonctionnelle et technique d’un système d’information de la donnée et la nomenclature des champs d’application”.

Sur le fond, questionner l’interopérabilité des systèmes d’information de bassins de population aussi vastes est mille fois légitime. Travailler ensemble sur leur définition peut donc paraître attendu, voire nécessaire.

Sur la forme, le “Journal du Net” avance également la question de la souveraineté de ces métropoles, en arguant :

“Les villes ne veulent plus dépendre des licences propriétaires d’un prestataire pour gérer cette couche de données qui héberge toute la valeur de la smart city. Elles souhaitent faire un maximum appel à l’open source et utiliser leurs propres équipes techniques pour la gestion. Les villes devront forcément passer par des prestataires pour développer certaines fonctionnalités mais ceux-ci ne seront pas gestionnaires du système et n’auront aucun droit sur les données.”

On ignore à ce stade s’il s’agit d’un élément de réflexion propre au média spécialisé dans les questions du numérique ou si ces préoccupations sont directement issues des collectivités interrogées, mais ce sont des arguments qui interpellent lorsqu’on est prestataire de service.

Open data ≠ open source

L’amalgame est grossier mais il est devenu courant. Volontairement ou pas, on va dresser deux camps : les gentils vertueux du code source ouvert (open source) et les méchants profiteurs du code source fermé (logiciels propriétaires). L’article le dit textuellement : en internalisant la plateforme numérique, la collectivité va regagner en “souveraineté”. Et sous-entend sans prendre de gants qu’un prestataire de service, pourvu de droits d’administration sur un système, va forcément privatiser les données issues de la plateforme.

Le problème, c’est que le traitement et l’exploitation libre de données issues d’un système s’appelle l’open data (données ouvertes) et n’a rien à voir avec l’open source. Les deux sont parfois compatibles, parfois pas. Par exemple, la Corée du Nord a développé son propre système d’exploitation (hyper fermé) à partir de Fedora, une version de l’excellent système open source Linux.

A l’inverse un logiciel propriétaire, comme Cap Collectif, peut être un (très) fervent militant de l’open data. Tellement fervent que ce “détail” est inscrit dans le contrat que nous signons avec les collectivités (et avec tous nos clients) : les données vous appartiennent. Capco n’y touche pas, ne les exploite pas et évidemment ne les commercialise donc jamais.

Ce n’est pas le code qui fait la loi, c’est l’impact de la décision

Au coeur de notre vision de la participation citoyenne réside la transparence du processus décisionnel. C’est cette transparence qui va garantir en partie la confiance que pourra accorder celle ou celui qui décide de participer au projet. Qui lui permet d’en comprendre les tenants et les aboutissants, de prendre position ou de se faire une opinion au regard des contributions des autres participants, de déterminer le niveau de sincérité de la démarche du décideur au vu des engagements et de l’évaluation globale du projet. Il est donc impératif que les contributions des utilisateurs de la plateforme soient ouvertement et intégralement disponibles… en open data ¯\_(ツ)_/¯

Par conséquent, il est relativement malhonnête de “vendre” l’open source à une collectivité en prétendant que le modèle est plus vertueux qu’un autre et qu’il répond par nature aux exigences d’un bon service public. C’est à peu près la même faribole que de prétendre qu’il est moins cher au prétexte de son internalisation : c’est sans compter sur le coût humain de son développement, de son hébergement et de sa maintenance qu’il convient de chiffrer et de comparer, par exemple, avec une offre en SaaS d’un prestataire comme Capco.

“Il faut qu’une porte soit ouverte… ou d’une autre couleur.” — Pierre Dac

S’agissant d’interopérabilité nous travaillons depuis neuf mois à animer un réseau vertueux de collectivités clientes (à ce jour : Rennes, Mulhouse, Grenoble-Alpes Métropole, Montreuil, Orléans, Clermont-Ferrand, Le Mans, Lille, Paris et bien d’autres) afin de créer une dynamique d’échanges de pratiques sur une unique plateforme. Il est donc tout-à-fait possible d’externaliser et, en même temps, de créer des économies d’échelle.

S’agissant de souveraineté, encore une fois : les données appartiendront toujours au client. Et donc avant tout aux utilisateurs, protégés par la loi.

Deux ans après avoir propulsé la consultation pour le nommage de la région Occitanie (plus de 160 000 participants sur notre seule instance) c’est avec un grand plaisir que nous retrouvons cette belle région grâce au lancement de la plateforme participative de la ville d’Albi.

La préfecture du Tarn s’équipe de ce dispositif pour « compléter les instances existantes » (les conseils de quartier y ont été mis en place depuis presque 10 ans) et pour donner la possibilité aux 50 000 habitants de la commune (100 000 dans l’aire urbaine) de s’engager, de s’informer, d’émettre des idées ou de donner des avis sur des consultations en ligne lancées par la ville.

C’est une des  caractéristiques de la plateforme Capco : vous venez pour lancer une consultation, un questionnaire, une votation, un budget participatif, une boîte à idées… et vous repartez avec toute la panoplie pour le même prix !

A Albi, pionnier de la démocratie participative, la plateforme de participation citoyenne permet déjà de développer la concertation sur l’opportunité de créer une application mobile pour la ville et de mettre en place une boîte à idées pour recueillir toutes les propositions des Albigeois sur la vie municipale.

 

Les Rencontres nationales de la participation propulsées du 6 au 8 mars à Marcq-en-Baroeul par le think tank Décider Ensemble sont une vraie réussite : 700 participants, un foisonnement d’enthousiasmes et une diversité d’ateliers qui laissent rêveur. D’où vient pourtant cette minuscule amertume qui stagne dans l’air printanier comme un pollen moqueur ? Comment entendre cette sensation d’inachevé qui partage la vedette avec la satisfaction d’avoir partagé un “moment” d’intelligence collective ?

La dispersion mentale est sans doute une première piste. Dans la profusion de temps de cerveaux disponibles, il sera bien difficile de percevoir un fil conducteur, une direction générale, un motif : il fallait savoir jongler avec la formation aux réunions publiques, la co-construction d’une enquête publique, le débat sur les marchés publics, le témoignage de garants, les expérimentations à l’étranger, la participation en santé, les communs, les chartes, la planification, les centres sociaux, les plateformes, les PLU, les budgets participatifs, la concertation en milieu rural, les jeunes…

Nous misons ici également sur une seconde possibilité : le manque de perspective et de perspectives. Si les Rencontres ont, cette année encore, dressé un panorama fantastique des moyens (humains, techniques, intellectuels) à disposition de la participation, on aura encore du mal à cerner l’après. Dépasser les constats et les diagnostics. En somme, passer à l’action et produire de l’impact. Car la démocratie, ce ne sont pas les Jeux Olympiques : participer ne suffit pas. Il est donc nécessaire que tous les acteurs soient là, à commencer par les décideurs.

Le doute

Malgré la richesse des échanges qui se sont matérialisés au long des trois jours, malgré la mobilisation sincère de quelques élus de Clermont-Ferrand, de Mulhouse, de Nantes, de Grenoble, de Lyon, de Créteil et d’ailleurs, la matière première du questionnement a bien trouvé refuge durant les grandes messes d’ouverture et de clôture de l’évènement. Au point qu’on pourrait sans doute résumer l’évènement à ces deux tables rondes, et même principalement aux aphorismes d’un habitué du genre : Loïc Blondiaux, professeur à la Sorbonne et sociologue référent sur les questions de participation.

« La démocratie participative c’est la condition de la survie de nos démocraties », « les politiques sont la clé de toute démarche participative », « les citoyens doivent être convaincus d’être égaux vis-à-vis des élus », « il faut repenser le leadership, l’élection n’est plus suffisante », « les décisions ne peuvent plus se prendre en vase clos entre experts et décideurs »… — derrière la prédication, point un message fort : repenser les règles et associer les citoyens à la décision publique. Ce qui implique un changement de posture du politique, des élus, des décideurs et surtout une refonte des processus de décisions.

Or, si Blondiaux, un brin moqueur, s’est félicité de la présence d’élus à une table ronde intitulée « Peut-on encore intéresser les citoyens à la vie publique ? » on a envie de l’accompagner dans son cheminement de pensée : peut-on encore intéresser les politiques à la vie publique ? « Former les élus aux techniques de participation, ce sont des choses simples. Comme apprendre qu’il ne faut pas prendre la parole cinq fois plus longtemps que les autres » commente-t-il, goguenard, devant une salle bondée et disposée à sourire.

Plus sérieusement, les élus sont bien présents, bien que rares. A l’image de Pauline Véron, adjointe en charge de la démocratie locale et de la participation citoyenne à Paris, qui n’hésite pas à provoquer en se demandant pourquoi on parle « d’innovation démocratique » en décrivant les fondamentaux, à savoir le dialogue entre des élus et des citoyens. Et de renchérir : « la verticalité de notre société est une des causes à la non formation des élus à la concertation et à la participation citoyenne ». Mais la verticalité a bon dos, et Blondiaux prévient : « la démocratie participative n’est pas seulement une question de règles, de textes, mais une question de culture, de pratique. »

L’espoir

Et pourtant, comme le rappelle Raymond Vall, sénateur du Gers : « les textes prévoient déjà l’innovation démocratique, ce qui est compliqué c’est la mise en oeuvre ». Dans la salle, l’ambiance se réchauffe. Armel Le Coz, du collectif Démocratie Ouverte, questionne depuis le 15e rang : « quel budget les élus dédient-ils à la Recherche & Développement pour l’innovation démocratique ? La démocratie ce n’est pas gratuit ! » On sent bien que le nerf de la guerre s’approche à grand pas.

« Les outils de la participation existent mais il faut que le politique s’engage et respecte l’expression citoyenne. Mieux vaut ne pas concerter que concerter et ne pas tenir compte des citoyens, sinon gare au populisme » intervient Bertrand Pancher, député de la Meuse et président de Décider Ensemble.

Dans une salle attenante, nous apprenons que 38 à 42% des municipalités portugaises déploient des budgets participatifs. Que l’Etat (etalab) s’est rendu compte qu’il n’y avait « pas tant de trolls et de spam » finalement sur ses plateformes de participation. Qu’au Québec « on crée des conditions d’éveil d’une conscience participative » en acceptant de faire passer tant les petits projets que les politiques publiques « dans le prisme du dialogue citoyen ». Et à l’atelier « Rapport au pouvoir, changement de posture », trois élus seulement sur 70 participants.

« Partout où la participation citoyenne fonctionne bien, il y a un leader fort et impliqué » conclut Blondiaux. Nous voyons les effets que peuvent produire cette implication : Rennes, Mulhouse, Orléans, Montreuil, Grenoble — et dès 2015 la co-construction du projet de loi République Numérique — sont les témoins qu’un portage politique puissant est la porte ouverte à la participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques.

“Les outils existent mais il faut que le politique s’engage et respecte l’expression citoyenne”. La messe est dite et elle est envoyée par l’organisateur de la fête. Nous savons, nous pouvons. Reste à savoir si nous voulons.


Les Tops de Thibaut

  1. Marcq-en-Baroeul : quand on a du descendre les volets dans l’atelier sur le budget participatif, et que Grenoble s’est plaint d’être ébloui par le soleil du Nord !
  2. Les paroles simples de l’élue de Sailly-les-Lannoy qui rappellent que la participation reste libre et que son but n’est pas de forcer des gens (qui ne lui ont rien demandé) à s’investir !
  3. La démonstration live de trolling pendant la plénière d’ouverture : on met ça sur le dos du numérique ou de la frivolité de l’assistance, plutôt que de voir l’évidence : on a proposé au public de poser des questions sans prévoir que le public attendrait une réponse !

Les Flops de Thibaut

  1. Le Musée des Beaux Arts où il n‘y avait aucune sculpture de Dany Boon.
  2. Les faux débats sur le numérique où on ne cesse d’opposer le présentiel et le numérique tout en commençant ses phrases par une ode à leur complémentarité.
  3. Le manque de nouvelles têtes dans les intervenants en plénière : dans les 700 participants, il y avait forcément des gens moins habitués des plateaux mais tout aussi intéressants.

Merci à Bertrand Pancher pour la photo 🙂

Lire aussi :

Un de plus ! On imagine mal à quel point toute l’équipe est enchantée d’accueillir Pierre au sein du pôle Produit. Outre le fait que nous adorons recruter des personnes répondant au même prénom (c’est notre troisième Pierre, nous avons déjà eu jusqu’à quatre Maxime), l’arrivée d’une force vive chez les développeurs va faire un bien fou à notre feuille de route technique.

C’est qu’en 2018 nous avons gentiment chargé la barque pour répondre à nos ambitions : poursuivre l’amélioration de la plateforme, continuer de développer des fonctionnalités et des applications au top du top pour répondre aux besoins spécifiques et innovants de nos clients (une septième app est dans les tuyaux), sans parler du toilettage permanent nécessité par cette belle machine exigente.

En bref Pierre III, ou Pierre Be, ou le surnom qu’on trouvera : un grand bienvenue à toi !

D’où viens-tu ?

De beaucoup d’endroits ! J’ai beaucoup déménagé, surtout les DOM que j’ai à peu près tous faits. Au départ, je suis plutôt de formation littéraire et droit à Montpellier, mais j’ai décidé de m’investir dans les métiers du web à l’HETIC à Paris.

Pourquoi avoir « pivoté » ?

J’ai choisi de devenir développeur web parce que je passais à la base beaucoup de temps sur internet et vu que je suis plutôt curieux j’ai voulu savoir comment tout cela marchait. J’ai alors bidouillé un site, que je garderais pour moi pour des raisons évidentes, et j’ai constaté que j’aimais vraiment ça. Donc j’ai décidé de continuer dans cette voie.

Qu’est-ce qui t’a fait venir jusqu’à Capco ?

J’ai été attiré par l’environnement tech, les process et les « best practices » mis en place par l’équipe dev.

Que fais-tu quand tu ne développes pas ?

Je vais pas du tout être dans le cliché, mais j’aime les jeux vidéo, les séries et les mangas. J’aime beaucoup l’astronomie et j’ai pour projet de faire de l’astrophoto quand j’aurais les sous et le temps, ce qui est difficile à Paris. Je fais de la guitare et du ukulele à mes heures perdues, mais bon niveau autodidacte quoi. Mais mon principal budget, ce sont les voyages à l’étranger. Tout simplement.

Du 13 au 31 mars 2018, le Ministère de la Culture ouvre une plateforme participative que nous avons le plaisir de propulser. L’objet de cette plateforme est de préparer la Journée des bibliothèques, organisée le 9 avril 2018 à Paris au Centre Georges Pompidou.

Cette initiative fait suite au rapport de Erik Orsenna et Noël Corbin : Voyage au pays des bibliothèques, remis au Gouvernement le 20 février dernier. Celui-ci plaide notamment pour l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques et l’élargissement de leur mission.

La consultation proposée ici jusqu’à la fin du mois invite les citoyens à s’exprimer sur ces sujets. Comme pour chaque consultation Capco, la méthodologie prévoit plusieurs types d’expression : par le vote ou l’argumentation vis-à-vis des propositions initiales formulées par le décideur (ici le Ministère), et/ou par la formulation de nouvelles propositions citoyennes — sur trois axes de réflexion :

Au terme de la consultation, le Ministère de la Culture s’est engagé à intégrer la totalité des contributions dans une synthèse cartographique et de présenter lors de la journée de concertation du 9 avril les cinq propositions initiales les plus débattues et les cinq propositions les plus soutenues.

 

Nous profitons du bilan très positif de la 3e édition du budget participatif de Rennes pour converser avec Stéphane Lenfant, en charge du projet. Nous lui proposons de regarder en arrière en tirant les enseignements de cette expérience réussie de démocratie locale. Rennes est la préfecture de la Région Bretagne et compte 215 000 habitants. Huitième cité universitaire du pays, elle est l’une des villes françaises les plus dynamiques économiquement.

Bonjour Stéphane. Rennes a lancé la première édition de son budget participatif sur la plateforme Capco dès 2015. Pourquoi avoir misé très tôt sur le budget participatif ?

La Ville a travaillé à travers ses Assises de la Démocratie locale à la mise en place d’une Charte de la Démocratie locale. Ce document avait prévu de développer l’usage du numérique de manière générale dans ses démarches de participation. La plateforme de Cap Collectif répondait, à la manière d’un couteau suisse, à l’ensemble des enjeux de la participation numérique, dont faisait partie le budget participatif.

Vous en êtes aujourd’hui à la 3e édition. Avec le recul, comment évaluez-vous les impacts du budget participatif sur le territoire de Rennes métropole ?

Le budget participatif constitue un levier fort de participation, de création de lien social et d’innovation. Les Rennais ont bien appris à utiliser le budget participatif et ce rendez-vous permet un débat utile sur les projets. Pour la collectivité, cela permet de mieux prendre en compte les attentes des habitants. En interne, la mise en place d’un budget participatif constitue une mini révolution pour les services. Une organisation plus transversale et tournée entièrement vers l’usager a été mis en place.

Quels sont les ajustements ou enseignements que vous avez retiré d’une édition à une autre ?

Si la question du numérique constitue un levier de participation, elle ne peut répondre seule aux défis démocratiques qu’il semble nécessaire de relever. C’est bien à travers une meilleure coordination des démarches numériques et « présentielles » que nous pourrons collectivement répondre à l’attente de participation des habitants.

En tant que responsable du service Innovation numérique, comment évaluez-vous le rôle d’une plateforme numérique dans ce dispositif ?

La plateforme numérique est un outil central de co-construction des politiques et des projets publics. Elle permet de mener des concertations avec des publics qui peuvent se sentir éloignés des démarches de participation. Il est cependant important de bien anticiper la communication sur les démarches de participation numérique.

Un petit mot plus spécifique sur l’application ?

La plateforme de Cap Collectif permet de répondre à de nombreux objectifs de participation des collectivités. Plus qu’un prestataire technique, Capco est pour nous un partenaire pour construire les démarches de concertation numérique.

Merci Stéphane 🙂

Nous nous sommes récemment entretenus avec Olivier Carré, maire d’Orléans et président de la métropole. Il est venu à la rencontre de Capco l’an dernier, inspiré par le succès du budget participatif de Rennes, avec une vision sur le long terme de la participation citoyenne sur le territoire qu’il administre.

Aujourd’hui, avec le recul d’une première saison réussie, il tire les enseignements du projet, imagine le futur et reste intarissable sur la question de l’inclusion de la population dans les décisions publiques. Appellant même à la naissance d’une « troisième force » qui émanerait de la société, au côté de l’administration et du politique.

Cet entretien intervient à la veille des Rencontres nationales de la participation, au cours desquelles Cap Collectif animera deux ateliers spécifiques sur le budget participatif : le premier, « renouveler ou dynamiser » avec lesbudgetsparticipatifs.fr et le second sur le budget participatif en entreprise avec DAHER.


Verbatim

Je me suis rendu compte qu’on pouvait construire une véritable démarche qui faisait que, quand on allait devant les gens, on arrivait avec un projet qui n’était pas complètement ficelé. Avec cette logique d’écoute et d’affinage de projets, on arrive à construire la ville un peu autrement, et certainement de façon beaucoup plus optimale pour les habitants.

Arc-en-ciel

C’est de là qu’est venue l’idée que les gens voulaient finalement faire autre chose que de la contestation pure : il n’y a pas que des râleurs, il y a des gens aussi qui ont des bonnes idées et qu’il faut savoir écouter. Souvent on avait un peu les mêmes qui venaient dans les réunions et qui étaient ceux qui, finalement, avaient un peu de temps. Des personnes qui sont un peu âgées, qui ont du temps pour regarder les choses. Toujours un peu les mêmes réminiscences, les mêmes remarques, la même famille de remarques. Si on co-construit la ville, mais toujours avec une seule partie de la population, on va finir par faire une ville monocolore là où elle doit embrasser tout le spectre de l’arc-en ciel.

Il faut construire à ce moment-là la ville peut-être par d’autres médias, par d’autres modes, par des éléments qui font que des gens vont se sentir impliqués — parce qu’ils le sont, ils sont intéressés — mais dans les arbitrages il est évident que c’est d’abord leur vie personnelle, leur quotidien, ce qui les presse un peu, qui fait que ça va primer sur l’envie de s’investir pour la ville, c’est-à-dire un peu pour les autres. Ce n’est pas par manque d’altruisme, mais c’est par faute de capital-temps.

Et toujours dans cette logique de co-construction, toujours.

Honnêtement on cherchait plutôt à toucher les 25-50 ans, notamment parce que ce sont eux qui ont beaucoup de mal à venir aux réunions publiques et à travailler au quotidien avec nous. Ça a marché. Cent cinquante-trois projets qui sont sortis de la consultation ont été émis par 80 %  de personnes rentrant dans cette catégorie d’âge. Vraiment une très bonne surprise. J’ai été étonné, contenu du fait que la première vague, on l’a faite vraiment de façon expérimentale et simple — parce que là-dedans, il ne faut surtout pas être compliqué, il faut être le plus simple et le plus direct possible. Là tout le monde a répondu présent. C’était une vachement bonne nouvelle. Et on a eu quand même 153 réponses dans un laps de temps très court, ce qui pour moi est vraiment très positif, sur exactement la cible qu’on avait visée.

Ça m’a vraiment encouragé à faire en sorte que cette année on multiplie par trois le budget [participatif] — puisqu’il va passer à 300 000 [euros] — mais j’ai bien noté qu’à Rennes, à Montreuil, et autres, on était sur des pourcentages entiers des budgets d’investissement.

Diversité

On peut être aussi dans une logique où ça va venir des gens. Ça va venir de ce que, eux, ont repéré, de ce qu’ils ont vu, parfois aussi dans d’autres villes. Ce ne sont pas des experts mais c’est une myriade d’avis, ce qui fait qu’à la sortie on a un certain nombre de choses qui ressortent qui, sans doute, auraient pu être ignorées par l’expert qui, lui, a ses habitudes et qui, lui aussi, a la robustesse de la connaissance de son art mais pas forcément la capacité à tout embrasser comme peut le faire une nuée d’avis.

On a besoin aujourd’hui d’avoir un certain nombre de systèmes simples et efficaces, parfois éphémères, parfois jetables — et ça, ce n’est pas du tout dans la logique et les habitudes des institutions publiques, en tout cas françaises. Et le rôle, aujourd’hui et demain, du politique, de la sphère dont je continue de penser qu’elle est absolument nécessaire parce que la démocratie représentative est celle qui a la légitimité, justement, pour trancher des limites d’espace, trancher des limites privé-public, trancher des rapports entre deux entités privées (ce qui peut exister), tous ces éléments-là, la détermination du public que l’on met à disposition du plus grand nombre — ça, c’est nous qui en sommes les dépositaires au nom du peuple — mais ça ne suffit plus aujourd’hui. Il faut une sorte de troisième force qui arrive, au côté de l’administration et de l’institution politique, il faut une troisième force qui émane de la société elle-même, qui ne doit pas se subroger aux élus, parce qu’à un moment donné ce sont les intérêts privés qui dominent face à l’intérêt public, ça ne doit évidemment pas se substituer à l’administration sinon ça devient de la technocratie. Donc il faut trouver la bonne place et le bon équilibre pour que la sphère participative… [pour que] nos concitoyens soient amenés à participer.

Et c’est tout l’intérêt d’avoir à ce moment-là une règle du jeu simple dans laquelle chacun peut se reconnaître, qui est ouverte, qui a une forme de générosité mais aussi d’intérêt public, qui est qu’on met à disposition des budgets, sans préjuger de l’utilisation qui va pouvoir en être faite, mais qui va répondre à la possibilité – pour certains de nos concitoyens qui ont envie – de s’engager de réaliser quelque chose qui sera utilisé par le plus grand nombre. D’où l’idée du budget participatif.

En attendant le passage à l’échelle

Une partie des projets qui sont tenus habituellement par la Ville, pour moi, devraient être tenus de cette façon-là. Pas [uniquement] une sorte d’appel à idées, là on passerait à la co-construction de la ville sur un certain nombre de projets beaucoup plus lourds. On monte en puissance régulièrement sur ce budget participatif, avec une méthode, et puis on va voir comment tout ça s’organise — les gens qui répondent, les petits groupes qui peuvent être mobilisés etc. — mais l’objectif c’est de monter à des niveaux qui sont beaucoup plus importants pour faire en sorte que ce soit une habitude du vivre-ensemble. C’est-à-dire pour passer du budget participatif à une logique du vivre-ensemble et de co-construire la ville.

Je crois à une mutation dans la demande d’exercer la politique. Ça va redéfinir quel est à la marge le rôle des élus, à la marge le rôle des institutions, et je crois qu’au bout on a surtout une ville qui sera mieux faite. C’est une vraie source de vitalité pour la ville lorsque ses habitants se sentent impliqués pour prendre en main son destin. On rêve tous de ça en tant qu’élus, qu’on soit de gauche, de droite, de ce qu’on veut, on rêve tous de ça. Ça fait partie quelque part des mêmes types de démarches, intrinsèquement, de ne pas partir avec des préjugés mais au contraire de se laisser un peu porter en libérant les capacités de faire et en attendant que les gens s’en saisissent… ou pas.

C’est un élément qui rentrera complètement dans l’ADN de la façon de faire la politique locale. Je crois que c’est quelque chose de très fort, qui va au-delà de tout ce que l’on fait en réunions publiques. Je crois qu’on est passé vraiment à autre chose. On est sur une période où le « faire » est quelque chose d’important. Ce sont vraiment des démarches tout-à-fait passionnantes à regarder et à mettre en oeuvre et, je le répète, tant mieux si, en plus, ça aide efficacement à construire la ville.


Cette vidéo est un extrait de sept minutes d’un entretien qui dure 28 minutes. Celui-ci est disponible dans son intégralité par souci de transparence par rapport au montage effectué 🙂

C’est avec grand plaisir que nous avons accueilli les derniers chiffres de la troisième édition du budget participatif de Rennes. Avec plus de 16 000 votants, soit presque 8% de la population, il confirme l’emballement pour ce type de projet participatif que nous avons intégré à la plateforme Capco en 2015… justement pour Rennes, pionnier dans ce domaine et lauréat dès la première année d’un prix de l’innovation SmartCity.

Cette progression constante démontre la robustesse des convictions que nous défendons depuis 2013 : la participation des citoyens à la décision publique est une affaire de long cours et elle ne se décrète pas à coups de menton. Toute expérimentation est un processus itératif qui nécessite une prise de risque, une capacité à se tromper et surtout une envie indéfectible de recommencer en profitant de l’expérience des précédents essais. Et bien sûr, comme c’est le cas avec Rennes et avec bien d’autres décideurs publics ou privés avec lesquels nous travaillons, cela nécessite une implication incessante du pouvoir politique pour informer, expliquer, convaincre la population du bien-fondé et de la sincérité de la démarche.

Les budgets participatifs ont le vent en poupe, comme en témoignent les articles récents du Monde ou des Echos. Cap Collectif va d’ailleurs animer sur ce sujet deux ateliers aux prochaines Rencontres nationales de la participation organisées entre le 6 et le 8 mars prochains par le think tank Décider Ensemble et la Métropole Européenne de Lille.